Le voyage se prépare



Huitième épisode de :

ALLAR ALDIR
ou
A travers les âges

Recherches et éclaircissements

Loegairi parle couramment l’anglais et le français, les trois ans passés, près de Diane lui ont été profitable, quant à elle, elle apprend la langue elfique. Abi vient de mettre la touche finale sur son invention.
Elle aussi apprend le langage elfique et celui de Kermëtæ.
Diane a continué avec la jeune chercheuse, les recherches sur les écrits du professeur Riurus sur le clonage.

Quelques mois plus tard

L’elfe, Diane et Victor sont en Angleterre, chez le célèbre professeur Dollenns dont la maison est bâtie au pied d’une colline.
Ils sont réunis dans le douillet salon du professeur. Celui-ci leur explique d’une voix posée la situation particulière dans laquelle il se trouve.
– Vous êtes ici sur ce que les anciens écrits scandinaves nomment Alfheim. Il se trouve que j’ai cherché cet endroit partout dans le monde et voici qu’il est sous mes pieds. Venez mes amis, venez voir le chantier. Une partie des fouilles se trouve sous ma maison. L’autre dans mon jardin. Ces ruines sont un ensemble de plusieurs bâtiments; il me semble. La superficie totale comporte tout le sous-sol de la villa et va jusqu’à l’orée de la forêt. Le domaine a été construit entre une source qui descend de la colline à certaine époque de l’année et une rivière qui est maintenant asséchée et entoure presque la maison. Cette formidable découverte conforte mes dires et mes recherches sur le peuple des elfes.
– Sur quoi basez-vous vos investigations ? demande Diane.
– Tout a commencé lorsqu’un ami est venu me voir, il y a de cela quarante ans. Il était chercheur et se nommait Riurus.
-Vous connaissiez le professeur Riurus ! s’exclame Diane stupéfaite.
– Oui, nous avons fait nos études ensembles. J’ai certains de ses documents archéologiques chez moi. Mais ce n’est pas tout, en fouillant dans les ruines, j’ai trouvé des livres, si j’ose dire. L’écriture de ces documents m’était inconnue. En feuilletant les pages, j’ai trouvé des textes écrits en écriture runique et …
– Je pensais que l’écriture runique, comme l’écriture ogamique se retrouvait seulement sur des stèles ou pour des incantations magiques, dit Diane en l’interrompant.
– C’est ce que l’on vous apprend, généralement. J’ai réussi à traduire les textes trouvés. C’est ainsi que je me suis aperçu que l’écriture inconnue était elfique. Je suis arrivé à la traduire. Les écrits m’ont ramené aux fouilles. En continuant de chercher, je vais trouver d’autres textes, j’espère !
– Vous en trouverez d’autres, mais pas dans cet endroit, dit Loegairi. Vous êtes à la porte d’une grande demeure elfe. Il vous faut aller par-là, si vous voulez trouver quelque chose. Je dois vous dire que vous êtes sur une infime partie de la résidence. Quant à Alfheim, elle se trouve ailleurs.
Pour confirmer ses dires, l’elfe se dirige vers une autre partie des ruines. Il est très ému; ses pieds foulent un endroit où des milliers de siècle en arrière, résonnaient rires et chants.
– Il n’y a pas encore d’éclairage dans cette partie. J’aimerai bien savoir comment vous connaissez cet endroit.
