Myriel manoeuvre, Ansuz arrive



Treizième épisode de :

ALLAR ALDIR
ou
A travers les âges

L’intrigue de Myriel.

Aife mène Diane et Loegairi dans un endroit, hors des murs de la cité. Ce lieu est pour elle, propice au repos, leur explique-t-elle. En arrivant sur le site Diane a la surprise de se trouver, dans une reproduction d’une partie du parc du « Château ».
– Ce jardin ne te fait-il pas penser à celui de ton grand-père? Loegairi à Diane.
– Il est vrai que cela lui ressemble, répond-elle en le fusillant du regard.
– Je suis heureuse que ce jardin vous plaise, dit Aife. Je l’ai vu en rêve. Je viens souvent ici, lorsque les soucis m’assaillent. Au milieu de ces fleurs et de ces arbres, je me sens heureuse et en paix.
– Moi aussi, je m’y sentirai bien, dit Diane.
– Ma mère passe souvent ses journées ici, dit Myriel en arrivant dans le lieu.
C’est une jeune femme maigre et brune. Elle s’adresse à Diane, le regard chargé de menaces.
– Pour ma part je le trouve ordinaire.
– Je vous présente ma fille, dit Aife. Que me veux-tu? Ne vois-tu pas que je suis en compagnie ?
– Je me retire mère, dit Myriel d’un ton sec.
– C’est nous qui allons partir, dit Diane. Nous avons certaines occupations que nous ne devons pas négliger. Aife, je suis heureuse d’avoir fait ta connaissance. J’aimerai parler plus longtemps avec toi, mais nous devons préparer…
– Diane a raison, dit Loegairi en lui coupant la parole. Dans cet endroit, nous oublions que le temps nous est compté.
Après avoir salué Aife un peu surprise de leur départ, ils quittent les lieux. Myriel les rejoint en courant, agrippe Diane par le bras et lui hurle au visage :
– On m’avait prévenue que tu viendrais. Ne te leurre pas, tu ne prendras pas ma place. Je suis chez moi ici. Vous n’avez rien réussi avec vos minauderies sur le jardin. Jamais elle ne t’avouera que tu es sa fille.
– Je ne comprends pas ce que tu me dis, répond Diane et réfrénant la colère. Je suis venue ici pour accomplir une mission un point c’est tout. Pourquoi es-tu en colère contre moi? Que t’ai-je donc fait ?
– Tu as un sacré toupet, je sais très bien que tu mens, je t’ai bien vue, lorsque tu regardais ma mère. Tu veux jouer sur ta ressemblance avec elle, pour me la prendre.
– Pourquoi devrais-je prendre ta place ?
– Parce que, parce que…, elle ne termine pas sa phrase et part en courant.
– Pourquoi a-t-elle fait ça ? demande Loegairi.
– Elle me mettait en garde. Une chose m’intrigue. Ce qu’elle vient de me dire est bizarre; on l’a renseignée sur notre venue, et elle sait qui je suis.
– Je vais parler avec elle. Ensuite je ferai une enquête auprès de ses amis.
– Fais attention à toi. Moi, je m’en retourne près d’Eichtorn, j’ai une proposition à lui soumettre pour le voyage.
Diane rejoint Eichtorn, près du parc où pâturent les chevaux.
– Je suis entrain de choisir les bêtes de bât qui vont nous accompagner, dit-il en la voyant arriver. La route sera longue, et la prudence est de mise.
– En parlant de prudence. J’ai besoin de cartes. Y aurait-il des cartes ou une carte des régions que nous devrons traverser ?
– Une carte … viens avec moi et allons voir Asugilas.
Diane se penche sur la carte, stabilise les côtés de celle-ci, se concentre et passe les mains au-dessus. Asugilas remarque la broche accrochée à son vêtement. Il se retient de lui demander la provenance du bijou. La jeune femme se relève brusquement.
– Eichtorn, peux-tu me dire exactement le trajet que tu veux nous faire prendre.
Connaissant le trajet, de nouveau elle reprend son investigation, ferme les yeux et devant Eichtorn et Asugilas surpris, un crayon apparaît dans sa main droite. Elle trace des croix, à certains endroits du trajet, qu’ils vont prendre. Ayant terminé, elle se relève, pousse un grand soupir.
