Un nouveau monde et un père



Quatrième épisode de:

ALLAR ALDIR
ou
A travers les âges

Rencontre avec son père

– Tu as rendez-vous à San Francisco cette semaine, déclare le grand-père à Diane qui venait juste de rentrer de Paris. J’ai pris contact avec un groupe important très intéressé par nos produits. Tu vas nous représenter. Je sais que tu connais très bien les produits. C’est à toi de faire cette transaction. Ton billet d’avion est déjà pris, ainsi que ta chambre d’hôtel.
– Je vois que tu as bien fait les choses, réplique Diane calme et souriante. Je vais faire mes valises. C’est un voyage qui m’enchante. Tu vas voir ce que tu vas voir. Mais attention, il te faudra agrandir l’entreprise après cela.
Le vieil homme est étonné mais heureux de voir sa petite fille dans d’aussi bonnes dispositions.
– L’autre soir j’ai voulu regarder le film de ta mère, mais je ne l’ai pas trouvée.
– Je l’emporte toujours avec moi.
Elle s’approche de lui et lui pose un baiser sur le front avec désinvolture.
Je monte me coucher, fais de beau rêve.

A San Francisco elle réalise le rêve du vieil homme et se retrouve avec plusieurs contrats de signés. De retour à son hôtel un message de son aïeul l’attend.
Celui-ci est venu la rejoindre et lui demande de le retrouver dans un restaurant pour fêter sa victoire.
A la fin du repas il lui déclare :
– Nous nous arrêterons à Paris, nous y resterons plusieurs jours. Je vais te présenter à des personnes qui seront précieuses pour ton avenir. A ce propos as-tu toujours sur toi le film de ta mère ?
– Précieuses pour mon avenir ? dit-elle en fronçant les sourcils. Je ne vois pas pourquoi. Ce que je viens de faire est une réussite commerciale normale à toutes entreprises. Quelles sont ces personnes ?
Elle s’arrête un instant, se souvient de sa question. Elle pâlit et pointe son doigt vers lui.
– Tu… tu m’as vendue… c’est ça ! Qu’as-tu fait, là ? … Moi, je sais ce que tu as réussi ! Tu viens de me perdre grand-père, tu m’as bien entendu … perdue ! S’il te plaît, dis-moi que tu n’as pas fait ça… ? Ce n’est pas vrai !
Elle a les larmes aux yeux et attend une réponse.
– Arrête de faire l’enfant. Ce n’est pas une faute que de travailler pour ton pays avec les qualités que tu as. Ce qui m’a fait agir, c’est Victor, oui, Victor, il s’intéresse beaucoup trop à toi à mon avis. J’ai pensé que ce serait un honneur pour toi de…
Ulcérée par ce qu’elle vient d’entendre, elle se lève et reprend son calme. D’une voix dure et froide, elle coupe la parole au vieil homme :
– Tu n’as pas à penser pour moi. Je suis assez grande pour savoir ce que je fais et ce que je vais faire. Je viens de comprendre une chose. Ce n’est pas l’amour et le souvenir qui te guide. Tu disais aimer ma mère, m’aimer moi… je vois que c’est faux… c’est l’argent que tu aimes. Tu me déçois, j’ai pitié de toi ! Je ne vois pas pourquoi je reste à parler avec toi, au revoir.
Elle quitte la table. Lui, ne fait pas un geste pour la retenir. Il se sent triste. Il pensait faire bien. Diane est son seul trésor, sa fierté. Sa réaction lui fait comprendre qu’il n’a pas agi correctement avec elle, il aurait dû la prévenir.
Machinalement, son regard balaye la salle. Deux hommes assis à trois tables de la sienne se lèvent et suivent sa petite fille.
Il comprend avec effroi que lui-même s’est fait piéger et s’en veut de l’avoir mise dans une position extrêmement dangereuse.
Laissons le grand-père avec ses remords et retrouvons Diane. En entrant dans sa chambre, elle fait ses bagages rapidement.
Prend son sac de voyage et sort de la pièce; son instinct lui dicte de se méfier et de partir sur l’instant.
Elle est à peine montée dans le taxi, que les deux hommes du restaurant sont dans le couloir qui mène à sa chambre.
