Sans bruit une nouvelle aventure arrive



En l’an 2200

BIEN AVANT L’HISTOIRE

Janvier de l’année 2093, vingt et une heures. Il fait très froid. Conséquence de cette tempête de neige qui a durée toute la journée. Tout près de la forêt dans la vieille maison on fête le cent quarante septième anniversaire de la propriétaire. Cette dame à l’allure d’une jeune femme est entourée de toute sa famille et de beaucoup d’amis venus des quatre coins de la Terre.

AMY

– Raconte-nous une histoire, Amy ! dit quelqu’un.

– Je vais vous conter l’une de mes aventures, répond-elle d’une voix douce, après que le silence soit installé. Voyons…, voyons…, je crois qu’il y a bien…, cent ans de cela.

Elle s’installe dans un fauteuil, pendant que les invités se mettent autour d’elle. Amy commence à conter son histoire:

– L’air est frais, il est huit heures du matin c’est le premier novembre. Je suis à un arrêt de bus devant la gare de Rennes J’arrive de Bar-sur-Loup un petit village provençale. Je dois me rendre à Paimpont et participer à une cérémonie druidique dans la forêt de Brocéliande. Hélas pour moi, il n’y a pas de bus le dimanche. Je suis dépitée.

Amy se lève pour remettre une bûche dans le feu. Se rassoit et continue son récit.
– Comme vous vous en doutez, je suis arrivée en retard. La cérémonie était terminée. Je repars dans la soirée. Je dois continuer ma route et me rendre à Concarneau; dans une famille amie. C’est une promesse que j’ai faite et une promesse doit toujours être tenue. Étant peu argentée, je décide de m’y rendre en faisant du stop, en ce temps là le stop était courant. Un ami me conduit à la sortie de Vannes. Arrivée à cet endroit il m’est impossible d’avoir un véhicule. La nuit est bien avancée. Je décide donc de prendre mon courage à deux pieds et je me mets en route. J’emprunte une route parallèle à la voie rapide. J’arrive à un croisement. Je m’approche du panneau indicateur. Mon regard accroche un nom, St Anne d’Auray. Je prends cette direction. L’odeur des feuilles mortes, des champignons, de l’herbe mouillée vient me chatouiller les narines. Je marche d’un bon pas. Je suis heureuse, je me sens libre comme l’air. Le silence qui m’enveloppe, bruit de mille façons, j’écoute respirer la nature. Je traverse le village de Mériadec endormi. A la sortie de celui-ci me voici de nouveau entourée d’arbres. Il fait ni nuit ni jour et l’air est doux. Je lève la tête, la lune est toujours au-dessus de moi. Elle semble ne pas bouger. Cela me paraît étrange. Malgré cela j’avance toujours de bons pas et grands pas. Tout à coups mon regard est attiré par une petite forme ronde et noire au milieu de la route. Je m’approche et me baisse. C’est Maître Hérisson qui fait sa promenade. Je le touche, il se met en boule. Je lui parle, je lui fais comprendre que je ne veux pas lui faire de mal. C’est alors que d’une petite voix il me dit :
– Laisse-moi me présenter. Mes amis me nomment Ericius. Je savais que tu allais passer par là. Tu es juste à l’heure !
Je suis très étonnée d’entendre un hérisson me parler. Je le prends dans mes mains. Je sens son petit ventre chaud, ses petites pattes s’accrochent à mes doigts. Il me dit encore :
– Je te vois surprise. Il ne le faut pas. Dis-toi bien qu’aux temps de la Samain tout peut arriver. Allons, mets-moi de l’autre côté de la route et disons-nous au revoir. Tu dois continuer ton chemin !
– Je le dépose doucement sur l’herbe et le salue. Je reprends ma route. Un oiseau lance son cri dans le silence, il répond à un de ses frères lointains. La musique de l’eau venue des ruisseaux me charme, c’est la musique de la vie sur Terre me dis-je. Je respire grandement, je n’ai pas froid. L’air sent bon. Je me sens le cœur léger et grand ouvert. Je sens des présences autour de moi, mille petits bruits. Maintenant lorsque l’on me parle du silence de la nuit, je ne dis rien et je souris gentiment. Mes sens sont en éveil. Je n’ai pas peur, mais intriguée. Je continue de marcher et j’attends

Une des invitées serre du café et du thé, Amy prend une tasse de café et le boit lentement, repose la tasse et continue son récit:
– Soudain une forme humaine et lumineuse me prend la main et marche à mes côtés. Je la regarde. Je ne ressens aucune crainte, la personne qui est près de moi est toute amour. Je comprends brusquement que je ne suis plus dans notre monde, mais dans l’autre. La porte s’est ouverte. Je l’espérais mais je n’osais y croire. Il fait ni chaud ni froid, je suis heureuse. Alors je m’arrête, je me tourne vers l’être et je lui dis bonsoir et je me mets à chanter. Les paroles me viennent sans difficulté.