– Ces marques représentent les dangers plus ou moins grands que nous devions rencontrer, explique-t-elle, nous les éviterons, cela nous fera faire des détours, la prudence est de mise. Tout se brouille au-delà de cette rivière. Je ne peux aller plus loin.
Aife, suivie de Myriel entre dans la pièce. Le regard d’Aife se pose sur la broche. Elle s’approche de Diane.
– Où as-tu trouvé cette broche ? Tout à l’heure déjà, elle m’a intriguée.
– C’est le seul souvenir, que ma mère m’ait laissée avant de disparaître.
– Ce bijou … , dit Aife en le touchant.
Elle ne peut terminer sa phrase. Elle s’effondre sans connaissance. Diane se précipite vers sa mère en même temps qu’Asugilas. Elle se penche sur elle avec inquiétude et constate avec soulagement qu’elle n’est qu’évanouie. Elle se tourne vers le maître des lieux.
– Ce n’est qu’un malaise.
Asugilas prend son épouse dans ses bras et l’emporte vers ses appartements. Une fois le couple parti, Myriel se rue sur Diane, toutes griffes dehors en frappant et en hurlant.
– Qu’as-tu fait à ma mère ? Je savais que tu lui en voulais.
Eichtorn ceinture la jeune femme qui hurle de plus en plus fort en se débattant.
– MYRIEL ARRÊTE, MYRIEL ! crie Diane en se dégageant.
En entendant ce nom, elle se fige, pâlie, se libère des mains d’Eichtorn, tout en continuant d’insulter Diane d’une voix où gronde de la colère et de la rancune.
– Tu n’as pas le droit de m’appeler comme ça, je suis la fille d’Aife.
– ASSEZ ! crie Diane. Arrête de jouer la comédie.
– Comment vas-tu, demande Eichtorn une fois l’intrigante partie.
– Moi, je vais bien mais j’en connais une, pour qui cela va mal. Il va falloir la surveiller. Allons voir comment se remet ma … , Aife, elle m’a fait très peur. Attend, avant, il faudrait ranger cette carte. Elle ne doit pas tomber dans les mains de n’importe qui.
Elle roule la carte et la donne à Eichtorn, à cet instant, un elfe entre dans la pièce.
– Aife désire vous voir, dit-il. Elle est remise de son malaise. Venez, je vais vous guider vers elle.
Ils suivent l’elfe. Diane se sent anéantie par la scène que lui a fait Myriel. Un sentiment de découragement entre en elle. Eichtorn ressent ce désarroi.
– Allons, il ne faut pas baisser les bras. Tout arrivera en temps et en heure.
Leur guide, les mène vers la chambre, entre et en ressort quelques instants plus tard. Il leur fait signe de s’avancer.
– Entrez, dit Aife assise sur son lit. Diane, viens près de moi et montre-moi encore une fois ta broche. Je t’assure que je n’aurai plus d’étourdissement.
Diane s’approche de sa mère. Son cœur bat fort, va-t-elle enfin la reconnaître ? Elle détache le bijou et le lui montre.
– Tout à l’heure, son éclat m’a fait l’effet d’un éclair. Je l’ai déjà vu. Puis-je le prendre ? demande Aife.
– NON ! Ne le prends pas, c’est un piège ! crie Myriel en entrant dans la chambre et en ruant sur Diane. Elle veut te tuer, c’est une espionne de Surtr !
La broche tombe sous le lit. Eichtorn est obligé de séparer Myriel de Diane.
– As-tu fini ? Oui ou non ! vocifère-t-il.
Les hurlements de la dispute attirent les gardes. Aife debout près de son lit déclare à Myriel.
– Tu vas devoir expliquer ta conduite devant la communauté. Diane est une amie.
Sur ces mots elle fait signe aux gardes d’emmener la jeune femme. Le calme revenu. Elle s’approche de Diane et lui pose la main sur l’épaule en signe d’amitié.
– Je dois te faire mes excuses pour le comportement de ma fille, elle a un caractère très possessif, mais aujourd’hui, elle a outrepassé ses droits. Eichtorn veux-tu bien m’accompagner, je dois aller voir mon époux. Diane nous reprendrons notre discussion plus tard.
Diane est déçue et très en colère.
Lorsqu’elle rejoint Loegairi et Ulgrin, ils sont assis devant une table bien garnie. Diane les salue et s’installe auprès d’eux. Elle commence à manger.
