Acte de bravoure



Neuvième épisode de :

ALLAR ALDIR
ou
A travers les âges

De retour à Hindafiall la demeure d’Aed

Les voici sous les halliers, qu’ils dépassent rapidement. Ils lancent leurs chevaux au galop. Loegairi est heureux et impatient de retrouver les siens. Diane le suit et pense à la guerre qui se prépare.
A leur arrivée dans la demeure d’Aed toute la communauté elfe les entoure avec des cris de joie.
Tous fêtent le retour de leur frère. Aed est heureux de retrouver son fils. Il accueille Diane avec bienveillance.
Lorsqu’il apprend ce qu’elle a fait pour Loegairi, il la prend dans ses bras. Un grand banquet est organisé pour fêter l’événement.
L’effervescence du retour, passée, Loegairi explique à son père le danger qui plane sur Kermëtæ dans le futur.
Il lui montre Gull-toflur que Diane lui a confié. Aed prend l’objet avec respect et le met en lieu sûr.

Au contact des elfes, Diane progresse dans la langue elfique et s’initie à leur façon de vivre. Les jours s’écoulent doucement.
Un soir Loegairi vient la rejoindre près du lac bleuté où elle appris l’habitude d’aller. Elle est assise sous un arbre. Son esprit est bien loin de ce lieu. L’elfe s’approche et s’assoit près d’elle.
– Que tu es belle perdue dans tes rêves. Où tes songes te mènent-ils ?
– J’étais entrain de penser à ma mère et à la souffrance qu’elle a dû vivre et qu’elle vit peut-être encore. Lorsque je ferme les yeux, il me semble l’entendre chanter une berceuse. C’est tout ce que je me rappelle d’elle. Je lui ressemble tellement que je …
– Il est vrai que tu ne peux pas nier que tu es sa fille. Lorsque je me suis trouvé dans ton temps.
– Ne parle pas de mon temps, je ne me sens de ni l’un, ni l’autre.
– Pourquoi dis-tu cela ?
– Je le dis parce que par ma mère, je suis de ce présent-ci et par mon père je suis du futur, si je puis dire, là encore c’est à voir ! Il me tarde de rencontrer Aife. Mais avant, il nous faut combattre l’ombre qui est entrain d’envahir les deux époques.
– Que feras-tu lorsque tout sera terminé ?
– J’irai retrouver ma mère.
– Diane, veux-tu m’épouser ? demande-t-il en la prenant par les épaules.
Surprise, elle ne répond pas se met à rougir et à baisser la tête. Loegairi lui soulève le menton et lui pose un léger baiser sur les lèvres.
Un toussotement les fait sursauter.
– Bonsoir Ulgrin, dit Loegairi. Que se passe-t-il ?
– Excusez-moi de vous déranger, tous les deux, dans un moment si important. Loegairi, ton père te demande de toute urgence.
– Reste, dit Loegairi à Diane, qui s’était levée pour le suivre. Je vais revenir attends-moi.
Elle le regarde s’éloigner et se rassoit, l’attend pendant une heure durant, la nuit est tombée. Quelqu’un s’approche d’elle.
Elle se lève précipitamment. Elle est déçue, ce n’est qu’Ulgrin.
– Loegairi m’a demandé de t’avertir. Il ne peut pas venir. Mon oncle vient de l’envoyer en mission.
– Qui est ton oncle ?
– Aed, je suis le fils de son frère, Æadan.
Elle le remercie et rejoint sa chambre.

