Les bienfaits de l’amour



Épisode Vingt-trois de :

En l’An 2200

Anann leur demande de se tenir la main comme dans une ronde. Les murs de la tour semblent tourner autour d’eux à grande vitesse. En un instant, ils se retrouvent dans un bois.
Ils sont entourés d’arbres épineux. Ils distinguent à terre une forme allongée ; Thorin se précipite vers elle, croyant voir son fils. Soudain, un homme vêtu de peau de bête, se plante devant lui.
– Ne va pas plus loin, dit l’homme. Je sais pourquoi tu es ici. Ton fils m’appartient désormais. Comment es-tu venu ?
– C’est moi qui les ai menés, dit Anann en s’avançant. Tu n’as aucun droit de garder ce jeune homme. Il combat pour notre bien à tous les deux. Renvoie-le chez lui, s’il te plaît
– Tu sais très bien que ceux qui viennent chez moi ne peuvent pas repartir, vu leur état.
– Arrête, dit Thorin inquiet en entendant les explications de l’homme. Mène-nous près de lui, s’il te plaît.
– Avant de vous menez à lui, dit l’homme. J’aimerai savoir qui le demande.
– C’est moi son père, dit Thorin.
– C’est moi son frère et ami. Pourquoi veux-tu garder Larwence, il n’a rien fait de mal, il lutte contre l’injustice, il… Je l’aime… c’est mon frère !
L’homme après un instant de silence, prend Anann par le bras et l’entraîne vers l’intérieur du bois. Vivien veut les suivre, mais Thorin le retient.
– Arrête, mon garçon. Sais-tu qui est cette personne ?
Le jeune homme fait non de la tête.
– C’est le Régent des forces fécondes. Il est l’époux d’Anann ;
– C’est lui, son époux ! Pourquoi Larwence est-il chez lui ? Je ne comprends plus rien du tout. Je suis dépassé par les événements.
– Il n’y a pas que toi, mon garçon, répond Thorin.
– Comment allons-nous faire si nous ne pouvons pas sauver Larwence, demande Vivien d’une voix angoissée. Comment annoncer la catastrophe à Thaïs ?
Anann et son époux s’enfoncent et pénètrent dans une immense clairière.
Dans le milieu de celle-ci se trouve Larwence. Il est assis par terre et se tient la tête dans ses mains.
Anann s’approche de lui et s’installe à ses côtés.
– Larwence, Larwence, m’entends-tu ? demande-t-elle doucement.
Le jeune homme la regarde d’un air étonné. Elle s’aperçoit qu’il ne la reconnaît pas. Elle lui passe doucement la main sur le front. Larwence lui sourit.
– Sais-tu qui je suis ? Que m’est-il arrivé ?
– Oui, je te connais, tu es…
Elle ne peut terminé sa phrase. Son époux l’en empêche. Elle se lève, sur son visage est marquée une profonde tristesse.
– Que lui est-il arrivé, demande-t-elle. Lorsque tu les reçois, ils savent qui ils sont. Pourquoi ce jeune homme est-il dans cet état et pourquoi, m’empêches-tu de lui révéler la vérité. Peux-tu remédier à cette infirmité ?
– Je ne sais pas pourquoi il est dans cet état, bien sûr que je pourrais le soigner…, mais non ! C’est à son père de le faire. S’il réussi à rendre la mémoire à son fils, il pourra repartir avec lui. C’est ma condition, ma seule et unique condition.
– Pourquoi es-tu si sévère ? Je ne te connaissais pas ainsi.
– Je ne suis pas sévère, mais conscient. Thorin est un des principaux membres de l’Assemblée. Sa façon de réagir devant les événements à Gwynvrynn, m’a plu. Il a eu la possibilité de prendre le pouvoir, mais il ne l’a pas fait. Il a agi comme son fils l’a fait à Gisors, lors de sa victoire. Quand au jeune homme qui l’accompagne, je sais très bien que si je lui demande de rester avec moi à la place de Larwence, il acceptera d’emblée. Donc, je veux mettre le père à l’épreuve. Tu t’occuperas de Vivien. Je sais qu’il t’écoutera. Mène le près de la fontaine. Écoute, je suis peiné autant que toi de ce qui arrive à Larwence. C’est un garçon que j’aime. Allez ! Viens !
En voyant arrivés les époux, Vivien soupire de soulagement. Anann vient à lui et lui fait signe de la suivre.
Son époux s’approche de Thorin, une fois Vivien et Anann partis.
– Viens avec moi, dit-il. Je t’emmène auprès de ton fils. Attends-toi à avoir une surprise. Il ne sait plus qui il est. Si tu réussi à ce qu’il recouvre la mémoire, tu pourras repartir avec lui. S’il reste tel qu’il est en ce moment, il reste avec moi. As-tu bien compris ?
– Si j’ai bien compris ? Bien sûr que j’ai compris ! Mène-moi à mon fils, s’il te plaît, il me tarde de le voir.

