La colère est de mise



Vingtième épisode de :

ALLAR ALDIR
ou
A travers les âges

Arrivée des troupes de Victor
et l’enlèvement d’Aife

Victor et ses hommes sont accueillis avec joie par Glenn, Eichtorn et les elfes. Le site d’arrivée se trouve à dix lieues d’Alfrodull. Le campement est rapidement construit. Ayant donnés ses ordres, il revient chez Æadan accompagné de Glenn. Lorsqu’il arrive à la demeure, il part aussitôt, à la recherche de Diane. L’ayant trouvée, il s’approche d’elle.
– Dois-je t’appeler Diane ou Ana ? demande-t-il en entrant dans la bibliothèque.
– Il n’y a pas de règle, réplique-t-elle. Tu fais comme tu sens. Regarde ce que j’ai trouvé en fouinant.
Elle prend sur une pile de parchemins, un livre épais et poussiéreux. Sur la page de garde se trouve une illustration représentant l’entrée d’une grotte.
– Cette entrée, doit être celle d’Andlang, je vais demander à Æadan.
A cet instant le maître des lieux, entre dans la pièce. Il fronce les sourcils et a un frisson de terreur en voyant le manuscrit posé sur la table.
– Comment ce volume est-il réapparu ? demande-t-il.
– Je l’ai trouvé sur la table, dit Diane. Serait-il dangereux ?
– Il vient d’Andlang. L’elfe, qui l’a rapporté s’est éteint dans d’affreuses souffrances. Je l’avais caché. Je ne comprends pas. Pourquoi, se retrouve-t-il, entre tes mains ? S’il te plaît Diane, n’y touche plus.
– Comment l’elfe était-il parvenu là-bas ?
– Comment s’est-il éteint ? demande Victor. J’aimerai connaître les symptômes.
– Pas tous à la fois, s’il vous plaît, dit Æadan. Cet elfe s’est trouvé prisonnier de Surtr, il a réussi à s’échapper, lorsqu’il est arrivé ici, il m’a remis le manuscrit. Tout au long de son agonie, il s’est mis à maigrir, à perdre ses cheveux. Nous avions l’impression, qu’il se consumait de l’intérieur.
– Il avait les symptômes d’une personne irradiée, dit Victor en pâlissant. Là, … ça change tout, si cet énergumène se sert du nucléaire. Nous allons devoir revoir toutes nos actions, et rapporter un matériel plus conséquent. Mes hommes n’ont aucune combinaison de protection. Si nous devons nous battre contre un gugus, qui a des armes atomiques, imagine le désastre.
– Il faudrait entrer dans cet antre et espionner, dit Diane d’un air songeur.
– Oui, ce serait le bonheur, réplique Victor. Katell ! Oui, bien sûr Katell.
– Je ne pensais pas à elle, mais à moi ! dit Diane, à moi !
– Tu veux donc te détruire ? s’écrie Æadan horrifié.
Non, je crois, qu’il est temps pour moi de l’affronter. Ne me regardez pas comme ça, je sais, ce que je dis. De toute façon, il sait très bien, que j’existe. J’ai ma …
– Æadan ! Æadan ! Viens vite, il se passe des choses terribles près de la rivière.
Tous sortent de la bibliothèque en courant, à la suite du messager. En arrivant sur les lieux, ils aperçoivent un corps allongé par terre. Ils se précipitent, découvrent Aed qui semble avoir tous les symptômes d’une asphyxie. Diane tombe à genoux auprès de lui, commence à le réanimer, elle y réussi.
– Ta mère vient d’être enlevée, dit Aed dans un souffle, en la voyant.
Il se soulève avec difficulté et se met à tousser. Il n’y a que Diane qui a entendu ce qu’il a dit. Elle semble n’avoir pas compris ces paroles; entendu, mais pas enregistrer et l’aide à se relever. Æadan le soutient, tous trois rentrent dans la demeure, suivis des elfes. Victor lui, est parti chercher Glenn. Aed est mené à sa chambre. Il répète ce qu’il a dit. Æadan a un sursaut. Diane se met à marcher de long en large dans la chambre, elle se retourne vers le maître des lieux.
– Æadan, il faut que je parte.
– Attend, dit Aed. Æadan, va chercher Loegairi, s’il te plaît. Diane, attend.
– Comment ont-ils pu arriver jusqu’ici ? demande Diane à Aed. J’aimerai comprendre.
– Ne le fatigue pas, s’il te plaît, dit Æadan. Il doit se reposer.
– Je vais mieux, dit Aed. Je comprends son inquiétude. Vas chercher mon fils.