La demande de l’elfe trotte dans sa tête, elle se tourne et se retourne dans son lit et s’endort enfin.
Au milieu de la nuit elle se réveille en sursaut, elle est en sueur, s’habille rapidement, prend ses armes, sort de la chambre et demande à rencontrer Aed. Celui-ci étonné la questionne :
– Pourquoi veux-tu me voir à cette heure si tardive ? Je te sens troublée. Pourquoi es-tu prête au combat ? Que t’arrive-t-il ?
– Dans un songe j’ai vu Loegairi acculé à une falaise par des espèces de monstres. Il faut aller le secourir. S’il te plaît, laisse-moi partir.
– Mon fils est en mission, c’est vrai. Je vois que tes yeux me disent la vérité. Je vais rassembler une troupe de guerriers et tu vas partir avec eux si tel est ton désir.
La voici partie en compagnie d’Ulgrin et de ses elfes baroudeurs. La direction qu’ils prennent les mène dans une forêt froide et humide.
L’odeur de l’humus est forte, le silence des sous bois est inquiétant et pesant de menaces. Tous les animaux semblent appréhender une catastrophe.
La troupe rejoint Loegairi sur un contrefort rocheux. En approchant, un bruit de bataille se fait entendre. Ulgrin dirige ses guerriers de façon à prendre à revers les agresseurs de son cousin; comme dans le songe de Diane, il a été attaqué.
La jeune femme est atterrée en voyant, les ennemis se ruer sur son ami. Ce sont les monstres qu’elle a vus dans son rêve.
Des êtres mi-hommes mi-singes recouverts d’écailles. Après la peur c’est une fureur guerrière qui monte en elle.
Elle en décapite plus d’un dans son attaque. L’escarmouche est terminée. Les ennemis sont anéantis.
Hélas, il en restait un, embusqué derrière un arbre. Un archer qui vise le fils d’Aed.
L’ayant aperçu, Diane n’a que le temps de se projeter sur Loegairi pour le protéger. Elle reçoit la flèche à sa place et s’écroule.
Le monstre n’a pas le temps de fêter sa victoire qu’il est tué par Ulgrin. C’est avec chagrin et stupeur que tous se penchent sur Diane. Loegairi doucement la soulève. Elle, choquée ne peut plus parler. La flèche ressort sous sa clavicule. Ulgrin s’agenouille près d’elle.
– Sois courageuse et serre les dents, dit-il à Diane, puis à son cousin. Tiens-la bien, il faut casser et retirer la flèche en espérant qu’elle n’est pas empoisonnée.
Notre amie gémit, s’agrippe à l’elfe et s’évanouit sous l’emprise de la douleur. Loegairi la serre contre lui.
Un dilemme se pose. Il doit accomplir sa mission. Mais il ne veut pas abandonner celle qu’il aime.
Ulgrin comprenant son désarroi lui propose :
– Je vais diviser ma troupe en deux. La moitié partira avec toi, les autres rentreront avec moi et Diane. Regarde, le brancard est prêt. Pansons-la et allongeons-la. Ne t’inquiète pas pour elle, je vais en prendre soin.
Loegairi accepte le compromis et s’en va le cœur lourd. Ulgrin force la marche du retour. Tout au long du voyage, Diane est restée inconsciente.
Sa blessure est gave, mais grâce à la science de guérir des elfes, sa plaie se soigne rapidement. Elle est plongée dans un profond sommeil.
Ce n’est qu’une semaine plus tard qu’elle reprend conscience. Elle ouvre les yeux et voit Aed. Elle essaie de se soulever et fait une grimace de douleur.
– Ce n’est pas parce que les elfes cicatrisent rapidement, qu’il faut bouger, dit Aed.
– Qui m’a menée ici ? Comment va Loegairi ?
Il lui apprend que grâce à elle, son fils a poursuivit sa mission en compagnie des baroudeurs d’Ulgrin. A cet énoncé Diane s’agite dans son lit. Aed d’une voix calme l’apaise.
– Ne craints rien pour lui, n’oublie pas qu’il n’est pas seul.
Elle ferme les yeux et soupire. Elle se sent lasse mais rassurée. Le sommeil vient lui apporter le réconfort.

