Bonne soirée !!!



Alchimie de la douleur

L’un t’éclaire avec son ardeur,
L’autre en toi met son deuil, Nature !
Ce qui dit à l’un : Sépulture !
Dit à l’autre : Vie et splendeur !

Hermès inconnu qui m’assistes
Et qui toujours m’intimidas,
Tu me rends l’égal de Midas,
Le plus triste des alchimistes ;

Par toi je change l’or en fer
Et le paradis en enfer ;
Dans le suaire des nuages

Je découvre un cadavre cher,
Et sur les célestes rivages
Je bâtis de grands sarcophages.

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)




Voyages dans le temps allé et retour



Vingt cinquième épisode de :

Allar aldir
ou
A travers les âges

Aife est retrouvée

Décalages dans le temps.

Bien avant la bataille contre les Thurses.
A Alfrodull Loegairi étant dans la chambre avec Diane, Ansuz pousse un soupir de soulagement. Il se dirige vers les jardins respirer l’air frais de la nuit. Ses pas le mènent près de la rivière. Il suit celle-ci tout en élaborant un plan pour sauver Aife. Lorsqu’il était plus jeune, il s’était rendu sur le territoire de l’ennemi et en connaissait tous les chemins cachés pour y accéder. Soudain il s’arrête, il a reconnu le cri de Ygg. Il lève la tête et le voit descendre vers lui. L’oiseau se pose sur l’épaule du sage et lui dit :
– La Dame que tu cherches est à quelques lieues de là. Elle est près d’une grotte. Elle ne peut marcher. Trois Thurses morts sont à côté d’elle. Mes frères et moi nous les avons attaqués et tués.
-Merci, Ygg, par ta pensée je vois où se trouve Aife, je pars la chercher. Rends-moi encore un service. Une bataille se prépare sur l’autre versant de la montagne. Rapporte-moi tout ce qu’il s’y passe. Je veux être au courant heure par heure.
– Tu sais très bien que je suis toujours à ton service, réponds Ygg.
– Bien ! Allez, va, dit Ansuz.
Le sage fait prévenir Æadan, que Aife a été retrouvée et qu’il part la chercher, il lui demande de ne rien dire à Diane.
Il découvre l’épouse d’Asugilas, comme l’avait dit Ygg. Il se penche sur elle. En le voyant, elle lui dit d’une voix faible :
– Ansuz, je n’ai pas pu revenir. Je crois que j’ai la jambe brisée. Ce sont les oiseaux qui m’ont sauvée. Ils ont attaqué les Thurses.
– Ne parle pas, je t’emporte jusqu’à la demeure. Tu nous expliqueras cela lorsque tu auras été soignée.
Il la prend dans ses bras, et en un rien de temps arrive chez Æadan. Ne supportant plus la douleur, Aife sombre dans l’inconscience.
Le maître des lieux confirme le diagnostique qu’elle avait donné. Elle revient à elle et demande des nouvelles de sa fille.
Æadan lui répond que Diane va bien Il n’attend pas les autres questions prêtes à fuser. Il lui donne une boisson soporifique en lui expliquant que le sommeil était un admirable guérisseur.
Lorsque Aife s’endort, là-bas, derrière la montagne. La bataille a commencée.

