La route c’est ouverte pour l’aventure



Premier épisode de :

Allar aldir
ou
A travers les âges.

Certains de vous vont la reconnaître car j’ai déjà fait paraître cette histoire, mais beaucoup me la redemandent alors la voici :

Vous allez faire la connaissance de Diane Robbin, une grande jeune fille à la chevelure d’or et aux yeux verts. Une jeune fille toute simple aspirant à une vie où la convivialité, l’amour, la justice et la paix auraient une grande part. Au long des pages vous allez la connaître mieux et connaître son histoire, alors, tournez-les…

Rencontre avec les elfes

Avec impatience, elle ouvre la missive envoyée par son ami Victor. Sa surprise va grandissant au fil de la lecture. Étant son supérieur, Victor lui demande de rédiger et de prononcer un discours sur la paix dans le monde. Diane reste perplexe. Certes, elle est un agent du I.C.S.I.
Il est vrai aussi que ses chefs la considèrent comme un bon élément, mais de là à écrire et à prononcer un discours !
Elle téléphone à Victor; il est le seul à pouvoir lui donner des explications. La réponse n’est pas tout à fait celle qu’elle avait escomptée.
– Ma grande, dit Victor, ce n’est pas un service que je te demande, c’est un ordre ! Tu as bien compris, UN ORDRE !
Malgré cette lettre troublante et cette requête, la journée se passe sans contretemps. Comme tous les soirs, elle s’installe devant son récepteur télévisuel. Elle espère entrevoir si possible la vérité sur les situations dans le monde et ailleurs.
Au bout d’une demi-heure de survol de l’actualité en cette fin d’octobre maussade, une envie de prendre l’air monte en elle, malgré la nuit qui tombe rapidement. Vêtue en conséquence elle dirige ses pas vers la petite forêt qui borde le parc de la propriété.
Le vent et la pluie lui fouettent le visage. Elle se sent déjà mieux.
Toujours préoccupée par cette demande, elle longe machinalement le mince filet d’eau qui contourne le domaine créant une minuscule frontière entre le domaine et la forêt.
Un cri d’oiseau la fait sursauter. Diane regarde autour d’elle et n’en revient pas. Il lui est impossible de reconnaît l’endroit où elle se trouve.
Le ruisseau est devenu un torrent. A quelques mètres de là, les eaux sont plus calmes, il y a même un gué. Celui-ci, traversé, un chemin entouré d’arbustes l’invite à entrer dans son couloir feuillu.
Au bout de quelques mètres, il s’ouvre sur un grand espace découvert, peut-être une prairie.
Les étoiles étincelantes forment des constellations différentes de celles que l’on voit habituellement. La jeune femme s’assoit au pied d’un arbre tout en réfléchissant, se relève et retourne à son point de départ.
Elle ne voit rien de ce qui l’entoure ordinairement, à la place du parc une piste.
Repartant sous le couvert des arbres elle s’installe avec philosophie pour passer la nuit en espérant toutefois de pouvoir rentrer chez elle.
La fraîcheur humide du matin la réveille. Elle se lève et décide d’explorer les environs. Suivant le chemin, d’un pas alerte elle s’engage dans cette immense plaine aux odeurs de garrigue.
A l’horizon se dessinent de hautes collines boisées. A sa gauche et à sa droite des halliers s’élèvent. Elle arrive aux pieds des coteaux. La forêt composée de chênes envahit la vallée.
Les arbres sont bien plus hauts et bien plus larges que ceux de chez nous. Un sentiment d’inquiétude s’insinue en elle. Elle se sent épiée. En essayant d’oublier ce trouble elle continue d’avancer.
Soudain, un homme armé d’un arc tombe d’un chêne. Stupéfaite elle s’arrête. Dans les secondes qui suivirent d’autres personnages chutent de la même manière.