Ô ! Nuit entourée de silence.
Ô ! Nuit de la naissance.
Ô ! Nuit de l’initié.
Ô ! Nuit d’éternité.
Nuit ou l’âme et le corps se confondent.
Où l’on perçoit, où l’on répond.
Où l’on attend, où l’on reçoit
Le don des dieux, ce don de joie,
Où l’on s’unit avec l’amour,
Avec ce qui devient le jour !

Le chant terminé nous reprenons notre route. Je n’ai aucune notion de l’heure qu’il peut être. Derrière les arbres j’entends de la musique et des chants. Ils sont magnifiques, j’en ai les larmes aux yeux. Je regarde mon compagnon de route.
– Tu peux, si tu le veux dépasser les arbres, me dit-il.
Je lui explique que je dois aller rendre visite à des amis; l’être reste muet. Nous continuons d’avancer. Nous voici arriver aux abords d’une agglomération. La pancarte indique St Anne d’Auray, nous traversons l’agglomération. L’être lumineux guide mes pas. Il m’indique une route qui nous mène tout en haut d’une colline boisée. Dans l’air qui nous entoure un parfum subtile est en suspend. Nous traversons maintenant le village de Brech. Mon compagnon me fait prendre une autre route à la sortie du village, la musique et les chants nous suivent toujours. Une irrésistible envie d’aller voir derrière la frondaison vient de s’abattre sur moi. Je résiste, je dois aller à Concarneau. L’être lumineux me prend alors dans ses bras et me parle d’une voix douce :
– Nous allons bientôt nous quitter, mais avant je vais te dire mon nom, je me nomme Arwann. Il y a longtemps que je te connais. Je suis heureux que tu aies résisté à la musique. Tu es très forte, le sais-tu ? Tu vas bientôt sentir une grande fatigue, ne t’en inquiète pas ce sont les effets qui surviennent lorsque l’on retourne dans ton monde. Continue d’aider les êtres humains comme tu le fais mais pense aussi à toi-même. Je te fais la promesse qu’un jour nous serons réunis de nouveau et cela pour toujours. Je t’accompagne encore un moment.
– Je commence à me sentir très lasse, mes pieds me brûlent comme si je marchais sur des braises. Je suis habituée à faire de longues marches, mais il ne m’était jamais arrivé d’être aussi fatiguée. Je ne peux pas stopper ma marche, car si je m’arrête une torpeur me prend et je me sens tomber, alors je me secoue avec violence et hargne. Arwann me soutient. J’aperçois un panneau. Il m’indique Auray. Je pousse un soupir et je lève la tête, la lune est toujours juste au-dessus de nous. Je suis maintenant aux portes de ce port. Arwann me prend le bras et me dit :
– Le temps de la séparation est arrivé. Je te souhaite un bon voyage. Souviens-toi que nous sommes appelés à nous revoir !
Doucement il me serre contre lui, me pose un baiser sur les lèvres, s’écarte de moi, pose sa main sur ma tête en geste de protection et reprend le chemin en sens inverse. Je le regarde s’éloigner avec un petit pincement au cœur; il me manque déjà. Il se retourne, me fait un signe de la main et disparaît. Maintenant il fait nuit. Je suis triste. Je lève la tête, je ne vois plus la lune. Les lumières du port sont devant moi. J’entre dans Auray, le travers et me dirige sur Concarneau. J’arrive chez mes amis dans la matinée. Mes enfants, jamais je n’oublierai cette nuit là.
-Et tes pieds, demande un petit garçon.
-Mes pieds ? Après une bonne nuit de repos je n’y ai plus pensé.
Arwann s’approche d’elle. Elle lui dit dans un sourire:
– Viens près de moi mon cher amour.
Puis s’adressant de nouveau à ses invités.
– Je vous remercie d’être venus à cette fête. Et comme toutes festivités se terminent, la musique est de mise.
C’est alors qu’une mélodie se fait entendre. Elle vient de partout à la fois. Elle est tantôt forte, tantôt douce. En prédominance le son d’une harpe. La ballade entre dans les cœurs, dans les esprits. Elle fait voir le jaillissement d’une source, jaillissement de perles de cristal. Un doux et subtil parfum se propage dans la pièce.

A demain pour la suite si vous le voulez bien…

Anny M

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2 responses to this post.

  1. bien sur à demain si mon ordi marche ! lol

    Réponse

  2. Je retrouve chère Amie tous les détails……cette expérience a été faite par de multiples personnes. J’en ai vu des témoignages sur des liens qui parlent d’extra terrestres, d’êtres de Lumière, de la façon de se présenter.. Dans Cocoon par exemple au bord de la piscine, dans une soirée, ils se présentent aussi de cette façon, en enlevant leur combinaison de peau humaine. Par contre pour le hérisson, c’est le premier témoignage . J’attends la suite….
    Pour Ar Wann cela me remet aussi à Obi Wann Ken Obi.
    Pour le détails , tu sais de quoi je parle..

    Réponse

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