Entre temps Aed entre dans la chambre de Diane, il s’arrête stupéfait, en voyant son fils consoler la jeune femme. Il va pour l’interpeller, se ravise, sort sans bruit et va retrouver Æadan et Ansuz. Ceux-ci sont entrain de soignés Aife. Il attend avec une patience limitée qu’ils aient terminée. Lorsqu’ils sortent de la chambre, il ne peut se retenir de leur dire :
– Savez-vous qui est avec Diane ?
– Ton fils, répond Ansuz. C’est moi qui lui ai demandé de rester. Il serait bon qu’à l’avenir, ils ne soient plus séparés, dit-il encore après leur avoir expliqué ce qui s’était passé. Je sais, Aed. J’ai usurpé ton droit, mais Diane et ton fils ne font qu’un. Je ne sais pas pourquoi, mais un lien invisible les relie entre eux. Ayant été témoin de ses gestes sur la plaine; je ne pouvais pas la laisser dans cet état. Il aurait été néfaste pour elle de tomber dans le désespoir. L’énergie qu’elle a dépensée ne lui est pas encore revenue. Dans cet état elle est susceptible de se faire attaquer par l’ennemi. Il sait y faire avec ses actions vicieuses. Il n’a pas réussi avec sa mère, donc il a essayé avec ton fils. Pour l’instant il n’attaque pas Diane directement, mais ceux qu’elle aime.
– Ce qui veut dire que mon fils ne doit pas retourner au cachot. Comment a-t-elle pu savoir qu’il était prisonnier ?
– Et lui rêvait qu’elle venait le délivrer, surenchérit Ansuz.
– Elle … Loegairi … Aed suspend sa phrase un instant et reprend. Je crois comprendre. Peut-être ne le sais-tu pas Ansuz, il est arrivé un fait. Lorsque dans l’avenir, Diane a retrouvé mon fils blessé. Pour le sauver, elle lui a donné de son sang, c’est leur façon de procéder, dans le futur, lorsque vous êtes gravement blessé. Le sang de Diane coule dans les veines de mon fils.
– Pour une fois, c’est moi qui apprends, il est vrai, que pendant un temps, je n’ai pu la surveiller, j’étais, mais peu importe. Je comprends maintenant ce qu’est le lien, qui les lie, et l’amour qui est entre eux deux fait le reste. Je me répète, ils doivent rester ensemble. Raconte-moi encore une fois.
Le sage écoute avec grande attention les paroles de l’elfe.
– J’espère, que mon fils a réalisé la faute qu’il a fait en désertant, dit Aed en terminant de narrer.
Un elfe s’approche d’eux et les prévient qu’un messager vient d’arriver et qu’il les attend dans la salle du conseil.
L’estafette envoyée par Ulgrin est arrivée. Tous rejoignent l’émissaire. Étant mis au courant des événements Æadan envoie les renforts demandés.

C’est à cet instant que Loegairi arrive, pendant que Æadan et Ansuz quittent la salle. En voyant son fils venir à lui, Aed se demande qu’elle est la contenance, qu’il doit prendre.
– Bonsoir Père, dit Loegairi. Diane va mieux, je vais retourner au cachot.
– Non, tu n’y retourneras pas, dit Aed. Je crois que tu as compris la leçon. Tu vas rester près de Diane pour la protéger. Ce sera ta fonction désormais. Quant à moi, je vais repartir chez nous afin d’organiser la défense de notre territoire, je n’ai que trop tarder. Ulgrin est reparti avec Eichtorn. Ils doivent se battre avec courage en ce moment. Des troupes ont été envoyées en renfort.
– Père, je vais peut-être être insolent, mais si je n’avais pas pris ces cartes et que Ansuz ne m’avait pas rappelé, je serais entrain de me battre. Peux-tu m’expliques pourquoi, ce revirement ? Tu as certainement une explication à me faire.
– Mon garçon, je pars. Prends bien soin de toi et réfléchi à tes gestes, dit-il sans répondre à sa question.
Il prend son fils dans ses bras. L’émotion qui l’étreint est poignante. Loegairi le ressent.
– C’est la première et dernière fois que je me trompe dans mes gestes.
Tous deux sortent de la salle, l’un s’en retourne vers son territoire, l’autre vers la chambre de son aimée. En ouvrant les yeux, Diane voit Loegairi penché sur elle et lui sourit :
– Tu es encore avec moi ? N’as-tu pas vu ton père ?

– Ma nouvelle fonction est de rester près de toi. C’est mon père qui me l’a expressément demandé.
– Que me racontes-tu là ? Tu dois rester près de moi ? Je ne comprends pas.
Moi non plus, je ne me l’explique pas. Mon père lui, est reparti sur nos terres.

A demain si vous le voulez bien …

Anny M

De cercles en cercles



Sur ces mots : Souvienne-toi, Homme, que tu es cendre

Comme tout ce grand monde a forme circulaire,
Chaque partie aussi fait un cercle agissant ;
Chacun des éléments, dedans l’autre passant,
Se tourne, retournant au repos de sa sphère.

