Naissance de l’amitié ou de l’amour ?



Troisième épisode de :

En l’an 2200

Dans la tour

La plus jeune des petites filles court se réfugier dans les bras de la jeune fille.
Le garçon s’approche de Vivien, le toise de toute sa hauteur, se retourne vers sa grande sœur et lui montre Vivien du doigt.
– Tu les as fait rentrer ! T’es pas folle ? dit-il sur un ton de reproche. C’est lui que j’ai assommé, ils m’ont couru après.
– Erreur, mon grand, rectifie Vivien. Tu m’as bien assommé, j’ai encore la bosse, mais ce sont ceux de la M.E. qui t’ont poursuivi. Tu aurais dû être plus prudent. Tu ne peux pas t’imaginer ce qu’ils t’auraient fait, s’ils t’avaient pris !
– Ce ne sont pas tes enfants , remarque Lawrence à Thaïs. Tu es bien jeune.
– Ce sont, mon frère et mes sœurs. Voici, dans mes bras, Élise, qui a six ans, Lisette, qui a douze ans et Erick, qui a dix ans. Oh ! Avec tout ça, j’ai oublié que tu étais blessé.
Thaïs dépose sa petite sœur à terre et avance vers Vivien. Elle regarde sa blessure.
– Ce n’est qu’une petite brûlure, il m’a louper, dit Vivien en haussant les épaules.
– Attends, je vais chercher de quoi te soigner. Vous les enfants, restez sages. Lisette mène ton frère et ta sœur dans votre chambre. Vous reviendrez, lorsque je vous le dirai.
Tout en boudant, les enfants obéissent. La jeune fille quitte la pièce à son tour et s’en va par un couloir.
– Elle est chouette, cette fille, dit Vivien à mi-voix. Que fait-elle ici avec trois gosses ?
Lawrence n’a pas le temps de lui répondre. Thaïs revient apportant de quoi soigner la blessure de Vivien. Celui-ci est pensé rapidement.
– Vous devez avoir faim ou soif, dit-elle, nous n’avons pas eu le temps de déjeuner. Je vous invite donc à partager notre repas. Ensuite, nous nous raconterons nos aventures respectives.
Le repas est simple. A la fin de celui-ci, les enfants repartent dans leur chambre qui fait en même temps salle de jeux.
Vivien, curieux demande à leur hôtesse qu’elle est la raison de cet aménagement de vie, pourquoi hormis, elle et les enfants, il n’y a aucun habitant alentour et qui a dévasté le pays.
– Comment ne pouvez-vous ne pas savoir ? demande-t-elle étonnée par ces questions qui lui semblent absurdes. Où étiez-vous donc ? Ce fut un horrible massacre. Cela a duré huit jours pour tout anéantir ici. Mes parents ont été tués, je me souviens…
Elle ne termine pas sa phrase et part dans la cuisine cachée par un rideau.
Lawrence se lève à son tour, d’un geste il fait comprendre à Vivien de rester assis. Il suit Thaïs dans l’autre pièce, voit la jeune fille pleurer. Il la prend dans ses bras.
– N’aies pas honte de pleurer, murmure-t-il, cela fait du bien.
– Si tu savais, dit-elle en essuyant ses larmes. Le bruit des explosions, c’était infernal. J’avais ma petite sœur dans mes bras. Nous étions cachés ici dans l’attente que tout se termine. J’étais impatiente de retrouver mes parents. Lorsque tout s’est arrêté, la peur était encore plus forte. Je n’osais pas sortir, j’attendais désespérément la venue de mon père. J’attendais qu’il vienne nous chercher, mais personne n’est jamais venu. Je me suis décidée que deux jours plus tard.
Elle s’arrête de parler, pousse un soupir et reprend :
– Alors, je suis sortie en faisant promettre aux enfants de rester cachés. Des gens couraient dans tous les sens, d’autres pleuraient, d’autres encore restaient prostrés. Dehors, un spectacle désolant s’offrait à mes yeux. Je suis arrivée avec beaucoup de difficultés dans notre quartier. La maison était un amas de pierres et de cendres. Avec un horrible pressentiment encré dans le cœur, je cherchais mes parents. Un voisin m’a alors appris, qu’ils avaient été exécutés. Les habitants désertaient la ville. Je n’ai pas voulu les suivre. J’avais décidé de rester là où mon père nous avais mis en sécurité. Il m’avait fait promettre d’y rester quoiqu’il arrive, j’avais promis. Quelques jours plus tard, il n’y avait plus personne, tout le monde était parti. Nous somme restés, j’ai tenu la promesse faite à mon père.
Vivien avait rejoint Lawrence. Les deux garçons sont consternés par le récit. Ils avaient sans s’en apercevoir ouvert une porte.
Thaïs pouvait enfin respirer de l’air pur.
– Et cette odeur de mort, continue-t-elle tristement. Je me souviens encore des cris des blessés… personnes n’est venu nous porter secours, comme si Gisors avait été coupé du reste du monde. Je fais des cauchemars toutes les nuits, ils me rappellent ces jours là. Depuis le désastre, notre vie est devenue une lutte continuelle. Nous sortons avec la peur d’être découvert. Erick a été imprudent ce matin.
Elle s’arrête de parler un instant et regarde les garçons tour à tour.
– S’il vous plaît, resté avec nous ! C’est très grand, ici. Tous les aménagements ont été faits pour accueillir beaucoup de monde. Il y a d’autres salles dans les souterrains, des pièces arrangées en chambres. C’est mon père et plusieurs de ses amis qui ont agencé cette tour en véritable refuge. Il était le maire de la ville, il avait prévu ce qui est arrivé. Il y a tout ici, des réserves de nourriture, plus qu’il n’en faut pour trois adultes et trois enfants. Dites-moi oui, vous me paraissez honnêtes, bons, francs et loyaux. Je ne sais pas d’où vous venez, mais que m’importe ! Devenez mes amis, j’ai tellement besoin de quelqu’un à qui parler.
Thaïs se tait, baisse la tête, se sèche ses joues, mouillées de larmes du revers de la main. Elle est confuse de cette confession.
– Excusez-moi, je dois vous paraître ridicule à vous raconter tous mes malheurs. Vous avez certainement d’autres préoccupations plus importantes que les miennes.
– Thaïs, dit Lawrence en la serrant dans ses bras et en l’écartant la seconde suivante. Si nous sommes ici…, cela n’était pas prévu dans notre voyage, il est vrai. Mais, j’ai bien l’impression, qu’il nous soit impossible de retourner en arrière.
Il se tourne vers Vivien.
– Qu’en penses-tu, toi ?
Sans attendre la réponse de son ami.
– Thaïs, en qu’elle année sommes-nous ? Depuis quand, Gisors a été détruit ?
– Nous sommes en 2200, Gisors a été rasé, il y a de cela, cinq ans. Élise avait un an. Pourquoi me demandes-tu cela ? Je ne comprends pas.
Sans répondre à la question, Lawrence entraîne Thaïs et Vivien dans la salle, tous s’assoient autour de la table.
Le jeune homme semble absorbé dans ses pensées. Vivien se lève brusquement de sa chaise en pointant son doigt vers le jeune homme :
– Ne me dis pas que tu penses à ce que je pense !
– Si tu penses que nous avons fait un bon dans le temps, tu as gagné ! dit Lawrence
– Ouais ! Un sacré bon ! Si je compte bien…
– Cent un ans ! dit Lawrence. Exactement cent un ans ! Je n’en reviens pas ! Inutile de te dire qu’il nous ait impossible de repartir. Nous n’avons plus qu’une chose à faire, rester ici. Mais avant, réfléchissons bien à ce que nous allons faire. Thaïs, nous acceptons de vivre avec toi. Tu nous as bien dit que tout ici a été aménagé, pour tenir un siège.
La jeune fille fait oui, de la tête.
– Voilà, pour le moment, nous allons retourner à la navette. Non, ne t’inquiète pas, nous allons revenir. Il nous faut, tu vas le comprendre. Il nous faut absolument détruire l’engin et rapporter certains systèmes électroniques qui pourront, nous servir ici en cas de besoin. Nous devons y retourner très vite, si les hommes de la M.E. trouvaient la navette, ce serait catastrophique. J’espère pour nous, qu’il n’y avait que trois de ces crapules dans le secteur. Toi, tu vas rester sagement ici. Fais en sorte que les enfants ne sortent pas. Nous reviendrons demain matin.

