Elèvation


Dix-neuvième épisode de :

ALLAR ALDIR
ou
A travers les âges

Initiation

Les mois se sont écoulés depuis le conseil. Tout a été mis en œuvre pour recevoir l’armée de Victor qui doit repartir vers l’avenir. Diane et Glenn lui disent au revoir.
– J’aimerai que Dick et Katell viennent ici, dit-elle à Victor.
– Pourquoi veux-tu qu’ils viennent ici ? Je ne les vois mal dans ce combat. Ils ont d’autres missions à faire. Quant à vous, restez sur vos gardes.
Victor parti, Glenn et la jeune femme restent un moment dans la salle des archives. Elle lui montre l’endroit où elle met ses messages. Ensuite elle l’entraîne vers la salle des repas en lui déclarant qu’elle mourrait de faim; la mi-temps de la journée étant proche. Ils retrouvent Loegairi et Gelmir déjà installés à une table. Elles sont disposées tout autour de la salle; les convives peuvent ainsi se mettre en groupe selon leur affinité. A table les discutions vont bon train. L’arrivée de Victor et de Glenn s’étant très vite répandue dans la communauté elfique. Tous les regards se tournent vers Glenn avec curiosité. Æadan et Aife arrivent accompagnés d’Aed, d’Ansuz et d’Eichtorn. Ils s’installent à la table du maître des lieux placée sur une estrade au bout de la salle. Le repas commence.
– J’ai appris que Diane était ta fille, dit Gelmir à Glenn. C’est une personne exceptionnelle.
Il lui narre leur rencontre, il mimique la scène.
– Je reconnais bien là ma fille ! réplique Glenn en éclatant de rire.
– J’aimerai savoir ce qu’il y a d’aussi amusant, demande l’intéressée.
– Gelmir me racontait comment tu l’avais surpris.
– Ce n’est que ça ! Je n’ai fait que mon devoir. Je ne savais pas si c’était un ennemi ou un ami. Là où j’ai été surprise c’est lorsque Eichtorn et Gelmir se sont embrassés. Je crois que je devais faire une drôle de tête. Je ne savais pas où me mettre. La suite est plus terrible encore. Gelmir va saluer ma mère et lui fait de compliment sur sa fille, en l’occurrence moi en me montrant du doigt, Aife ne n’avait pas encore recouvré la mémoire. J’ai cru qu’un tremblement de terre se produisait. Heureusement que notre sage Ansuz est intervenu; j’ai eu très peur.
– Je te demande pardon Diane, dit Gelmir, une lueur malicieuse dans les yeux.
– Tu te moques encore de moi, dit Diane.
Tout le groupe se met à rire. A la table d’Æadan la discussion est plus sérieuse, les rires venant de la table de Diane les arrêtent.
– L’espoir n’est pas perdu, tant que nous entendrons les rires s’éparpiller dans l’air, dit Ansuz. Aife tu as été la dernière à parler avec Jera. L’as-tu vu aujourd’hui ?
– Oui, elle reviendra bientôt.
– Le combat arrive à nos portes, dit Æadan. Cependant, prenons l’exemple de ces jeunes gens; rions et chantons tant qu’il est encore temps.
– Il ne faut pas oublier toute fois, qu’il est grand tant pour Diane de passer l’épreuve.
C’est exact Aed, dans l’après-midi, elle vient avec moi, dit Ansuz. Il est temps pour elle de connaître qui elle est vraiment.