– Si cela continue, pense-t-elle, je vais me retrouver devant Robin des bois !
La voici encerclée d’une quinzaine de personnages. Ils n’ont pas l’air commode.
Ces individus sont tous vêtus d’un juste au corps à manches longues, d’un pantalon moulant et chaussés de bottes de peau souple, tout l’ensemble de leur vêture est couleur de la forêt.
Diane remarque qu’ils ont, hormis leur arc et leurs flèches, une longue dague au côté.
Le premier des assaillants se met à la fouiller. Il l’apostrophe dans une langue qu’elle ne comprend pas. Elle le lui fait comprendre par gestes.
Il l’interpelle alors, dans un dialecte ressemblant étrangement au langage qu’avaient certaines peuplades celtes.
Chance pour elle qu’elle ait étudié ces langues. Il lui demande de se nommer et ce qu’elle fait dans ces lieux. Elle lui répond qu’elle s’est égarée. C’est à son tour maintenant de l’interroger.
– Je ne réponds pas à qui ne se nomme pas, déclare-t-il d’une voix ferme.
– Je vais le faire, réplique-t-elle piquée au vif. Je me nomme Diane Robbin, es-tu satisfait ? Et toi ? Qui es-tu ? Qui êtes-vous ?
– Loegairi, fils d’Aed, nous sommes des elfes. Moi et mes guerriers, nous surveillons ce territoire.
– Ai-je bien entendu ? Des elfes !?! Pourrais-tu me dire où je me trouve exactement ?
– Tes pieds foulent le sol de Kermëtæ. Tu es à Fjorgyn. Ce lieu se trouve à cent vingt-cinq lieues de Hindafiall, la montagne des biches, notre lieu de résidence. Pourquoi me demandes-tu cela ? Tu as l’air de l’ignorer. D’où viens-tu ?
– Je viens de très loin, répond-elle après avoir réfléchi à ce qu’elle allait dire. D’une autre époque que la tienne.
Trouvant son explication troublante il lui répond :
– Je vais te conduire auprès de notre Seigneur. Nous ne pouvons pas te permettre de rester ici, c’est trop dangereux. Nous craignons que Surtr, Maître des ténèbres ne revienne à la charge. Nous veillons à que toutes choses soient en paix. Nous sommes restés trop longtemps en vue de tous les regards.
Pour engager un peu plus la conversation elle lui déclare alors :
– Je suis heureuse de vous avoir rencontré. Il se trouve que je suis elfe par ma mère et humaine par mon père. Mon espoir est récompensé. Peut-être qu’à vos côtés, vais-je retrouver ma mère !
– Il n’y a que notre Seigneur qui pourra te répondre, dit Loegairi en l’examinant de pied en cap.
N’ayant pas d’autres alternatives, elle les suit. Chemin faisant, elle les observe. Ils sont pareils aux humains. Sauf que leur visage est d’une finesse et d’une extrême beauté ! Leurs regards reflètent une lumière intérieure. Ils ont tous les yeux d’un gris bleuté reflétant la sagesse et la profondeur des temps. Leur chevelure est longue, les unes couleur de la nuit, les autres blondes ou encore auburn. Quant à Loegairi ses cheveux font penser à du miel.
Cela fait vingt jours et une nuit qu’ils marchent. Les haltes faites pour se sustenter et se reposer ont été très courtes. Devant eux se dresse une chaîne de montagne. Ils arrivent dans une sorte de couloir creusé dans la roche situé du côté ouest du mont. Là, bien à l’abri des regards indiscrets, une vallée s’étend devant eux.
Le regard de Diane est attiré par un torrent. Celui-ci fait tomber ses eaux grises et argentées dans un lac bleuté, tout en se frayant un passage sur la pente abrupte et boisée. Près de cette étendue d’eau face au soleil couchant un grand bâtiment se dresse au pied du mont. L’architecture de cette demeure ne ressemble à aucune connue à ce jour.
Loegairi s’approche d’elle et lui déclare à mi-voix en lui montrant la demeure :
– C’est ce que nous chantons lorsque nous sommes loin de chez nous.