Elle prend un avion pour New York sous le nom de Robbin et profite du voyage pour dormir. Arrivée à destination, elle va droit à l’adresse que lui a donnée Victor.
En arrivant à l’adresse indiquée, Diane est surprise, elle se trouve devant une boutique d’antiquités. Le gérant du magasin lui demande ce qu’elle désire.
– Je suis très ennuyée, j’avais rendez-vous avec un ami pour choisir un cadeau pour mon père. Peut-être est-il venu plus tôt. A-t-il laissé un message pour moi ?
– Il est possible qu’un message ait été laissé. Le nom de votre ami ?
– Jauram, il se nomme Jauram.
– Je vais aller voir si j’ai un message de ce monsieur. Veuillez attendre s’il vous plaît.
Le commerçant la quitte et se dirige vers l’arrière-boutique. Il entre dans une pièce encombrée de meubles et de bibelots, décroche un téléphone, compose un numéro et demande à voix basse :
– Ici Charles, pourrais-je avoir Monsieur Nelson. Allô ! Monsieur, il y a une jeune personne qui attend Jauram pour choisir un cadeau pour son père.
– Faites-la patienter, j’arrive, répond Victor.
– Mais la convention veux que….
– Pas la peine, vous faites ce que j’ai dit, c’est un ordre !
– Votre ami vous a bien donné rendez-vous, dit le commerçant à Diane en revenant près d’elle. Si vous voulez l’attendre, il va venir.
Quelques minutes plus tard, la porte de la boutique s’ouvre et Victor apparaît. Diane reste interdite un moment, puis elle s’élance dans ses bras.
L’instant d’après Victor écarte la jeune fille de lui, la regarde et dit simplement :
– Je t’attendais, peut-être pas aujourd’hui, mais je t’attendais, viens avec moi.
Il la prend par le bras et l’entraîne au dehors, entre dans l’immeuble mitoyen de la boutique et la conduit au sous-sol.
Arrivé au fond du parking, il s’arrête devant un mur. Sur celui-ci, le numéro trente-cinq est marqué en grand. Il sort de sa poche un boîtier de télécommande et fait un code. La paroi devant eux s’écarte, laissant voir un ascenseur. Tous deux entrent dedans.
La porte se referme et l’ascenseur les entraîne vers les profondeurs de la terre. La porte s’ouvre sur un grand couloir aux parois d’acier.
Des spots placés à intervalles réguliers éclairent l’endroit. Diane remarque que certains ne sont pas allumés. Elle le fait remarquer en pointant le doigt vers eux :
– Vous économisez l’énergie à ce que je vois !
– Ce n’est pas ce que tu crois, mais un système de défense. Ce sont des lasers qui découpent en moins de deux un intrus qui s’aventurerait dans nos murs. Ce lieu est l’état major du I.C.S.I. …
– I.C.S.I. ?
– Tu as bien entendu, I.C.S.I. International. Cosmic. Sécurity. Investigation.
– C’est un organisme comme… la C.I.A. ?
– En un certain sens.
Les voici dans une grande salle. Les hommes et les femmes qui s’y trouvent sont en plein travail. Elle a l’impression de se trouver dans l’ambiance d’une salle de rédaction.
Victor la fait entrer dans un bureau vide et lui dit :
– Attends-moi là, j’en ai pour deux minutes.
Ce n’est qu’une bonne heure plus tard qu’il revient.
– As-tu faim ? Je connais un endroit très sympathique nous y serons au calme, tu pourras si tu le veux, te reposer… c’est chez moi. Tu y passeras la nuit et demain nous verrons ce qui se passera. Avant explique-moi, pourquoi es-tu là ?
Diane lui raconte sa pitoyable aventure.
– Je comprends. Tu ne veux pas te vendre. Bien… maintenant récapitulons. Un ton grand-père parle de tes facultés à ses « amis ». Deux il vient te chercher pour te faire rencontrer ses dits « amis », qui eux, n’attendent pas et envoient leurs agents. Ils ont été repérés par nos services de San Francisco; je ne crois pas que ton grand-père soit dans ce coup là. Trois … tu as pris le nom de ton père ; bonne idée, mais, pas légal. Ton père ne t’a pas reconnue n’est-ce pas ? Tu es passible de… je passe. Et quatre tu te remets à moi, moi, l’ami de ton père, mais aussi l’un des grands manitous du I.C.S.I. … alors ?