Vivien lui, suit Anann sans rien dire. Au bout de quelque temps de marche, il se tourne vers elle.
– Où m’emmènes-tu, près de Larwence ?
– Non, laissons Larwence avec son père pour le moment, répond-elle.
-Il y a un problème, je le sens. Je veux aller le voir.
– Tu ne peux pas, c’est à son père d’agir.
Vivien reste silencieux. Anann le guide vers une cascade et s’assoit sur un rocher. Le garçon fait de même.
– Qu’a donc, Larwence ? demande Vivien.
– Il a perdu toutes notions de la réalité, il ne sait plus qui il est.
– Et tu ne me dis rien, Pourquoi ?
– Ne m’en veux pas, dit-elle. C’est mon époux qui a décidé cela. Il veut faire passer une épreuve à Thorin.
– Et pour cela, il se sert de Larwence ! J’y vais, je ne permettrais pas que mon ami serve de cobaye.
– Attends ! Attends ! Avant de t’emporter, dit-elle en l’empêchant de partir. Il faut que Thorin devienne vraiment le père de Larwence… dans son cœur. Il doit retrouver sa responsabilité parentale.
– Si je comprends bien, dit Vivien après un instant de silence. Vous n’êtes, toi, ton époux et Thorin, pas en accort avec ce que les gens de Gwynvrynn ont décidé.
– Tu comprends vite. Thorin est l’un des seuls à avoir compris, ainsi que ton père et Arwann. Ce n’est pas parce qu’ils ont une grande responsabilité sur l’univers, que les gens de Gwynvrynn doivent se croire supérieurs en tous.
– Je saisis, dit encore Vivien en se levant et s’approchant de l’eau.
Il se retourne brusquement et demande :
– Pourquoi Balor avait-il peur de l’eau ?
– L’eau était son ennemie, car elle est source de vie, de santé. La pureté de l’eau le brûlait.
– Comment faisait-il pour se désaltérer ?
Il la mélangeait avec le suc des plantes, répond Anann. Pourtant, il fut un temps où il était semblable à vos pères. Le goût du pouvoir fut plus fort que lui, il s’est mis à jalouser mes richesses et celles de mon époux.