*****

Ansuz accompagnée de Diane remonte Aurboda. Arrivé à la cascade, il s’arrête et se tourne vers elle.
– Tu vas descendre et t’asseoir dedans. Laisse-toi submerger par l’eau. Je sais, elle n’est pas très chaude, laisse ton corps s’habituer à cette température et contrôle toi, respire, ferme les yeux. Tu dois faire en sorte qu’elle se réchauffe. Ne me fais pas ces yeux là, je sais que tu peux y arriver.
Lorsqu’elle entre dans l’eau, la froideur de celle-ci la saisie et la suffoque. Elle réussit cependant à se contrôler. Quelques minutes plus tard, l’eau autour d’elle semble moins glacée. Les yeux fermés elle entend Ansuz qui continue de lui parler.
– Maintenant tu vas te concentrer sur la lumière qu’il y a au fond de toi, entre en elle, deviens lumière toi-même, car, TU es lumière. Imprègne-toi de cette clarté, laisse-toi porter par elle, elle va te mener au centre de toutes choses, au centre des mondes.
Diane garde les yeux fermer, une douce lumière émane d’elle. La voix du sage est de plus en plus lointaine. Malgré ses paupières baissées, elle voit. Elle avance sur un chemin, elle est entourée d’une brume laiteuse et luminescente. Elle marche lentement, la brume s’estompe, la voici maintenant dans un endroit, semblable à la voûte céleste, où sente s’élargit, devient une chaussée. Elle a l’impression de déambuler sur des nuages. Tout à coup les constellations autour d’elle, se mettent à tourbillonner, sans aucune crainte, elle continue d’avancer. Vient à elle, comme venue de l’espace, une musique aérienne, dans l’air flotte un parfum aux fragrances d’un jour de mai. Elle se sent légère, continue sa route, arrive au pied d’une montagne, s’aperçoit alors, qu’elle est vêtue d’une longue robe blanche. À peine a-t-elle commencé à escalader la pente, que celle-ci se transforme en un escalier. Elle regarde vers la cime, cependant, elle n’arrive pas à voir le sommet, reste un instant immobile; la voix du sage lui arrive de très loin, lui demandant de continuer. Elle part à l’assaut de la colline.
Arrivée au sommet, la voici accueillie par trois personnages deux femmes, l’une jeune, l’autre plus âgée et un homme sans âge dont les yeux brillent comme des soleils. Les deux femmes s’approchent d’elle. L’une tient dans ses mains un collier fait d’œufs de cygne, qu’elle le lui passe autour du cou. L’autre tient dans ses mains un bouquet de houx et le lui tend. Ensuite Diane est guidée vers une table de pierre, entourée de pierres levées. Elles la font s’allonger sur la pierre couchée. Une foule d’autres personnages apparaissent autour de la table, ils chantent. Elle ne distingue ni visage, ni corps, tous paraissent flous. Ils se penchent sur elle et la caressent doucement. Elle ressent au fond de son corps des fourmillements, une sensation de paix intense, pénètre tout son être. Tous s’écartent, l’homme s’approche, se penche sur elle, pose une main sur son cœur, et déclare, dans une langue étrange qu’elle comprend :
– Tu fais désormais, partie des elfes de lumière, la partie de toi, qui était humaine a disparue, tu as dorénavant, la possibilité de combattre, par la lumière, de venir sur Win, tu as la force nécessaire de vaincre notre ennemi juré, celui dont les armes sont les ténèbres, le feu et la peur.
Des chants s’élèvent dans l’air. Elle se sent comme emportée dans l’espace. L’homme s’écarte de la table, et s’évapore dans les airs. Les autres personnages font de même, sauf les deux femmes, qui l’aident à descendre de la table et la mènent à la première marche de l’escalier. Diane son collier autour du cou, son bouquet de houx en main, commence à redescendre. Elle entend la voix d’Ansuz qui l’appelle; elle ouvre les yeux, elle est dans l’eau de la source. Le sage l’aide à sortir de l’eau, et l’entoure d’une chaude cape.
– Regarde Ansuz ! Je suis vêtue de blanc, j’ai encore le collier et la branche de houx.
– Personne ne doit te voir vêtue ainsi, dit-il en la couvrant. Je te mène à ta chambre.
– Je me sens fatiguée tout à coup, dit-elle en chancelant.
– C’est tout à fait normal, dit Æadan en s’approchant d’eux. Tu viens de vivre une renaissance, et réussir l’épreuve. Tu sais enfin qui tu es. Désormais, TU … es deux êtres à la fois, une femme elfe de lumière faite d’énergie, comme sont tes ancêtres, et une femme elfe en chair et en os et peut-être, plus que cela … Ta fatigue sera passagère, ce n’est qu’un manque d’énergie. Tu en as dépensé beaucoup. Un bon repas et une bonne nuit de sommeil te feront du bien. Bientôt, tu seras présentée à la communauté.
– Tous me connaissent déjà, dit Diane.
– Tu leur seras présentée avec ton nom, ton vrai nom.
– Mon vrai nom, mais quel est-il ?
– Tu le sauras bientôt, réplique-t-il. Pour le moment tu vas aller te reposer.
Dans la nuit, elle se réveille en sursaut; dans son sommeil elle a senti une présence. Au pied de son lit se trouve une brume blanchâtre. Un vent froid s’engouffre dans la pièce. La brume s’évanouit. Diane entend une voix venant de nulle part.
– Ton nom caché est Ana … Ana … Ana.
Le vent s’arrête de souffler et le calme envahit la chambre. Diane se lève et s’habille. Elle n’a plus envie de dormir. Elle sort de la demeure et va dans les jardins. Elle s’assoit sur un banc de pierre et se remémore ce qu’elle a vécu au cours de la journée précédente. Une heure plus tard, elle retourne se coucher. Un baiser sur le front la réveille, il est donné par Loegairi.
– Alors, marmotte, tu comptes rester au lit. N’oublie pas l’entraînement.
– L’entraînement, dit-elle en sautant de son lit. Tu as raison, je l’avais oublié. J’ai très peu dormi cette nuit, cependant, je suis en pleine forme.
– Aurais-tu fais de mauvais rêves ?
– J’étais simplement nerveuse en pensant à tout ce qui nous attend, dit Diane en lui mentant.
– Es-tu sûre qu’il n’y avait rien d’autre ?
– Pourquoi me demandes-tu cela ?
– Tu as une drôle de petite lumière qui brille au fond de tes yeux.
Elle se met à rire et saute dans les bras de Loegairi, qui fait un tour sur lui-même, tout en portant la jeune femme et éclate de rire à son tour. La reposant sur le sol ferme, il reprenant son sérieux.
– J’aimerai savoir, ce que tu as fait hier après-midi, je t’ai cherchée partout et je ne t’ai pas trouvée. Mon père est venu me chercher et nous sommes partis à l’emplacement où Victor doit arriver. J’ai dormi là-bas.
– Hier après midi j’étais avec Ansuz, il était entrain de m’instruire, ensuite nous sommes rentrés, comme j’étais fatiguée, je suis restée dans ma chambre, même pour prendre mon repas du soir.
– Tu étais fatiguée, tu es restée dans ta chambre, ce que tu as fait devait être dur.
– Ce n’était pas évident. Mais pour l’instant, je n’ai pas envie d’en parler.
– D’accord, tu m’en parleras quand tu voudras. Es-tu prête ? Reportons l’entraînement si tu es fatiguée.
– J’ai récupéré. Je suis prête.
Ils sont étonnés de voir l’effervescence, qui règne dans la demeure, en revenant de leurs exercices guerriers. Elle arrête un elfe et lui demande :
– Que se passe-t-il ?
– Nous préparons tout, pour le repas de ce soir, répond l’elfe s’arrêtant à peine.
– Diane, dit Aife en s’approchant d’eux. Viens avec moi. Loegairi ton père te demande.
Toute la communauté elfique est dans la salle dans l’hémicycle, Loegairi, Glenn et Gelmir sont dans les premiers rangs. Le silence se fait lorsque les sages entrent à leur tour dans la salle de conférences.
– Ce jour est un jour faste, déclare Æadan. Il y a plus de cinquante mille années, les Seigneurs Célestes nous avaient accueillit sur Win. Hélas, nous avons été obligés de revenir sur ces terres pour défendre nos frères restés sur Kermëtæ, attaqués et massacrés par notre implacable ennemi. Depuis ces temps fatidiques, ils restèrent silencieux. Mais aujourd’hui, les événements ont changé, nous sommes tous confrontés à un terrible danger. Surtr veut asservir les mondes. Les sages du peuple de Win soupçonnaient, qu’il agissait dans l’ombre. Pour cela ils donnèrent, il y a trois mille ans, une clef garante et gardienne des lumières, dont Aife a hérité. Aujourd’hui, c’est sa fille qui prend la relève. Elle devient la gardienne de la clef; la seule arme qui puisse abattre notre ennemi.
A cet instant Diane fait son entrée dans la salle elle est vêtue de la robe blanche et porte le collier d’œufs de cygne autour du cou. Tous les regards sont tournés vers elle. Elle s’avance lentement vers l’estrade où se trouvent les dirigeants du conseil. Loegairi et Glenn sont sans voix en la voyant avancer. Æadan l’invite à monter sur l’estrade. Il s’adresse ensuite à l’assemblée :
– Voici la fille de Aife, vous la connaissez sous le nom de Diane, je vous la présente sous son véritable nom, Ana, don de l’espoir et de liberté. C’est elle qui nous mènera vers la victoire. Et voici la clef, dit-il encore en montrant Gull-toflur à l’assemblée.
Ansuz s’avance alors, prend l’objet des mains d’Æadan et le donne à Diane.
– Ana voici, ce qui va sauver les mondes, dit-il d’une voix forte.
Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, dit-elle en s’adressant à l’assemblée, pour abattre cet être immonde qui essaie de prendre notre liberté. Ce combat doit être mené par tout individu vivant à Kermëtæ, actuel ou futur. Chacun doit, à sa façon faire barrière à l’ennemi, l’empêchant de prendre nos vies, de s’emparer de nos enfants, ainsi que ceux que l’on aime. Peuple des elfes, peuple des nains, peuple des humains, peuples du présent et de l’avenir, COMBATONS et REMPORTONS LA VICTOIRE !