– Tous ces événements m’ont donnée, grande faim. Un ami me disait, mange, tu ne sais pas qui te mangera.
Loegairi fronce les sourcils en entendant Diane parler ainsi, mais garde le silence. Le repas terminé, elle se lève et commence à débarrasser la table pendant que le fils d’Aed quitte la pièce.
– Arrête, vas plutôt le rejoindre, il a quelque chose à te dire, dit Ulgrin à la jeune femme.
Elle suit le conseil de l’elfe et va retrouver son ami assis sur la première marche de l’escalier; en s’asseyant à ses côtés elle lui demande :
– Alors, qu’as-tu à me dire ?
– J’ai parlé avec elle. Elle veut vraiment être toi. J’ai discuté avec les personnes, qui l’entourent. Depuis qu’elle est arrivée dans la cité, une série d’accidents se sont produits et chose bizarre, toujours en rapport avec ses agissements. Ses amis ont tous peur d’elle. Il n’y a qu’Aife qui ne voit pas ses défauts. Je pense que l’ennemi arrive à la manipuler, même ici. Il faut vraiment s’en méfier. Il y a quelque chose de mauvais en elle.
– Asugilas a-t-il vu ses défauts ?
– Je n’ai pas osé l’interroger. Maintenant à toi de me raconter.
Diane lui narre alors ce qui lui est arrivé. Elle s’aperçoit qu’elle a laissé sa broche dans la chambre de Aife. Elle se lève d’un bon.
– Je dois retourner, je l’ai perdue là-bas.
– Attends, n’y vas pas encore. Je suis sûr que ta mère en entrant dans sa chambre la trouvera. Laisse-lui le temps de la regarder, peut-être qu’avec ce bijou
– Possible, dit-elle en soupirant. Je retourne m’occuper de la route à prendre avec Eichtorn. Il est …
Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’un elfe vient les rejoindre. Il leur demande de le suivre. Loegairi le questionne mais leur guide reste silencieux. Il les mène vers la grande place qui est devant la demeure où résident les seigneurs de la cité. En arrivant sur les lieux, ils constatent qu’il y a foule. Toute la communauté elfique s’y trouve réunie. Ils sont guidés vers leurs hôtes. Eichtorn et Ulgrin sont déjà là. Asugilas demande à Eichtorn de lui faire le récit de son témoignage sur les agissements de Myriel. Ensuite, viens le tour de Loegairi et de Diane. Après les avoir écouté, Aife déclare en s’adressant à celle qu’elle croit être sa fille :
– Myriel, par trois fois, tu as attaqué et insulté notre invitée, Diane Robbin ici présente. Je te demande de lui faire des excuses.
– Je n’admets, et je n’admettrais jamais, que l’on puisse sous mon toit, perturber et accuser, une personne en qui j’ai entièrement confiance, dit à son tour Asugilas. Surtout lorsque cet acte vient de ma fille. Si tu ne fais pas ce que ta mère t’a demandé, tu seras enfermée pendant un mois durant, dans l’arbre sans nom. Et je le ferais !
Myriel en entendant cette condamnation a un sursaut. Elle prend alors, une mine contrite, s’avance vers Diane et lui fait ses excuses, d’une voix, qui ressemble à un murmure. Asugilas dit :
– Je veux que toute la communauté entende ce que tu as à dire.
– Diane, dit-elle alors en s’agenouillant devant elle. Pardonne ces paroles malheureuses et ses agressions que j’ai eues envers toi. Je te le jure, je t’en fais la promesse, je ne le ferai plus.
Lorsqu’elle se relève Diane remarque son regard plein de haine. Elle lui tend la main, Myriel effleure ses doigts. « La paix étant revenue » entre les deux jeunes femmes, chacun s’en retourne à ses occupations. Diane est restée avec Asugilas et Eichtorn. Loegairi est reparti avec Ulgrin, préparer le départ.
– J’aimerai revoir la carte, et la recopier, dit-elle au Seigneur des lieux. J’emporterai la copie avec moi.
Il l’emmène à la salle des cartes. Après avoir écouté Diane lui préciser les dangers de la route, il hoche la tête.
J’ai certains dons pour prévoir l’avenir, dit Asugilas. Mais je n’ai jamais vu personne agir comme tu le fais, c’est impressionnant.