– Il y a bien longtemps que j’ai foulé ce sol, le sol Alfrodull entouré et protégé par la montagne du nom de Thialfi, dit Loegairi les yeux brillants d’émotion. La source avait pour nom Aurboda et la rivière se nommait Aurr. En ce temps là, la lumière du soleil jouait dans les branches des arbres en fleurs. Nous étions à la veille d’une grande guerre contre Surtr, notre ennemi de noirceur. Oui ! … Il y a bien longtemps ! Nous avions réussi à le repousser aux confins du monde. Mais hélas aujourd’hui le voici relevé et à nos portes. La guerre est de nouveau déclarée.
– Comment cela, la guerre est déclarée ! s’exclame le professeur.
– Il dit la vérité, dit Victor en prenant la parole. La guerre est déclarée. C’est en partie pour cela nous sommes chez vous aujourd’hui. Je voulais vous en parler demain, mais je vois que l’instant est arrivé. Remontons, nous vous devons des explications.
Revenus dans le salon, Victor explique toute l’affaire à son hôte. Après quelques instants de réflexion, celui-ci se tourne vers Loegairi et dit :
– Ainsi vous êtes un elfe. Je comprends maintenant ce que m’expliquait Riurus. Je vais vous dire, c’est une aubaine pour moi que vous soyez là. Vous allez pouvoir m’aider à déchiffrer les écrits et m’apprendre les subtilités de votre langue. Car si j’ai bien compris, il vous faut, je veux dire … il nous faut ; j’accepte de vous aider. Donc il nous faut découvrirent les points faibles de ce Surtr, qui si j’ai bonne souvenance ce nom se traduit par noir.
Voici plus de cinq mois que Diane et Loegairi travaillent d’arrache-pied avec le professeur, l’été arrive à grands pas. Tous deux sont heureux de leurs recherches, car ils font de grandes avancées dans ce qu’ils découvrent. Le professeur Dollenns apprécie l’aide qu’ils lui apportent.
– Cela ressemble un peu à ce que vous m’avez raconté de vous, dit le professeur en leur montrant un texte. J’ai découvert ces écrits il y a quelques jours. Il y est dit que Surtr a enlevé une des vôtres et que celle-ci a réussi à s’échapper de ses griffes. Elle a été retrouvée que huit ans plus tard, errant dans la plaine et ne sachant que dire: « J’ai laissé ma fille dans le futur ». Dans le texte il est dit qu’elle vit, retirée dans une forêt. J’ai repensé au voyage de Riurus et je me suis dit qu’il y a peut-être un lien avec son voyage. Loegairi seriez-vous au courant de cette histoire ?
– Je connais cette personne, dit-il faisant un clin d’œil à Diane. J’étais plus jeune alors, on l’appelait à l’époque, la Dame de la forêt.
– J’ai bien réfléchi, dit le professeur en griffonnant sur une feuille de papier. Si cette enfant est toujours vivante … cette jeune personne … je dis bien, si mes calculs sont exacts…
– Donne-t-on le nom de cette femme ? demande Diane en l’interrompant
En écoutant le récit, elle a senti son cœur battre à tout rompre. Elle a enfin une preuve qui corrobore le récit de sa mère.
– Oui, elle s’appelle Aife.
– C’est bien de ma mère dont il s’agit, murmure-t-elle en pâlissant et en s’asseyant. Te rends-tu compte, Loegairi, que c’est la première fois depuis longtemps que j’ai la preuve de ce que ma mère m’a laissé dans son message.
– Comment ? Vous êtes elfe, vous aussi ? demande le professeur. Expliquez-moi !
– Je le suis par ma mère et humaine par mon père. Je suis l’enfant dont on parle dans le récit.