– Oui, oui, je sais ce que tu veux me faire comprendre, mais là, je suis volontaire. Tu as bien entendu, je suis volontaire. Si tu me demandes de faire quelque chose, je vais le faire. En échange, tu me présentes à mon père, et ça tu le sais.
Elle termine sa phrase en lui faisant son plus beau sourire. Celui-ci est décontenancé par l’attitude de la jeune femme. Elle continue.
– Ne m’as-tu pas invitée à dîner ?
Il lui prend le bras et l’entraîne hors de l’immeuble. La soirée se passe agréablement.
Victor lui offre sa chambre d’amis. La jeune femme ne tarde pas à tomber dans un sommeil profond.
Diane endormie, il s’installe devant son visiophone. La personne qu’il a devant lui sur son écran est un homme, jeune encore. Il a la carrure d’un athlète, ses cheveux sont bruns et coupés en brosse, ses yeux sont gris.
– Bonsoir Glenn, dit Victor. Peux-tu venir chez moi ?
– Je viens tout de suite. Peux-tu me dire ce qui ne va pas ?
– Tout va bien. J’aimerai simplement te présenter à une personne qui est impatiente de te rencontrer.
Une heure plus tard Victor accueille son ami avec une mine mi-sérieuse, mi-mystérieuse.
Il fait entrer Glenn dans le salon et lui dit :
– Assieds-toi, regarde et écoute.
Il met son ordinateur en marche et lui passe le film que Diane lui a confié avant d’aller se coucher.
– Je ne comprends rien à cette histoire, dit Glenn, le film terminé. Cette femme, c’est bizarre… son visage me paraît familier. Elle a cité mon nom et a dit que j’avais une fille ! J’ai déjà vu cette personne, j’en suis sûr, mais où ?
– C’est cela, même ! Tout cela s’est passé avant ton accident. C’est grâce à toi que j’ai retrouvé ta fille. Tes rêves m’ont intrigué. J’ai fait des recherches. Je suis allé là où tu étais allé et cette jeune femme que tu viens de voir, tu l’as aimée. J’ai réussi à retrouver sa trace, si je puis dire, puisqu’elle est repartie chez elle, mais j’ai rencontré, sa famille adoptive et aussi… ta fille, tu m’as bien compris, ta fille !
– Ce n’est pas possible ! dit Glenn en se levant de son siège.
– Tu ne rêves pas ! rétorque Victor à Glenn. Tu as une fille et je peux t’affirmer qu’elle a un sacré tempérament ! Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds.
– Une fille, murmure Glenn s’asseyant et se prenant la tête dans ses mains. J’ai une fille. Mon dieu, pourquoi m’avoir fait oublier cela. Je ne me souviens de rien, pourquoi ?
– Il est fort possible … si tu l’avais su, tu serais allé la rejoindre et vous vous seriez marier, dit Victor après quelques secondes de silence. Le fait est que … il est arrivé l’accident. Tu n’as rien à te reprocher. Je continue donc. Je veux que tu saches que Diane, ta fille, est la personne qui veut te voir.
– Ma fille est ici !
– Oui, ta fille est ici et pas très loin. Viens avec moi, mais pas de bruit, elle dort.
Il ouvre doucement la porte de la chambre. Ils entrent dans la pièce sans faire de bruit. Glenn s’avance vers le lit. Il distingue une longue chevelure dorée.
La jeune femme à cet instant se retourne dans son sommeil et laisse apparaître de son visage. Il a un geste de surprise.
– Ce n’est pas possible, c’est elle ! C’est la femme du film, je l’appelais … Marianne, oui c’est cela …
– Parle moins fort tu vas la réveiller, laisse-la dormir. Elle, c’est Diane, ta fille, dit Victor en le prenant par le bras.
Dans le salon, Glenn marche de long en large. Ce qui fait sourire Victor.