Toute l’assemblée l’acclame. Diane se sent rougir; elle est émue et étonnée par ce qu’elle vient de déclarer. Ansuz l’embrasse. Elle se met à sangloter sur son épaule. Il l’écarte de lui et la regarde en lui prenant le menton.
– Pourquoi pleures-tu ? Tu dois être fière. Regarde, ils ont retrouvé l’espoir de vivre et de se battre pour leur liberté ! Arrête de pleurer, vois qui avance vers toi. Allez, va le retrouver.
Diane se précipite vers Loegairi. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre; un cercle de silence les entoure. Il n’y a que le battement de leur cœur qui se fait entendre. Glenn les ramène à la réalité en frappant dans ses mains.
– Oh ! Réveillez-vous ! Tout le monde vous attend. Ma fille, tu m’as étonné. Je ne te savais pas politicienne à ce point. Ce que tu as dit était court, mais bien !

A demain si vous le voulez bien …

Anny M

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2 responses to this post.

  1. bonne soiree à demain bises annie

    Répondre

  2. Posted by MAiA la p'tite belette on 22 novembre 2011 at 21 h 41 min

    Bonsoir annie , tu n’as jamais songé à convertir tes histoires en livres ? ça serait pas mal ….ou en BD !!!
    Bisous , bonne nuit …

    Répondre

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