Traversée tumultueuse



onzième épisode de:

ALLAR ALDIR
ou
A travers les âges

Cheminement à travers Kermëtæ

Les trois voyageurs longent Aurr, la grande rivière, tout en se dirigeant vers le sud-ouest.
Ils traversent l’onde à un gué et suivent des sentes escarpées. Ils escaladent un mont.
Lorsqu’ils arrivent au pied de l’autre versant la nuit est tombée depuis longtemps.
Eichtorn décide d’aller de l’avant. La voûte céleste est parsemée d’étoile et la lune se lève. Lorsqu’elle arrive au zénith les trois compagnons installent leur bivouac.
– Tout est calme, j’ai l’impression qu’il fait moins froid, dit Diane. Je ne ressens aucune présence hostile, de près ou de loin. Cela me donne envie de chanter. J’aime chanter assises devant un feu de camp.
– Cela enlèvera les tourments de nos cœurs, surenchérit Loegairi.
Diane se met à chanter :

La maison est comme une étoile,
Une étoile à sept branches.
L’homme y vit en son centre.
La maison est comme une étoile,
L’homme en est une aussi.
Lui, l’étoile à cinq branches,
Son cœur à la maison uni.
La maison est comme une étoile.
Elle est semblable à un pommier.
L’homme, la pomme attachée.
Un temple dans un temple.
La maison est comme une étoile.
Merlin disait, il me semble,
Au roi Arthur, je crois,
Tu seras la Terre et la Terre sera, toi !
Qui doit comprendre, comprendra !
La maison est comme une étoile !