Pendant qu’Æadan quitte la chambre, il dit à la jeune femme :
– Calme-toi et écoute-moi bien. Les Thurses nous ont surpris. J’ai essayé de protéger Aife, mais hélas, j’étouffais, tout s’est brouillé dans ma tête.
– Je suis arrivée à temps.
– Je te remercie de m’avoir sauver. Je ne ….
– Père ! crie Loegairi en entrant dans la chambre. Que t’est-il arrivé ?
– Allons, allons, calme-toi, je n’ai rien, grâce à Diane je vais bien.
Aed tire son fils vers lui et dit à voix basse :
– Va la voir, elle est choquée.
Diane appuyée contre le chambranle de la fenêtre, regarde dans le vague. Les paroles d’Aed lui résonnent dans la tête, les mots s’entrechoquent. Elle n’arrive pas à imaginer sa mère enlevée, soudain, elle comprend tout, elle se retourne et va vers le lit. Loegairi la prend dans ses bras, elle s’effondre.
– Ils ont enlevé ma mère … je … suis … brisée … comment vais-je faire ?
– Viens avec moi, nous allons laisser mon père se reposer. Il nous faut rester la tête froide. Notre ennemi souhaite nous désorienter, ne lui donnons pas cette joie, sois forte ne montre pas ta peine. Ce n’est peut-être qu’un leurre, il nous faut analyser les faits calmement.
– J’ai le cœur qui vient de se briser, j’ai trop envie de pleurer.
– Ne te retiens pas, pleure, sort le chagrin de ton cœur.
Loegairi la guide hors de la chambre. Dans le couloir ils rencontrent Glenn et Victor. Elle se jette dans les bras de son père.
– Glenn ! Ils me l’ont prise !
– Calme-toi, nous sommes là, dit-il.
– Æadan a réuni un conseil d’urgence dit Victor. Loegairi, ton père a-t-il la force de venir parler ? Æadan sera mécontent, mais il le faut. Allez, mon garçon va !
Ne te donne pas cette peine Victor, me voici, dit Aed en sortant de la chambre et s’appuyant sur le chambranle de la porte.
Une fois de plus Aed narre, ce qu’il vient de vivre. L’assemblée reste silencieuse. Diane ayant repris son sang-froid se lève et demande :
– Comment se fait-il, que ces ignobles monstres soient arrivés jusqu’ici ?
– Moi, je le sais, dit une voix dans l’assemblée. Tous se retournent et voient, encadrés par deux elfes, un homme d’un certain âge. Diane se tourne vers Æadan.
– C’est le professeur Dollenns, dit-elle.
– Laissez cet homme, dit Æadan aux elfes, c’est un ami. Approche-toi et présente-toi.
– Merci, je suis Édouard Dollenns. Je suis venu vous voir, aidé en cela par Mlle Omson. Je viens de découvrir un passage souterrain sous la cascade, au pied de la montagne. Les intrus sont passés par-là.
– Si je comprends bien, dit Victor. Ils nous ont blousés.
Æadan sceptique, après un instant de réflexion, donne l’ordre de poster des gardes devant la source. Diane s’est enfermée dans un mutisme. Loegairi s’en inquiète et lui demande à voix basse :
– A quoi penses-tu ?
– Je dois aller dans son antre, je dois sauver ma mère.
– Tu n’y penses pas, je te l’interdis, réplique-t-il.
Elle pousse Loegairi, se lève et quitte la salle du conseil. L’elfe la suit. Elle se dirige vers la bibliothèque. S’assoit devant le manuscrit et se plonge dans la lecture. Loegairi se penche sur les écris et pâlit, referme le livre, et prend Diane par les épaules.
– Tu vas m’écouter, maintenant. Tu n’iras pas là-bas. Je connais l’histoire de ce livre.
– Je sais à qui il appartient. La meilleure façon de connaître son ennemi, est de l’étudier à fond. C’est pour cela qu’il me faut ce livre. Loegairi ! MA MÈRE est prisonnière. Comprends-tu, ce que je ressens ? J’ai bien l’impression que non. Alors, tu me laisses tranquille. Va les retrouver, va discuter avec eux. Moi, je sais ce que j’ai à faire. Allez, va. Tu n’es pas encore parti ?
Elle se remet à lire. Il hausse les épaules et quitte la pièce. Il est mécontent et sent la rage monter en lui. Lorsqu’il entre dans la salle du conseil, il est assailli par un brouhaha de voix. Remarquant son air courroucé Æadan l’interpelle.
– Que t’arrive-t-il ? Où est Diane ?