Thorin et son guide sont auprès de Larwence. Le jeune homme s’est levé et marche de long en large. Thorin s’approche de lui et le prend par le bras.
– Mon fils, enfin je te retrouve, dit-il.
– Qui es-tu ? dit Larwence en se dégageant de son père ;
– Larwence ! dit Thorin en poussant un soupir. Je suis ton père.
– Tu sais donc qui je suis ? demande Larwence en s’arrêtant de marcher.
– Asseyons-nous, dit Thorin. Regarde-moi, oui, je suis ton père.
Il fait asseoir le jeune homme et s’installe auprès de lui. Réfléchit un instant, pousse un soupir et déclare :
– Hélas, je dois te l’avouer, je suis un mauvais père. Je m’en repends aujourd’hui. Par faiblesse, je suis parti loin de toi.
Larwence écoute son père lui raconter son enfance avec Vivien. En entendant ce récit le jeune homme se met à pleurer et se prend la tête dans les mains.
Thorin continue son récit, lui expliquant ses progrès, son affectation à la S.A, le voyage dans le temps qu’il a fait avec Vivien, sa rencontre avec Thaïs. Brusquement, Larwence se lève, se bouche les oreilles et crie à son père :
– ARRÊTE ! Arrête, je n’en peux plus, ma tête me fait mal.
Il s’écroule à terre et pleure. Thorin s’approche de lui et le prend par les épaules.
Il se sait pas trop comment agir, le prend dans ses bras et le berce doucement.
– Larwence, mon fils, calme-toi. Que pourrais-je faire pour apaiser ta douleur ? Si tu savais comme tu étais beau lorsque tu étais bébé. Tu étais le plus bel enfant du monde. J’ai soufferts mille morts en te laissant sur Terre. Ta mère était folle de douleur. Elle ne voulait pas partir. Hélas ! Nous ne pouvions pas rester.
– Thaïs… Thaïs, murmure Larwence en se relevant. Où est-elle ? Lorsque je prononce ce nom, il me fait chaud dans le cœur. Qui est Thaïs ?
– Thaïs est en sécurité, c’est la jeune fille que tu aimes, ferme les yeux et regarde dans ton cœur, elle y est, dit Thorin avec espoir.
Larwence ferme les yeux. Des images floues défilent, il distingue un visage entouré de longs cheveux bruns. Elle lui sourit et l’appelle.
– Larwence ! dit-il. Je m’appelle bien Larwence… BALOR ! Je me souviens, où suis-je ? Où sont Vivien et Arwann ? Thaïs et les enfants et Amy et Nessa, où sont-ils, prisonnier de Balor ?
– Non, non, dit Thorin en se levant à son tour ; Balor a été tué, il n’existe plus, désintégré. Vivien est venu te chercher, il est avec Anann.
– Avec Anann ? Il est…
– Non, c’est toi qui as eu un accident, tu es chez l’époux d’Anann.
– C’est vrai, dit-il en mettant la main sur son cœur. Balor m’a touché avec son rayon.
Thorin lui narre les événements. Larwence se remet à marcher de long en large.
– Je veux voir Vivien, mène-moi à Vivien.
– Jeune homme, je suis content de voir que tu reviens à la raison, dit l’époux d’Anann en apparaissant devant eux. Je vais vous mener près de Vivien. Je vais tenir la promesse que je t’ai faite Thorin. Tu vas pouvoir repartir avec ton fils.
Larwence s’avance vers Vivien qui discute avec Anann. Il lui tape sur l’épaule, le garçon se retourne.
En riant, ils tombent tous les deux dans les bras l’un de l’autre. Ensuite Larwence va vers Anann et lui donne un baiser.
– Je suis content que tout fini bien, dit l’époux d’Anann. Je crois que l’heure est venue de repartir chez vous. Toi, mon épouse tu restes avec moi. Thorin, Vivien tenez-vous la main, fermez les yeux et concentrez-vous.
En un instant les voici tous deux revenus dans la salle commune. Vivien a à peine touché le sol, qu’il se précipite dans leur chambre et se penche sur Larwence.
Celui-ci est toujours inerte. Le jeune homme se relève. Thorin entre à cet instant dans la chambre.
En voyant l’air malheureux de Vivien il comprend. Il se met a genoux près de Larwence et l’appelle :
– Larwence, réveille-toi mon fils ! Reviens vers nous !
En reprenant de l’air, Larwence se met à gémir. Il ouvre les yeux et se demande où il est. Il voit deux personnes penchées sur lui. Il se soulève et demande :
– Qui êtes-vous ? Où suis-je ?
– Ah ! NON ! Tu ne vas pas recommencer, dit Vivien. C’est moi, Vivien, ton ami, ton frère, à mes côtés voici ton père ! Larwence ! Reviens sur Terre !
Le jeune homme pousse un soupir, se rallonge et ferme les yeux. Il est étourdi par le flot de paroles qu’a débité Vivien.
– Je crois qu’il faut le laisser se reposer, dit Thorin. Il a été gravement atteint. Le rayon de Balor est terrible. J’espère qu’il va recouvrer la mémoire rapidement.
Il se penche de nouveau sur son fils et lui touche le front.
– Il est bouillant de fièvre, faisons comme Thaïs nous a montré.

A demain si vous le voulez bien … pour la suite …

Anny M

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3 responses to this post.

  1. merci pour la lecture bon dimanche bises

    Réponse

  2. Bon matin …
    j’attends que le soleil s.étire tranquillement a l’horizon …
    passe une bonne journée bisous

    Réponse

  3. Aux Bien Fait par l’Amour ,
    Le Temps guérit les Plaies ,
    S’éveille Chaque en ces Jours ,
    Au Rayon des ses Fées.
    NéO~
    Becs d’orées.

    Réponse

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