– Tu viens de décrire la maison d’un roi, dit Eichtorn en hochant la tête. Qui est ce Myrddynn ? Le connais-tu ?
– C’est un personnage de légende, dans le futur. Il est dit de lui qu’il vivait dans une forêt nommée Brocéliande, qu’il était un grand sage et un fin politique. Il était le conseiller du roi Arthur, plus tard on l’appelé Merlin. Pourquoi me demande-tu cela ?
– Il se trouve que nous connaissons un personnage, qui aurait pu dire à un roi, ce que Myrddynn a dit. Nous l’appelons Ansuz.
Puis changeant de sujet.
– Il est temps de nous reposer, dit encore Eichtorn.
Il se lève et va s’adosser à un arbre. Diane comprend en le regardant, qu’il n’en dira pas plus. Elle se tourne vers Loegairi.
– Peux-tu me parler d’Ansuz ?
– Que pourrais-je te dire ? Un jour peut-être, tu le rencontreras. Pour l’instant, comme l’a dit judicieusement Eichtorn, il est temps de se reposer.
Résignée, elle s’enroule dans sa cape et se couche près du feu.
Le soleil est à peine levé qu’ils reprennent la route. Ils longent la chaîne de montagne, retraversent la rivière et la longe.
Le temps subitement se dégrade, devient maussade et gris.
– Pressons l’allure, dit Eichtorn. Pendant cinq lieues, nous devons passer par le défilé de Leif-Thrasir, et longer le lit d’Aurr encore une fois, ses berges ne sont pas larges.
Les voici au milieu des gorges. Un vent froid se lève et s’engouffre dans leurs vêtements. Un orage se prépare.
De gros nuages noirs s’agglomèrent au sommet de la falaise. Ils sont tous regroupés au-dessus de leurs têtes. Le vent souffle de plus en plus fort.
La pluie commence à tomber, tel un déluge. En quelques minutes c’est une tempête qui est sur eux. Ils sont dans l’impossibilité de rebrousser chemin où d’avancer.
D’énormes rochers sont tombés devant et derrière eux. Ils sont obligés de mettre pied à terre et de tenir leur monture par la bride. Certaines rafales les poussent contre la paroi rocheuse.
– Ça ne peut pas continuer comme ça ! crie Diane. Sommes-nous loin de la sortie ?
– Pourquoi me demandes-tu cela ?s’exclame Eichtorn. Nous sommes bloqués ici. Je ne vois pas comment nous pouvons faire, que d’attendre patiemment la fin de la tempête et ensuite, essayer de retirer les rochers.
– Ne te fâche pas, je sais ce qu’il faut faire, répond Diane. Il n’est pas raisonnable de nous laisser enfermer.
– Qu’as-tu en tête ? demande Loegairi. Il nous est impossible de bouger.
– Pour l’instant nous ne bougerons pas. Je suis certaine que ce n’est pas une tempête ordinaire.
Elle a à peine fini de s’exprimer, que la foudre en réponse à ses dires, s’abat sur eux en éclatant en gerbe de feu.
Ils ont tout juste le temps de se plaquer contre la paroi, pour éviter les morceaux de roches éclatées, crées par le point d’impact.
La foudre a pour effet, de rendre furieuse notre amie. Reprenant son calme, elle donne la bride de son cheval à Loegairi.
Elle s’assoit par terre, respire grandement, ferme les yeux en faisant le vide dans son esprit.
Elle imagine un ciel bleu et limpide, le défilé dégagé de tout obstacle, elle raffermit cette image dans son esprit. Loegairi et Eichtorn la regardent avec curiosité.
Elle semble hors du temps, insensible à ce qui se passe autour d’elle.
Quelques instants plus tard, le ciel est bleu, l’air est froid et vif, Leif-Thrasir est dégagé de toutes roches, comme si avalanche de pierres et tornade n’avaient jamais eu lieu.
Eichtorn et Loegairi restent sans voix. L’elfe pose ses deux mains sur les épaules de Diane.
– Comment as-tu fait ? Je savais que tu avais des facultés, mais ce que j’ai vu me dépasse. Il n’y a qu’Ansuz, qui peut faire pareilles choses.
Son regard pénètre Diane.
– Qui es-tu vraiment ?
– Je suis la fille d’Aife et de Glenn Robbin. Laisse- moi reprendre des forces, je suis épuisée.
– Moi aussi je suis elfe, affirme-t-il. Je n’ai jamais pu faire ça !
– J’ai eu un bon maître qui m’a aidée à comprendre et à maîtriser ce qui était en moi. Tu peux faire de même. Je peux t’apprendre, si tu veux.
Elle demande à Eichtorn en se relevant avec peine.
– Peut-on reprendre notre route ?
Elle lève les yeux vers le ciel. Son regard est attiré par une rune gravée dans la roche Elle la montre à Loegairi, qui s’écrie en pâlissant, la voici : >
– C’est la signature de Surtr !
– Tu vois, j’avais raison, la guerre est déclarée entre lui et moi. Aide-moi à remonter à cheval, je me sens si lasse. Une fois en selle, cela ira mieux. Ne t’inquiète pas.
A la sortie du défilé une grande plaine s’étend devant eux, c’est Idavoll, la plaine verte, explique Eichtorn. Pas un signe de l’ennemi.
Ils continuent leur route vers l’horizon. A la tombée de la nuit, ils installent un bivouac et font du feu près d’un bosquet.