A l’intérieur de notre cœur,
Chaque jour et à toutes heures
S’y trouve une maison.
Là, naissent mille créations.
Près de l’âtre, de la chaleur imprégnés
Nous voici tous assemblés. Nous songeons,
Nous espérons, nous rêvons.
Repose dans nos mémoires,
Décrit dans notre Histoire,
Cité dans nos chansons,
Ce beau pays d’où nous venons.
A l’intérieur ne notre cœur
S’y trouve une maison.
C’est une maison où il y fait bon vivre.
Où beaucoup de décisions sont prises,
Pour que le bien vivre soit de chaque instant
Et le bonheur de Tous moments.
Dans le silence de la nuit
Notre chère maison nous unis.
A l’intérieur de notre cœur
S’y trouve une maison…
La troupe pénètre dans un immense forum. Beaucoup d’elfes sont rassemblés pour les accueillir. Suite à cette chaleureuse bienvenue, Diane est conduite à l’intérieur de la bâtisse.
Après avoir traversé des pièces petites ou grandes, longé des couloirs, les voici arrivés au seuil d’une salle voûtée ayant pour seul éclairage les reflets d’un grand feu crépitant dans une immense cheminée.
Un silence de paix règne dans l’endroit. Un sentiment de recueillement entre en Diane. Elle reste là immobile. Loegairi lui fait signe d’entrer. Elle a l’impression d’être dans une cathédrale.
C’est alors qu’elle distingue près de l’âtre, assis sur un siège de bois sculpté, un personnage qu’elle n’avait pas remarqué en entrant.
Il paraît sans âge. Ses cheveux sont longs et châtains. Son visage reflète un mélange de sévérité de sagesse et d’amour. Elle devine qu’elle est devant un membre important de la communauté.
Loegairi s’avance vers lui. Tous deux entrent en dialogue. Suite à cette discussion le personnage fait signe à Diane d’approcher.
– Je suis Aed, Seigneur de ces lieux. Mon fils vient de me conter votre rencontre. Néanmoins, j’aimerais entendre l’explication par ta bouche. Je sais comment tu te nommes, Diane Robbin, est-ce bien cela ?
– C’est exact ! J’ai expliqué à ton fils, que sans m’en apercevoir je suis passée par un espace temporel.
Aed semble avoir compris. Diane le soupçonne d’en savoir plus sur ce qui lui est arrivé. Pendant que Loegairi quitte la salle, le maître des lieux prend la parole :
-Tu nous arrives de bien loin dans le temps. Il est probable que dans ton ère, nous autres, les elfes, nous ne vivions plus sur Kermëtæ. Tu serais l’exception à la règle ; mon fils m’a dit que tu étais elfe par ta mère et humaine par ton père. Peux-tu m’expliquer Non ! Attends, je crois que le moment n’est pas encore venu pour parler de cela. Te voilà dans une époque où bien souvent nous combattons Surtr le maître du feu et des ténèbres.
Aed scrute le visage de la jeune femme et dit :
– Je te sens troublée, serait-ce ce que je viens de te dire ?
Diane acquiesce de la tête et répond :
– Je suis troublée par ce que tu viens de m’apprendre, certes, mais je le suis plus encore par un événement qui est hors de tes propos. C’est la cause de ma venue parmi vous.
Elle pousse un soupir et continue :
– Lorsque je passais cette porte, je réfléchissais à un réquisitoire concernant la paix dans le monde que je dois rédiger et prononcer. Il faut te dire que nous nommons Kermëtæ, la Terre et que l’époque où je vis est troublée de bien des façons. La guerre éclate de partout. Les drogues tuent beaucoup de jeunes gens. La lutte du pouvoir est grande. Dans certains pays les enfants sont tués ou mutilés, ils sont souvent forcés à se prostituer, ils sont vendus. Quant aux peuples, ils se révoltent contre leur gouvernement qui les écrase sous le joug de la dictature ouverte ou cachée. D’autres peuples meurent de faim. Il y a trop d’injustice et de misère. Bien des savants jouent les apprentis sorciers. Les humains semblent avoir perdu la responsabilité qui leur est propre. Je travaille pour un organisme dont le rôle est de contrôler et d’intervenir lors d’un combat, de stopper les guerres intestines qui minent les peuples de la Terre, d’arrêter les humains qui créent ces intrigues. La lutte est rude. Mes collègues et moi, nous sommes des sortes de rôdeurs à l’affût des actes malsains, créés par les descendants de votre ennemi ou par lui-même, s’il a eu la possibilité de passer une porte du temps. Ce n’est qu’une supposition. Si cela est, il agit de la même façon à mon époque qu’à la tienne. Hélas à la mienne, il se sert d’armes terrifiantes.
Elle s’arrête de parler, étonnée de l’ardeur avec laquelle, elle a expliqué sa vie et son époque.
