angoisses et craintes



Dixième épisode :

La ville

LA PEUR EST DANS LA DEMEURE

Quelques heures se sont écoulées. La nuit a étendu son voile sombre sur la ville. Ariadne s’est fait apporté un léger repas ; elle ne veux pas quitter son amie. Celle-ci s’éveille en sursaut. Ariadne s’approche du lit.
Adeline en se soulevant fait une grimace de douleur, son dos la fait souffrir, mais la fièvre est tombée.
– Je dois me lever, dit-elle à Ariadne. Je dois aller à la réunion, c’est important. Si je ne suis pas là, Wilhelm va se demander pourquoi. Ariadne, aide-moi à m’habiller. Où est Florien ?
– Il est parti, il avait des gens à protéger, répond Ariadne. En essayant de retenir son amie. Il sera à la réunion, sois en sûre. Adeline, ce ne serait pas raisonnable d’y aller. Il faut te reposer.
La jeune fille lui fait non de la tête et repousse son amie. Elle se lève avec difficulté. Une fois debout, elle s’appuie au dossier de la chaise sur laquelle Ariadne était assise. Elle lutte contre la douleur.
Elle s’aperçoit alors, qu’elle n’est pas dans sa chambre. Pendant quelques secondes, elle se trouve désorientée. Ariadne comprend qu’elle ne pourra pas la faire changer d’avis, elle pousse un soupire.
– Ne bouge pas, dit-elle. Je vais aller te chercher des vêtements. J’en profiterai pour voir alentour si personne n’est là pour nous espionner. Florien m’a prévenue que nous allons être surveillés encore plus, après ce qu’il a dit à sa mère.
– Qu’a-t-il dit à sa mère ?
– Il l’a chassé d’ici et a fait avouer son méfait à la femme de chambre. Ne bouge pas, je reviens tout de suite.
Ariadne partie, la jeune fille s’est assise sur le bord du lit. Soudain elle sursaute en entendant quelqu’un crier et des bruits de pas de course dans le couloir.
Quelqu’un s’arrête devant la porte et l’ouvre. Ariadne entre dans la pièce. Elle est très pâle et affolée. Elle referme la porte et s’appuie dessus quelques secondes, ensuite elle donne les vêtements à Adeline et s’assoit sur la chaise en pleurant.
– Ariadne, qu’as-tu ? Arrête de pleurer, explique-moi, que se passe-t-il ? Est-ce toi qui as crié ?
Ariadne se relève de la chaise et essaie de se calmer. Elle respire profondément et repousse doucement Adeline qui la tient par le bras.
– Laisse-moi, je vais mieux, dit-elle. Habille-toi vite, attends, je vais t’aider ; Il faut que tu partes d’ici, tu es en danger.
– Pourquoi partir ? demande Adeline. Que se passe-t-il ? Où irais-je ?
– La femme de chambre est morte, on l’a égorgée. Tu ne peux pas rester ici.
– Il faut prévenir Florien, dit Adeline en s’habillant, aidée par Ariadne. Quand à moi, je ne pense pas que je craigne quelque chose, si j’avais dû être tuer l’assassin l’aurait déjà fait. Il faut vraiment que je sois là-bas cette nuit. J’ai encore du travail à faire. Je pars tout de suite. Tu vas venir avec moi. Je ne veux pas te laisser seule ici. Je pense que Florien est là-bas. Nous discuterons de ce qui est arrivé et après nous aviserons.
Elle pousse un gémissement.
– En premier, continue-t-elle. Il faut fermée la chambre de cette pauvre fille et ne toucher à rien. Tu n’as rien touché, j’espère !
– Non, je n’ai rien touché, la porte était ouverte, la lumière aussi. J’ai regardé dans la chambre et je l’ai vue allongée, baignant dans son sang. C’était affreux.
Ce qui fut dit fut fait. Arrivées près des panneaux du passage secret, les deux amies entendent des pas se rapprochés rapidement.
De peur, elles se serrent l’une contre l’autre. Elles poussent un soupir de soulagement en voyant Wilhelm arriver. Celui-ci surpris par leur attitude leur demande :
– Qu’avez-vous donc toutes les deux ? Adeline tu es bien pâle, qu’as-tu ? J’ai entendu des rumeurs au sujet du château, je me suis dépêché de venir.
– Une femme de chambre a été assassinée dans sa chambre. Nous avons fermée celle-ci à clef, répond Adeline. Nous ne savons pas quoi faire. Il y a un assassin qui rôde dans les couloirs.
– Ariadne, il te faut rester ici et alerter les gardes, dit-il après les avoir écouté et mené dans le petit salon. Adeline tu restes avec elle.