Une semaine plus tard Victor vient les rejoindre. Ayant écouté les faits que lui raconte le professeur, il déclare tout en allumant un cigare :
– Je crois avoir compris comment contre attaquer l’ennemi. Ta mère a réussi à le fuir et s’est retrouvée au vingt et unième siècle. J’ai enquêté sur ce sujet. Quelques semaines après l’apparition de ta mère, la région fourmillait, d’individus louches, ensuite plus personne. Il est évident qu’ils venaient pour la chercher.
– Elle s’est échappée en emportant un objet que désirait l’ennemi. C’est écrit dans le récit, mais on ne précise pas la nature de celui-ci, dit le professeur. Peut-être que dans d’autres textes…
– Les sages eux, le savais, intervient Loegairi. Mais je ne peux pas vous aider, je ne suis qu’un guerrier. Je sais seulement que nos légendes parlent d’un objet du nom de Gull-toflur.
– Cela ne signifie-t-il pas tablette d’or ? dit le professeur Dollenns et regardant l’elfe qui lui confirme sa traduction d’un signe de tête.
– C’est bien ça ! Ma mère m’a parlé d’une tablette et met en garde contre elle. Mais je ne l’ai jamais vu. Grand-père l’a caché et je ne sais pas où elle est. Le soir de notre rencontre, Victor, je ne travaillais pas comme j’ai voulu vous le faire croire. J’étais venue pour inspecter la pièce et retrouver la tablette. Je n’ai pas eu le temps de faire quoique ce soit ; vous êtes arrivés. Ensuite…
– Cette tablette, comme tu dis, donne à celui qui la détient un formidable pouvoir, dit Loegairi en lui coupant la parole. Ce pouvoir est dangereux disent les sages.
– Il nous faut absolument la trouver, dit Diane. C’est peut-être pour cela que l’ennemi est à nos portes, pour la retrouver. Pourquoi ne l’ai-je pas cherché plutôt ?
– Ne te le reproche pas, dit Victor. Je ne pense pas qu’il sache où se trouve l’objet, si cela est, c’est un espoir pour nous. Une arme dangereuse peut-être mais un espoir, si j’ai bien compris. Il serait sage de la détruire.
– Ce n’est pas aussi simple, dit Loegairi. Il serait plus raisonnable que cette chose revienne là où elle était, pas à Surtr, mais aux sages, ils sauront comment la détruire, si elle doit être détruite.
– Je crois que cela peut se faire, dit Victor. La porte est terminée. Il faut simplement la date et l’endroit où l’ouverture doit être pratiquée. Diane tu vas partir récupérer la tablette. Quant à moi, je retourne à New York pour avoir le feu vert. L’opération peut commencer.
Diane a hérité du « château » à la mort de son grand-père.
Elle monte directement au bureau, suivie de l’elfe, commence à chercher, se précipite vers le petit meuble, toujours à la même place, l’ouvre avec fébrilité, mais comme quelques années plus tôt, elle ne trouve rien, se relève et réfléchit.
Soudain son regard est attiré par la grande horloge. Elle ouvre la porte du mécanisme, regarde à l’intérieur, mais toujours rien, bouscule le balancier et constate qu’il semble plus lourd qu’il ne le doit, le décroche et trouve Gull-toflur scotché derrière.
C’est un disque d’or de dix centimètres de diamètre et trois d’épaisseur. L’un des côtés est ciselé de facettes. Sur chaque facette une rune elfique. L’autre face trois pointes hautes d’un centimètre et demi, forment un triangle. Sur la tranche des runes, là encore.
Diane tend l’objet à Loegairi qui le prend avec précaution et méfiance.
– Peux-tu me dire ce qu’il y a de marqué dessus ? J’ai remarqué que ce ne sont pas les mêmes runes que celles des facettes. Je ne suis pas assez experte pour les traduire.
Voici la rune : e
– Je ne peux pas les traduire non plus, sauf une, celle qui est au milieu, tu prononces aze, cela veut dire lumière du soleil. C’est écrit dans la langue ancienne des elfes. Il nous faudrait des sages pour les traduire. Crois-tu que je pourrais retourner chez moi et rapporter la tablette. Si je le peux, j’aimerai que tu m’accompagnes.
– C’est mon vœu le plus cher. Mais ce n’est pas moi qui commande.
Dans les jardins elle le guide vers l’Onde claire, en traversant le parc, l’elfe admire les arbres d’essence rare que le grand-père avait plantés.
Arriver près du ru, ils regardent de l’autre côté.
– C’est ici qu’ Abi posera sa porte, dit Diane. Ce sera plus aisé pour aller rejoindre ton père. J’espère que nous arriverons à temps, elle pousse un soupir. Enfin … si je pars avec toi.
De retour au Quartier Général du I.C.S.I., ils sont attendus dans la salle du conseil.
A leur entrée, les sommités dirigeantes tournent leurs regards vers eux. Ces visages graves appartenant aux Généraux et aux responsables des gouvernements du monde entier.
Diane, Loegairi et Victor arrivent ensembles. Le conseil commence. On y parle du danger éminent qu’inflige l’ennemi à la Terre.
Tout est mis en place pour détecter et fermer les portes dont se sert l’envahisseur.
Après maintes discussions, Diane est désignée pour suivre Loegairi dans ce voyage dans le temps.