Ansuz.

Le lendemain matin, tout en retournant au ruisseau, Diane pense à sa mère. Arrivée près du ru, elle regarde les reflets de diamant que le soleil donne au cours. Elle essaie de refouler l’envie de pleurer qu’elle a subitement en elle. Elle soupire et dit à haute voix:
– Dans toute cette histoire, chacun de nous à un moment de sa vie a perdu la mémoire. Comment a-t-il réussi à faire ça ?
– Il s’est simplement servi de la tristesse et du désespoir de ses victimes. Il s’est servi de la tristesse de ton père lorsqu’il a quitté ta mère. Il s’est servi du chagrin que tu avais lorsque ta mère t’a quittée. Il s’est servi de l’angoisse que ta mère avait lorsqu’elle est revenue chez les siens, tout en sachant, qu’elle te laissait là-bas. Il s’est servi de l’envie de pouvoir qu’avait et qu’a toujours cette jeune femme pour la mettre à ta place, dit une voix grave derrière elle.
Diane se retourne et se trouve nez à nez avec un personnage qui la regarde avec bonté. C’est un homme grand, maigre, d’un certain âge, s’appuyant sur un bâton. Sa barde est grisonnante. Sous des sourcils hérissés, ses yeux sont bleus, ses cheveux sont longs et grisonnants. Il est vêtu d’une chemise blanche lui descendant jusqu’au genoux serrée par une ceinture de peau, de braies de couleur bleues foncé et à ses pieds des bottes de cuir, ses épaules sont recouverte d’une grande cape de couleur brune.
– Qui es-tu ?
– Je suis Ansuz. Et toi Diane Robbin, dit-il d’un air malicieux. Je te suis depuis le jour de ta naissance. Je sais quel est le lien qui te rattache à Eichtorn; pour l’instant cela doit rester secret, pour les autres.
– Tu es, Ansuz ! dit-elle dans un souffle. Tu sais tout sur moi ?
– Oui ! Je sais tout sur toi et je pense que nous allons faire une bonne équipe.
Il la prend par le bras et l’entraîne en hors de la cité. En un instant les voici à l’orée de la forêt.
– Nous allons rester sous le couvert des arbres.
Il pointe son doigt vers le ciel.
– Regarde ces oiseaux qui s’approchent, se sont nos alliés. Celui qui les guide est un grand gerfaut.
Sa phrase est à peine terminée que l’oiseau, vient se poser sur son avant-bras.
– Salut à toi Ansuz, dit l’oiseau, au grand étonnement de Diane. Je viens t’apporter des nouvelles de Surtr. Il semble diriger une partie de ses troupes vers Gladsheim.
Je te remercie Ygg pour ses renseignements. Continue de surveiller, dit Ansuz, puis se tournant vers Diane. Allons rapporter ces dires à Asugilas.

A demain si vous le voulez bien …

Anny M

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5 responses to this post.

  1. Bonsoir douce amie
    une journée ,,, je suis encore gelée
    passe une bonne nuit

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  2. on dimanche à toi bises et a demain peut etre

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  3. Ma mémoire me revient, j’avais pris ton histoire en cours de route.. c’est à cause des cartes, de la carte avec les croix, celle qu’elle copie et portera sur elle. Tu avais même laissé un dessin et j’avais apprécié. J’ai bien pris le message cette fois ci en ce qui concerne le comportement étrange et l’effacement de leur mémoire de mes enfants.

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  4. Nous sommes le 13 : If Yggdrasil

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  5. Hello! bdddake interesting bdddake site! I’m really like it! Very, very bdddake good!

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