– Elle est dans la bibliothèque. Je ne sais pas comment tu vas être reçu, si tu veux lui parler. Moi, je n’y vais pas. C’est terminé. Ne me parle plus d’elle.
– Que s’est-il passé entre vous ? Tu es en colère contre elle. Dis-moi. Allez, parle. Tu ne m’as pas tout dit. On ne se dispute pas comme ça pour rien.
– Je vois que c’est une dispute grave, dit Ansuz qui s’est approché. Même ici, Surtr est arrivé à mettre la zizanie. Nous t’écoutons.
Toute l’assemblée fait silence. L’elfe est gêné de parler de ses problèmes de cœur.
– C’est bien d’elle, s’exclame Victor. Allons la voir, elle va faire une bêtise.
Diane recopie des cartes représentant les souterrains de l’antre. Elle n’a pas entendu le groupe s’approcher d’elle. Victor ferme le livre à grand fracas.
– Alors, mademoiselle n’en fait qu’à sa tête ? hurle-t-il.
Elle sursaute, se retourne, se voit entourée, se lève de son siège et leur fait front. Elle pointe son doigt vers Loegairi.
– Il ne t’a pas fallu longtemps pour aller moucharder, dit-elle, puis se tournant vers le groupe. Au lieu de discuter, je crois qu’il faudrait agir. Je sais maintenant comment accéder à l’antre de ce monstre et je vais y aller.
– Tu ne feras rien du tout, crie Loegairi.
Il s’avance vers elle et lui prend les mains.
– Attend avant de s’aventurer à l’aveuglette.
– Loegairi a raison, dit Ansuz. J’espère que tu n’as rien fait avec les cartes.
– Non, je n’ai pas encore passé les mains dessus.
– N’en fait rien. Diane, nos discussions ne sont pas puériles, comme tu le penses. Nous devons avant de faire quoique ce soit, analyser la situation.
– Je l’ai analysé, moi, la situation. Il me veut moi ! C’est pour ça qu’il a enlevé ma mère. Donc je vais y aller, que vous le vouliez ou non !
– Je vais repartir avec le professeur Dollenns, dit Victor et tu vas revenir avec moi. Glenn va rester ici avec Eichtorn.
– Qui parle de moi ? demande celui-ci en entrant dans la pièce. J’aimerai savoir ce qu’il se passe.
– Je suis en accord avec Victor, dit alors Eichtorn, ayant écouté les faits. Diane doit se retirer pour l’instant. Elle est trop impliquée dans cette affaire. Si elle doit aller dans l’antre de notre ennemi. Ce n’est pas tout de suite. Il doit se passer un temps de réflexion avant que nous attaquions. Qu’en penses-tu, Glenn ?
– Je pense comme vous, pour l’instant, Diane doit se retirer.
Victor hoche la tête en acquiesçant la réponse des deux hommes. Il reprend la parole et explique les craintes, qu’il a et pourquoi il doit repartir dans l’avenir. Le professeur Dollenns dit alors :
– J’ai fait d’autres découvertes, qui peuvent peut-être nous apporter l’espoir. Dans certains écrits, que j’ai réussi à traduire. Il est décrit qu’à un certain moment, la foudre s’abat sur les armées. Savez-vous à quel moment cela s’est passé ?
– Nous n’avons pas connaissances de cela, répond Æadan. Peux-tu nous décrire plus clairement ton récit.
– Non ! Il ne le faut pas ! s’écrie Diane. Ce que le professeur a vu est peut-être l’avenir. N’est-ce pas professeur ?
– Je ne pourrais te le dire. Mais si vous le voulez, vous pouvez étudier ce texte.
– Merci, professeur, mais je pense que je ne le ferais pas. Ce serait anticiper certains faits, mais aussi en déclencher d’autres plus graves, dit encore Diane. Elle regarde le groupe. Je ne suis pas folle. Qui vous dit qu’il n’a pas déjà trafiqué l’avenir ?
– Bon ! Tu as peut-être raison, dit Victor. Mais ce n’est pas pour cela, que tu ne viens pas avec moi. Nous partirons demain matin. Tiens-toi prête. N’oublie pas, tu es encore sous mes ordres, à ce que je sache ! Quant à ce livre et à ces cartes…
– Je vais m’en occuper, dit Æadan.
– Bien, dit encore Victor. Diane va dans ta chambre et n’en bouge plus jusqu’à demain matin, C’EST UN ORDRE ! Reste là mon garçon, dit-il à Loegairi, prêt à la suivre. Elle n’est pas facile à gérer lorsqu’elle est dans cet état.