La voûte céleste est parsemée de petits points brillants. Un groupe d’étoiles se détache du ciel, leurs brillances sont plus fortes que les autres. Elles sont sept et forment une croix lumineuse, pendant que la lune entre dans sa salle préférée.
Le repas se fait en silence. L’effort que Diane a produit pour évacuer tempête et roches, l’a éreintée, le sommeil doucement l’emporte.
A moitié endormie, elle sent des mains qui l’enveloppent dans sa cape, qui la portent et l’allonge sur le sol.
C’est Loegairi, qui la voyant sombrer dans le monde des rêves, l’installe près du feu, pour lui éviter la froidure de la nuit.
– Si tu me dis, que tu ne l’aimes pas, je ne suis pas sûr de te croire, dit Eichtorn à l’elfe.
– Tu as raison, je l’aime, dit Loegairi. Je vais te conter notre rencontre.
Il lui narre la façon dont il a fait la connaissance de Diane. Pour quelle raison, il s’est retrouvé poussé par l’ennemi à l’époque de la jeune femme et comment elle lui sauver la vie. Il termine sa narration en disant.
– Sais-tu qu’avec elle je me trouve devant un dilemme, je n’arrive pas à lui faire comprendre combien je l’aime.
– Je ne pourrai pas te donner de conseils. Je la connais, depuis peu de temps, mon ami.
L’éclat des elfes rosit l’horizon lorsqu’ils reprennent leur route.
Diane est tout à fait remise de la fatigue de la veille. Le spectacle que donne la plaine d’Idavoll est magnifique; elle est tapissée d’une mince pellicule de gelée blanche.
Le soleil a du mal à dégeler cette dentelle perlée. Le givre étouffe le pas des chevaux. A la mi-journée, l’auréole des elfes les réchauffe enfin de ses rayons chaleureux. Ils font halte pour se sustenter.
Diane ressent une inquiétude chez Loegairi.
– Y aurait-il quelques dangers ? Je te sens sur la défensive.
– Un cavalier vient vers nous, dit-il en scrutant l’horizon.
– C’est exact, réplique Eichtorn. C’est bel et bien un cavalier qui arrive.
– C’est un ami, dit Diane. Je ne ressens aucune hostilité à notre égard.
Celui-ci apparaît et grandi peu à peu dans leur champ visuel. Diane distingue son visage.
A sa grande surprise, elle reconnaît Ulgrin. Il saute de sa monture, en la tenant par la bride, il s’avance vers eux.
– Bonjour la compagnie ! Je ne pensais pas vous trouver aussi loin. Vous avez été rapides dans votre avancée. Je pensais vous trouver à l’entrée du défilé, retardés par l’orage. Je constate qu’il ne vous a pas gêné. J’ai galopé une partie de la nuit pour vous rejoindre.
– Nous avons eu de la chance, dit Loegairi en faisant un clin d’œil à Diane. Viens avec moi. Nous allons ramasser du bois mort.
La jeune femme le soupçonne de raconter leur aventure à son cousin. Pendant le frugal repas, Ulgrin lance la conversation sur les embûches du chemin.
En s’adressant à Diane, il a les yeux pétillants de curiosité.
– Ce que tu as fait est vraiment impressionnant. Tu fais concurrence à Ansuz. Peux-tu m’expliquer comment tu t’y es prise.
Elle a l’impression que le regard d’Eichtorn la transperce.
– Comme il ressemble à Glenn ! se dit-elle.
Moult pensées traversent son esprit. Elle soutient son regard quelques secondes et déclare :
– Ce que j’ai fait dans le défilé était une nécessité absolue pour notre survie.
– Comment as-tu découvert ces capacités en toi ? s’informe Eichtorn.
Elle leur raconte ses expériences et ses responsabilités au sein du I.C.S.I. et ce qu’était cet organisme.
– Je vois que ton rôle est aussi dangereux que le mien, réplique Eichtorn Je suis certain que nous allons bien nous entendre. Je suis votre guide pour l’instant, mais pour tout vous dire, je suis aussi porteur d’un message pour les Seigneurs que nous allons rencontrer.
– Moi de même, dit Ulgrin. J’ai un message pour toi Diane. Il vient d’Aed. D’après lui, tu es devenue la principale ennemie de cet être de noirceur.
– Je sais, répond Diane en regardant dans le vague. Cela ne va pas m’empêcher de mener ma mission à bien. Merci de m’avoir prévenue.
Elle se tourne vers Eichtorn et lui demande en changeant de conversation.
– As-tu rencontré Ansuz ?
Il m’est arrivé d’être avec lui. Il est bien possible que tu le rencontres. Je crois, que ce jour là sera un grand jour pour notre histoire.

A demain si vous le voulez bien, pour la suite …

Anny M

Publicités

4 responses to this post.

  1. Bien le bonsoir mon amie
    un vent du nord prend possession de la saison
    alors que nous avions gouter a la douceur du temps
    mais les bonne choses ont une fin
    passe une bonne nuit bisous

    Réponse

  2. bon lon g we et merci bises

    Réponse

  3. cette info} {;)|:)|:D|!!|!|!!!|!!!!|;)|:)|!?|?!|.|..|.|…|}

    Réponse

  4. Merci pour cet article 😉

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s