Ce n’est que trois jours plus tard qu’elle se lève. Elle est inquiète, Loegairi n’est pas encore revenu. Aed la fait appeler.
– Je suis redevable en vers toi. Tu as sauvé la vie de mon fils par trois fois. Une … tu l’as soigné lorsque tu l’as trouvé devant la porte de ton amie, tu lui as donné de ton sang. Tu l’as guidé et ramené chez les siens et surtout auprès de son père. Deux … en venant me réveiller et me supplier de le rejoindre. Trois… sur le lieu du combat, Ulgrin m’a raconté ton exploit.
– Si Loegairi est revenu ici, c’est grâce à mon amie Abi. Elle a travaillé sur la porte du temps.
Elle s’arrête de parler et pousse un soupir.
– Pourquoi t’a-t-on envoyée ici, sur Kermëtæ?
– Pour expliquer le mal qu’il fait là-bas.
– Mais pourquoi, TOI ? Toi, toute seule ?
– Je me suis posé la question. Peut-être à cause de ma mère. Victor sait que j’ai le désir de la retrouver. Quant à savoir pourquoi, il a précisé que je étais l’ambassadrice du futur.
– J’ai une autre réponse que tu comprendras, lors du grand conseil d’été qui se tiendra chez mon frère, lorsque tous les grands seront réunis
Il s’arrête un instant et reprend en changeant de sujet.
– Mon fils m’a appris que pendant son séjour là-bas, toi et lui avez été un couple marié, condition ordonnée par ton supérieur. Il m’a fait part de la décision que tu avais prise, refuser l’ordre. Ce que tu voulais faire était loyal en vers lui, mais tu aurais eu un blâme. Diane, dis-moi ce que tu ressens pour lui ?
– Une grande amitié, je ne peux pas me lier à lui, pendant cette guerre, comprends-tu ?
– Je te comprends, mais si tu t’aperçois que tu l’aimes, dis-le-lui. Moi, je serai fier d’avoir une fille comme toi. Ta bravoure au combat a surpris tous ceux qui étaient autour de toi.
– J’aimerai savoir contre qui je me suis battue.
– Tu as combattu des Thurses, des êtres créés par Surtr.
Loegairi est de retour. Il est aussitôt convoqué par son père qui attend son rapport sur la situation dans les régions lointaines d’où il revient.
Ensuite, Loegairi part à la recherche de Diane. L’ayant trouvée, il s’approche d’elle sans faire de bruit. En la regardant, craintes et angoisse s’envolent.
Il se précipite vers elle et la prend dans ses bras.