Elle sort de la bibliothèque sans dire un mot, vexée au plus profond d’elle-même. Arrivée dans sa chambre, elle bloque la porte en s’aidant d’une chaise. Quelqu’un frappe et essaie de l’ouvrir. C’est un elfe qui vient lui apporter son repas. Elle le renvoie d’une voix rageuse et se jette sur son lit.
La jeune femme sortie, Victor raconte comment elle a détruit Cerberg et la console de commandes. Ansuz se met à sourire. Æadan hoche la tête, Loegairi lui, s’est assis et ne dit rien; il a le cœur gros.
– Elle a réagi trop rapidement, dit Ansuz. Hélas, je vous le dis, c’est elle qui a raison.
– Que veux-tu dire, demande Aed.
– Je dis que l’ennemi s’est servi d’Aife, pour attaquer Diane. Aife sert d’appât. Il ne lui fera aucun mal, ce n’est pas dans son intérêt.
– Donc, si je comprends bien, dit Victor. Diane va devoir aller chercher sa mère.
– Pas tout à fait, elle va devoir affronter l’ennemi en face. Mais pas sur l’instant, il faut qu’elle calme son impulsivité.
– Il serait sage pour toi comme pour elle, dit Aed en s’approchant de son fils, en remarquant Loegairi, boudant sur son siège. Que vous soyez quelque temps sans vous voir.
– Mais, père, je ne peux pas …
– Glenn va avoir besoin d’un guide, dit Æadan. Victor sera parti et il y a encore certaines régions à contrôler.
– Très bien, je m’incline, dit Loegairi. Mais je n’en pense pas moins.
Il quitte le groupe et se dirige vers les jardins, s’assoit sous un arbre et soupire.
– Bonsoir, Loegairi. Tu n’as rien à craindre de moi, je suis Jera. Je te vois bien en peine. Elle t’aime, les mots ont dépassé sa pensée. Va la rejoindre, mais entre dans sa chambre par la fenêtre, elle a bloqué la porte. Ne te fais pas de soucis pour elle, elle va être secondée. S’il y a quoique ce soit de grave, qui lui arrive, je serai là.
Sur ces mots elle disparaît comme elle est apparue. Loegairi se demande s’il n’a pas rêvé.
Dans la demeure tout est calme. Il pousse la fenêtre de la chambre sans faire de bruit et pénètre dans la pièce. Diane dort. Il se couche à ses côtés. Elle se retourne dans son sommeil et se retrouve dans les bras de l’elfe, ouvre les yeux et le voit près d’elle et lui tourne le dos pour bouder, c’est alors qu’il lui dit:
– S’il te plaît, regarde-moi. Je suis malheureux. J’ai été maladroit avec toi tout à l’heure. S’il te plaît arrête de faire la tête. Tu vas partir demain et moi, je dois aller avec ton père. Je ne sais pas quand nous nous reverrons. Ansuz a dit que c’est toi, qui avais raison. Il va te falloir affronter notre ennemi sur son terrain.
– Il a dit que j’avais raison, dit-elle en se retournant.
– Oui, mais il a dit aussi, que tu devais partir avec Victor.
– Ah ? Il a dit ça, dit-elle déçue.
– Il a dit que Aife ne craignait rien, qu’il ne lui ferait pas de mal.
– J’ai très peur, tu sais. Je ne suis pas tout à fait sûre qu’il ne va rien faire à ma mère. S’il lui faisait perdre la mémoire encore une fois ?
– Je ne sais pas comment faire pour enlever la peur, qui est en toi. Je ne peux, que te donner mon amour.
– Excuse-moi de t’avoir parlé aussi méchamment, je … , j’étais en colère. Tout bouillonnait dans ma tête. Je n’ai pas vu que je te faisais du mal. Ce qui ne m’a pas plus, c’est ce que, Victor m’a dit devant tout le monde. Il va s’en mordre les doigts. Je sais très bien que je suis sous ses ordres, il n’avait pas à agir ainsi.
– Diane, tu l’y as un peu forcé, dit Loegairi. Reconnais-le.
– Oui, c’est … vrai … Loegairi, sert moi dans tes bras.
L’aube n’est pas encore levée, qu’il quitte la chambre de Diane. Celle-ci dort encore. Avant de partir, il la recouvre d’une couverture, pose un baiser sur le front de l’endormie, va retirer la chaise et sort de la chambre.

A demain si vous le voulez bien …

Anny M

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2 responses to this post.

  1. Bien le bonsoir amie de l’autre coté de l’océan
    passe une bonne soirée

    Réponse

  2. bon vendredi et à bientot pour la suite bises

    Réponse

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