– Je vois, dit Aed après un instant de réflexion. Dans les temps futurs la lutte contre l’ennemi est toujours d’actualité. Voici ce que je vais te dire au sujet de la paix… Il y a bien longtemps, j’étais jeune alors, j’étudiais des textes écrits par les anciens sages. Il y a un de ces manuscrits qui se rapporte au devenir de l’être humain et de sa relation qu’il a avec l’Unique. Ces rapports sont définis en plusieurs points. Voici les principales spécifications, le cercle du vide, seul l’Unique y réside. Le cercle de la béatitude et le cercle de la fatalité. La quatrième définition s’accorde à l’état de soumission dans la fatalité, qui représente la vie sur Kermëtæ ou sur Terre, comme tu la nommes. L’humain doit prendre conscience de l’être qui vit en lui. C’est la première chose qu’il doit faire. Il ne doit pas oublier l’essence même de ce qu’est la vie. Comprendre que la fatalité n’est autre qu’une masse de souvenirs écrits dans les plus infimes partis de son corps. Il lui faut donc apprendre à les conquérir et les transformer en une force vitale. Cela lui permettra d’arriver au cercle de paix qu’est la béatitude. En résultat l’humain acquerra, comment dire oui, il parviendra à une perception plus subtile et bénéfique de lui-même et du monde qui l’entoure. Pour cela l’humain doit parcourir le chemin en partant de son état de soumission dans la fatalité, à une liberté morale dans l’humanité, pour accéder et se transformer en un état de paix. L’homme doit avant tout se prendre en charge. La paix sera le résultat d’un travail intense sur lui-même. Il ne pourra en aucun cas en être autrement. En conclusion l’être humain doit se transformer et se reconnaître tel qu’il est avec ces défauts et ses qualités. La paix ne sera qu’à ce prix. Dis-toi bien que l’Unique existe en tous êtres vivants et en toutes choses, l’humain n’est pas son esclave et est l’origine réelle des troubles causés. N’oublie pas, l’homme est maître de lui-même et c’est lui-même qui décide de sa route. Te voilà renseignée sur ce qu’est la paix et le devenir de l’humain. La lutte est longue et opiniâtre. A toi de faire ce que bon te semble de ce que je viens de te dire. Mais n’oublie pas que Surtr ou qu’importe le nom qu’on lui donne, se sert des défaillances des humains pour agir.
Aed regarde le feu et se retourne en disant :
– Tu te reposeras ici aujourd’hui, tu es notre invitée. Demain mon fils te reconduira à la porte du temps. Je sais qu’elle va s’ouvrir de nouveau. Il se peut qu’un jour nos routes se confondent encore. Tu feras alors, plus ample connaissance avec le peuple elfe. C’est vrai qu’il y a quelque chose d’elfique en toi. Un jour, j’en suis sûr, tu auras toutes les réponses en ce qui te concerne.
-Ma mère a pour nom Aife, je suis convaincue que tu sais qui elle est et qu’il te suffirait d’envoyer un messager lui annoncer que sa fille est ici.
-Peut-être le sais-je. Le temps n’est pas encore venu pour toi de retrouver ta mère.
En prononçant ces mots il la regarde intensément. Elle se sent transpercée par ce regard. Sans un mot de plus il la salue et quitte la salle. La journée et la soirée qu’elle passe dans cet endroit, sont, elfiques
Loegairi l’accompagne comme prévu. Leur au revoir est troublant pour tous les deux. Il la regarde passer le gué, elle se retourne et le voit lui faire un salut de la main. L’air vibre autour deux.
Le paysage s’estompe laissant place à celui qui entoure Diane habituellement. Étrangement la tristesse l’envahit. Le reverra-t-elle un jour ? Reverra-t-elle sa mère ? Personne ne lui répond. Elle se secoue, elle est à quelques mètres du parc et l’esprit un peu confus.
Elle vient de rencontrer des êtres exceptionnels, elle a eu cette chance.
Le lendemain matin, après avoir passé une nuit sans rêve, elle se réveille fraîche et dispose.
Le texte du discours trotte dans sa tête. Quinze jours plus tard la voici devant l’auditoire. Son cœur bat très fort.
Pour le calmer, elle s’imagine qu’elle est devant ces êtres merveilleux que sont les elfes. Elle prend la parole :
– Mesdames et Messieurs je suis heureuse de me trouver devant vous ce soir. Parlons de la paix, voulez-vous ? La paix est un état qui dépend de chaque être humain. Pour cela il faut …

A demain pour la suite de l’histoire … si vous le voulez bien …

Anny M

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3 responses to this post.

  1. Je viens de rentrée de la bibliotheque c’est loin a pied
    mais je suis contente c’est une bonne grande marche
    passe une bonne nuit
    bisous

    Réponse

  2. oui je connais et me souviens , rebises

    Réponse

  3. Je ne m’en souviens pas et cela est intéressant.. De plus cela se trouve en période de fin Octobre… on revient à la bonne époque..Bisous.. à demain..

    Réponse

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