Quelques jours plus tard, Diane en parlant avec Aed, demande des Précisions sur Gull-toflur.
– Pourquoi ma mère ne m’a-t-elle pas révélé la signification de la tablette ?
– Elle n’avait pas le temps de tout te révéler et c’est un bien. Il en sera parler au grand conseil. Toi et Loegairi, vous partirez le prévenir de mon arrivé.
– Quand allons-nous partir ?
– Votre départ est éminent.
– Merci de tes explications. Aed pour mieux comprendre ce qui arrive, j’aimerai étudier les archives, dit-elle après un instant de silence. Me serait-il possible de les consulter ? Je ne sais rien de l’Histoire du monde qui m’entoure.
– Si tu veux étudier, les archives te sont ouvertes, pourquoi cette moue ?
– Je pense à Gull-toflur. J’ai la conviction que si mon grand-père me l’avait donné, nous ne serions pas dans un moment aussi critique.
– Raconte-moi, que s’est-il passé avec ce vieillard.
Diane lui narre les problèmes qu’elle a eus avec son aïeul.
– Je comprends ce que tu as pu ressentir. Je ne peux juger cet homme. Peut-être a-t-il fait cela pour te protéger, y as-tu pensé ?
– Peut-être,je sais qu’à la fin de sa vie, il m’a demandé de lui pardonner.
– L’as-tu fait ?
– Oui !
– Tu as bien fait. Viens, je vais te montrer où se trouvent les textes qui racontent notre Histoire.
Pendant qu’Aed et Loegairi prépare le voyage, Diane s’instruit.
Tous les jours elle étudie toutes sortes de textes se rapportant à la vie et à l’Histoire des elfes et de Kermëtæ.
La mi-journée approche, elle quitte la salle des archives pour profiter du soleil.
Quelques elfes sont en train de s’entraîner dans l’art de se battre et de se défendre. Elle les regarde un moment et part rejoindre Aed.
– As-tu trouvé ce que tu cherchais ?
– Oui, je crois. Ce pendant une chose m’intrigue, comment et pourquoi ma mère possédait-elle Gull-toflur, je rien trouvé dans les textes.
– Il est possible que tu n’aies rien trouvé. Des archive plus importante se trouvent chez mon frère. Quant à Gull-toflur, il vient des Seigneurs Célestes, ceux qui habitent sur Win. Il a été légué à ta famille et fut remis à Aife, mais hélas, elle a été trahie. C’est tout ce que je peux te dire sur cet objet pour le moment.
– Merci de ces explications, mais je vais vous laisser, dit Diane en voyant arriver Loegairi.
– Reste, dit l’elfe, c’est à toi que je dois parler, mon père me l’a demandé. Ma mission était d’aller voir ta mère pour la prévenir du grand danger. Je devais aussi lui annoncer ta venue, je n’ai pas pu lui dire. Aife m’a présenté sa fille. Intrigué j’ai mené mon enquête. L’histoire de cette jeune femme, est sensiblement pareille à la tienne. A la seule différence, que cette personne est humaine, j’en suis sûr. De plus elle est brune et plus petite que toi.
– Attends-moi un instant, je vais aller chercher un portrait.
Elle revient quelques minutes plus tard avec la photographie de Myriel. Elle la tend à Loegairi.
– Cela ressemble à la jeune femme que j’ai vue.
– Cette personne est la sœur d’Abi. Par quel subterfuge a-t-elle réussi à se faire passer pour moi ?
Elle pousse un soupir, va s’asseoir sur un banc de pierre et s’adosse au mur.
Le désespoir l’envahit. Les deux elfes s’approchent d’elle. Loegairi s’assoit à ses côtés et lui prend la main.
– Ne désespère pas.
– Je suis sûre que c’est lui qui manigance tout cela. Quand allons-nous enfin attaquer cet ignoble personnage ? demande-t-elle, furieuse.
– Nous ne pouvons pas pour l’instant, dit Aed. Le grand conseil ne se fera que lorsque toutes les personnes qui doivent y participer seront réunies. Là, nous déciderons comment l’attaquer. Dans trois jours vous allez partir chez Æadan.
– Ce que tu me dis me réjouit le cœur, dit Diane en se levant. Je vais retourner étudier, cela me rendra l’espoir. J’ai compris que pour aborder cette grande lutte, je dois être au fait de tout ce qui s’est passé jusqu’à aujourd’hui. J’ai encore une question à poser. J’aimerai savoir dans quelle région se trouve la demeure de ton frère.
– Mon frère se trouve loin d’ici. Il va vous falloir pour y arrivé remonter vers le nord.
– A combien de lieues se trouve cette demeure ?
– Vous aurez à parcourir deux cent cinquante lieues.
– J’espère que nous arriverons à temps pour le conseil.
– Ne t’inquiète pas pour cela. Vous arriverez bien avant que le grand conseil ne se fasse.
Je comprends qu’il y a une chose primordiale que je dois faire à cette époque, réfréner mon impatience. Je vais donc continuer d’étudier, dit Diane en saluant Aed, se sentant confuse.

A demain si vous le voulez bien, pour la suite …

Anny M

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2 responses to this post.

  1. Bien le bonsoir …
    la nuit tombe plus tot ..et s’étend d’est en ouest
    mais le temps est agréable comme fut la journée d’ailleurs
    passe une bonne nuit bisous

    Réponse

  2. je t »ai lu mardi matin est ce demain? rires bonne journée , ici pluie sos ; bises

    Réponse

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