Départ.

La jeune femme est vêtue d’un justaucorps de couleur brune et d’un pantalon de laine écrue, à ses pieds, elle porte des bottes en peau.
Ses épaules sont recouvertes d’une cape de laine vert foncé.
Elle a coiffé ses cheveux en une seule tresse, la longue natte lui descend dans le dos.
Elle est armée d’une épée et d’un poignard.
L’elfe est vêtu d’un costume semblable.
Abi a installé sa porte à l’endroit du premier voyage de Diane. Grâce au professeur Dollenns, l’époque d’où venait Loegairi a été calculée, lorsqu’ils auront traversé le gué, l’été commencera à décliner sur Kermëtæ. Tout est prêt pour le départ. Diane s’approche de la jeune chercheuse et la sert dans ses bras avec émotion.
– J’espère que ton invention, te fera retrouver ta sœur, dit-elle. Je te le souhaite de tout mon cœur.
– Peut-être que tu la trouveras avant moi, dit Abi en lui donnant une photographie. C’est Myriel, elle avait quinze ans. Je pense que tu la reconnaîtras. Si tu la vois parle-lui de moi.
Diane lui promet de faire ce qu’elle lui demande et l’embrasse tendrement. Victor s’approche d’elle et lui met les mains sur les épaules.
– Ma grande, dit Victor, nous comptons tous sur toi.
– J’aimerai savoir, pourquoi dois-je partir seule là-bas ?
– Tu es notre ambassadrice. Sois fière d’avoir été choisie. Nous ne pouvons pas envoyer de troupe pour l’instant.
– Je comprends. Une chose encore, Loegairi a promis, qu’il m’emmènera dans la demeure des elfes qui se situe sous la maison du professeur. J’ai convenu avec Dollenns que je laisserai des messages à un endroit précis. Il te les remettra.
– Ma grande. JE, compte sur toi. Ainsi que sur Abi, grâce à elle, j’espère que nous réussirons à maîtriser les portes.
– Bien sûr que vous allez réussir ! Mais j’imagine, qu’il me sera une fois cette mission terminée, pratiquement impossible de revenir ici, dit Diane. Et si par hasard, tu as programmé une armée. Je suppose, que tu viendras me rejoindre avec elle. Je t’expliquerai, où tu devras arriver.
Victor va pour l’embrasser, Diane lui demande d’attendre, va chercher des papiers dans la voiture et revient près de lui.
Elle lui tend un dossier assez conséquent.
– J’allais oublier, j’ai laissé chez le notaire à ton intention, des papiers au sujet de ma maison, voilà le dossier de l’historique de la demeure et des bois alentour. Si un jour je reviens, j’aimerai retrouver tout intact. Je suis un peu triste de ne pas avoir vu mon père, embrasses-le pour moi et dis-lui que je l’aime.
Il la sert dans ses bras, l’émotion du départ lui étreint le cœur. Diane rejoint Loegairi. Victor s’approche de lui et dit en forme d’adieu :
– J’ai été content de te connaître. Prend bien soin d’elle, elle semble forte, mais elle est fragile. J’espère vous revoir tous les deux sous de meilleurs hospices.
C’est l’instant du départ. Abi met la porte en action. A l’intérieur des chambranles, l’air paraît frémir et devient légèrement argenté.
Après un dernier au revoir, Diane et l’elfe passent la porte. Tous deux montent, Diane, son cheval préféré à la belle robe blanche, Loegairi, un cheval à la robe grise et pommelée. En un instant ils traversent le gué.

A demain si vous le voulez bien, pour la suite …

Anny M

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5 responses to this post.

  1. bien sur la suite à demain bises

    Réponse

  2. Posted by Bounia86-Nadielle on 6 novembre 2011 at 19 h 57 min


    Gros bisous

    Réponse

  3. Belle Nuit à l’Hors Annie ,
    Veilles sur les Elfes de Cette Contrée ,
    Qu’Ils gardent en Eux l’Ancienne Magie ,
    Qu’Une Dame de Plume aime Bien Contée 😉
    ~
    NéO~
    ~
    Becs aux Oreilles Pointues

    Réponse

  4. Douce nuit amie de l’autre coté de l’océan
    moi je tarde encore .. car il est trop tot …
    bisous

    Réponse

  5. j’aime.. la tablette me fait penser à une porte des étoiles miniature.. ICSI me fait penser ici et hisser SI, le disque d’or et les couloirs du temps. Aurr ( or et hors)
    Hier lorsque je regardais Merlin, Uter me fait penser à surtr pour ce qui est le refus de la magie et son côté sombre à détruire.. bisous

    Réponse

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