Le soleil rond se tourne en sa course ordinaire,
En rond la lune tourne, et forme son croissant ;
Où chaque ciel commence il devient finissant,
Ainsi que tous les corps du monde élémentaire.

L’ange se réfléchit vers celui qui l’a fait,
Ce grand tour, dont le centre est partout si parfait,
Et dont le cercle est tel qu’on ne le peut comprendre.

Homme, contemple en toi ces deux cercles précieux :
L’âme, qui vient du ciel, doit retourner aux cieux,
Le corps, de cendre fait, doit retourner en cendre.

Lazare de SELVE (?-1622)

La bataille est proche



Vingt quatrième épisode de :

Allar aldir
ou
A travers les âges
Combats dans la montagne

Glenn, que Eichtorn et Ulgrin viennent de rejoindre, est mis au courant de la condamnation de Loegairi. Il les écoute attentivement.
– J’aurais été plus sévère. Bon ! Revenons à l’instant présent. Tout est calme, mais je pense que l’aube va nous apporter la bataille. Selon les épieurs, l’ennemi nous envoie ses Thurses droit sur nous. Je crois qu’ils vont être surpris. Mes hommes les attendent de face. Toi et Ulgrin, vous êtes de chaque côté. Lorsque…
– Des troupes arrivent grossir les armées de l’ennemi, ils arrivent à l’entrée de Leif-Thrasir, dit un elfe en se précipitant vers eux.
– Part tout de suite chez Æadan pour le prévenir que, nous avons besoin de renfort. Allez, va, ordonne Ulgrin. J’ai l’impression que nous allons avoir un bon orage, dit-il encore à ces deux compagnons. Je vais rejoindre mes baroudeurs.
– Je vais faire de même, dit Eichtorn, mais avant, révisons notre plan.
– Faut-il changer l’ordre d’attaque ? demande Glenn.
– J’ai l’habitude des Thurses, dit Eichtorn. Ils attaquent en s’évasant et souvent se séparent en petits groupes. Ils ne sont pas ordonnés, se ruent sur l’ennemi et déstabilisent une armée en la divisant. Nous laisserons nos hommes sur leur position. Toi, tu as un avantage sur eux, avec tes hommes armés comme ils sont. Il faut espérer que l’ennemi n’a pas les mêmes armes que toi.
– D’après les rapports, ceux qui sont armés ainsi, s’avancent vers Gladsheim.
– Oui, mais Diane par son attaque a peut-être déstructuré ses plans. Il est possible qu’il ait envoyé un certain nombre de ses guerriers armés de la même façon que toi, dit encore Eichtorn.
– Si c’est cela nous les attendons de pieds fermes. Regarde, ils commencent à arriver, fini la discussion, on va pouvoir se réchauffer, tous à nos postes.
La nuit est tombée depuis plusieurs heures, lorsque le branle-bas de combat sonne. Les Thurses, comme avait dit Eichtorn attaquent par petits groupes et de tous les côtés. Les soldats de Glenn sont dépassés en nombre. Ils se regroupent. Jusqu’au dernier moment, Glenn a demandé à ces hommes de ne pas se servir des armes du futur, mais se voyant débordé, il donne le contrordre. Surpris les Thurses s’écartent et fuient ces armes cracheuses d’éclairs.
Une deuxième vague de Thurses arrive. C’est alors qu’Ulgrin attaque. La troisième vague se rue dans la bataille, c’est Eichtorn et ses hommes qui prennent la relève. La bataille dure tout au long du jour et continue dans la nuit, c’est alors qu’au petit matin, les renforts envoyés par Æadan entrent dans la danse. Le combat se termine à l’aube du troisième jour. Les Thurses s’éparpillent dans la nature, poursuivis par les troupes d’Æadan.
Au coucher du soleil, les ennemis sont tous anéantis. S’organise alors, les secours. Beaucoup d’hommes et d’elfes sont tombés au combat. Les blessés sont emportés sur des civières vers Alfrodull, d’autres sont soignés sur place. Quant aux morts, ils sont enterrés sous de grands tumulus.

A demain si vous le voulez bien …

Anny M

Cadeau pour le chat de korriganebleue35


Bonne nuit !!!



Soirée rêverie


Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… et dont je me souviens !

Gérard de NERVAL (1808-1855)