La navette détruite, les deux garçons transportent tout le matériel technique dans les sous-sols du donjon. Là, ils découvrent un ingénieux système électrique.
L’électricité de la tour est fournie par une petite rivière souterraine, qui passe sous l’édifice. Le déménagement dure deux jours sans qu’aucun homme de la M.E. ne les attaque.
Le soir du dernier jour de déménagement, si l’on peut dire, Thaïs a préparé un bon repas afin de faire honneur à ses nouveaux amis ; elle est heureuse. Elle leur installe une chambre dans une de celles qui se trouvent creusées autour de la salle commune.
Comme l’a dit la jeune fille toute la tour est aménagée pour y vivre. Sur le même plan, il y a la grande salle ronde, dans un renfoncement il y a la cuisine.
Les enfants sont logés dans une salle creusée dans la muraille, comme celle des garçons. Celle de Thaïs est au bout d’un couloir se trouvant en face de l’entrée.
Il y a dans ce couloir trois pièces, la chambre de la jeune fille, une autre pièce, pouvant servir de chambre et une petite salle de bain avec une baignoire.
A gauche de l’entrée, un escalier monte aux étages supérieur, là se trouve encore un dortoir.
L’escalier continue jusqu’à une plate-forme qui surplombe la vallée de l’Epte.
Dans les souterrains d’autres pièces servent de garde-manger, d’autres en cas d’invasion peuvent servir de refuge. C’est dans une de ces pièces, que les garçons ont installé leur salle de garde.

Pour la suite à demain si vous le voulez bien …

Anny M

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One response to this post.

  1. a demain annie je vais pas tarder à eteindre bises

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