– Arrête, tu me donnes le tournis. Tu es bien comme ta elle ! Elle est extraordinaire ! Te rends-tu compte qu’elle est elfe par sa mère et humaine par toi. Mais elle a besoin de retrouver ses racines et tu en fais partie. Autre chose, elle veut rentrer chez nous, avant, je vais l’envoyer chez William. L’entraînement qu’elle aura là-bas lui sera bénéfique.
Il s’arrête un instant de parler, puis reprend sur un ton sérieux.
– Elle a beaucoup de choses à te raconter et je crois aussi qu’il serait bien pour elle, que tu la reconnaisses.
– Bien sûr que je vais la reconnaître … une fille me tombe du ciel.
– Je suis bien aise que tu le prennes ainsi. Il lui est arrivé quelques déboires qui l’ont fort troublée. Un peu de paix et d’amour lui feront le plus grand bien.
– Que lui est-il arrivé ? demande Glenn soucieux.
– C’est … comment dire. Ta fille est une personne peu ordinaire. Beaucoup de monde s’intéresse à elle; trop à mon avis. Elle est venue me demander protection. Donc tu dois faire le plus vite possible les papiers, pour qu’elle devienne légalement ta fille. Comprends-tu ?
– OK ! J’ai compris ce sera fait demain, mais pourquoi tant de rapidité ?
– Je vais te mettre les points sur les i. Soit c’est le gouvernement français qui la récupère, soit, tu la reconnais. Elle vient d’échapper de justesse à un enlèvement. Tout cela à cause d’un grand-père trop bavard. Je sais que ça va perturber quelques peu, ta femme, mais elle est ta fille mon vieux et elle est en danger.
– Je t’ai entendu crier, dit Diane en entrant dans la pièce vêtue d’une robe de chambre, cela m’a réveillée, je rêvais que grand-père m’avait reprise, et…
Elle s’arrête de parler en voyant Glenn et reprend.
– Oh ! Pardon je ne savais pas qu’il y avait quelqu’un avec toi. Je me retire, bonsoir Monsieur.
Victor la prend par le bras et la mène devant Glenn assis sur le canapé. Elle le dévisage et le reconnaît, elle pâlit et murmure d’une voix sans timbre :
– Tu…, tu es mon père.
Elle bafouille autre chose et s’écroule évanouie dans les bras de Victor.
– Serait-elle malade ? demande Glenn en se levant brusquement.
– Non, elle n’est pas malade, je dirais que ta présence l’a surprise. Elle désirait tellement te connaître. Regarde, elle revient à elle.
– En te regardant, j’ai cru que mon cœur éclatait, j’ai manqué d’air, dit-elle à son père.
– Comment te sens-tu ? demande-t-il en lui prenant la main.
– Vous n’avez pas fini de vous faire des politesses, dit Victor. Ne soyez pas si timide. Allez embrassez-vous, que diable !
Tous deux se regardent, ils sont très émus. Glenn ouvre les bras. La jeune fille vient se blottir tout contre lui et dit :
– Tu es un peu plus vieux que sur la photo, mais pas de beaucoup. Maman m’a demandé de te la donner. Je vais le faire. Pardonne-moi, j’ai les idées embrouillées.
Elle se dégage de ses bras, se lève, va prendre la photo dans son sac, revient et la tend à son père. Celui-ci regarde la photographie, puis regarde sa fille.
Victor quitte la pièce discrètement et les laisse se découvrir mutuellement.
Ils restent silencieux pendant quelques minutes, savourant d’être ensemble. C’est Diane qui prend la parole la première.
– Je ne sais plus que penser maintenant que tu es près de moi. Bien souvent je me suis posée la question. Pourquoi mes petites camarades ont un père et pas moi ! Je n’avais pas de mère non plus … j’avais un grand-père et une gouvernante. Depuis j’ai su ce qui était arrivé à maman. Elle m’a laissé un film. Veux-tu le regarder ?
Je l’ai vu. Victor me l’a montré, mais nous pourrions le regarder ensemble.
A demain si vous le voulez bien, pour la suite de cette aventure …

Anny M

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One response to this post.

  1. oui bon dimanche annie bises et retarde ta montre

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