– NON ! s’écrie Ariadne. Elle ne doit pas rester là. Elle est en danger ! s’exclame Ariadne.
– Mais, pourquoi ? demande le garçon. Que s’est-il passé ? Adeline répond-moi.
En lui posant la question, il met la main sur l’épaule de sa compagne, celle-ci fait une grimace.
– Qu’as-tu ? Je vois bien que tu as mal, dit Wilhelm en fronçant les sourcils. Que s’est-il donc passé ? Répond-moi.
– Je me suis disputée avec cette femme devant d’autres domestiques. Si je reste on va me soupçonner de l’avoir tuée. Je pense qu’il faut avertir Florien. Il ne faut pas…, en aucun cas, il ne faut annuler la réunion.
– Pourquoi t’es-tu disputée avec elle ? demande-t-il.
– Elle avait volée des bijoux à Ariadne, répond Adeline en regardant celle-ci qui acquiesce de la tête.
Florien entre à cet instant dans la pièce. Wilhelm le met au courant de l’assassinat. Un domestique entre à son tour, et leur déclare après les avoir saluer :
– Monsieur le chef de la police est là.
– Faites-le entrer, ordonne Florien.
L’homme est à peine entrer dans la pièce que Florien, l’apostrophe sur un ton sévère :
– Ce n’est pas trop tôt ! Cela fait une heure que nous vous attendons ! Wilhelm va vous conduire sur le lieu du crime. Une de nos femmes de chambre s’est faite tuée. Faites en sorte d’emporter le corps et que l’affaire soit réglée promptement. Il est sûr que c’est un de ses amants qui a fait cela. J’ai vu un homme s’enfuir par les jardins en arrivant tout à l’heure.
Le chef de la police ne sait que dire. Il avait entendu une autre version de l’histoire et était venu piéger les jeunes gens. Devant l’autorité de Florien il se fait tout petit. Il le salue militairement et sans un mot suit Wilhelm.
Une heure plus tard, le jeune homme revient suivi du policier, qui déclare à Florien :
– J’ai fait enlever le cadavre. Mes hommes vont fouiller la ville.
Il termine sa phrase en saluant et quitte la pièce. Le policier parti, les jeunes gens pousse un ouf de soulagement. Florien dit alors, d’une voix forte, au grand étonnement des deux jeunes femmes.
– Je crois qu’il est l’heure d’aller nous coucher.
– Tu as raison, je vais aller dormir, Tu viens, Adeline ? réplique Wilhelm en entrant dans son jeu et s’approchant de la porte sans faire de bruit.
Il ouvre la porte brusquement et tombe nez à nez avec un homme entrain de les espionner. Le curieux essaye de s’échapper, mais le jeune homme le rattrape et l’entraîne vers Florien. L’homme tremblant de peur se met à parler sans que personne ne lui demande quoi que ce soit.
– Ne me faites pas de mal. Je vous dirai tout, elle a été tuée par un garde de la porte Est. Il doit revenir demain pour tuer Mademoiselle. Il n’a pas pu aujourd’hui, Madame lui a fait peur en sortant de sa chambre. C’est moi qui dois lui ouvrir la porte de la petite cour.
L’homme se jette aux pieds de Florien.
– Vous êtes combien à nous espionner ? demande le jeune homme.
– Je ne sais pas, répond l’homme. Ils nous tiennent tous d’une façon ou d’une autre.
– Wilhelm, tu emmènes cet homme au Trou d’Odin et tu ramèneras des hommes du groupe pour qu’ils s’occupent des domestiques rapidement, dit-il après avoir réfléchi. Je t’attends ici.
Son ami parti, il s’approche d’Adeline restée debout derrière Ariadne, il la fait asseoir et lui dit :
– Tu devrais aller te reposer. Ne reste pas ainsi, tu te fatigues.
– Non, je ne peux pas, comme j’ai dit à Ariadne tout à l’heure, j’ai encore du travail à faire et il n’y a que moi qui puisse le faire. Je tiendrai le coup, ne t’en fais pas.
Une demi heure plus tard les hommes du groupe se déploient dans tout le château et appréhendent tous les domestiques et les emmène dans le lieu souterrain appelé le Trou d’Odin.
– Bien ! Cette question étant réglée, dit Florien. Demain nous allons tendre un piège à l’assassin. Quelques hommes vont restés ici, le temps de la réunion. Ariadne, tu vas aller dans la chambre et t’enfermer. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Il y a des domestiques qui ne sont pas encore là. Adeline, tu nous suis, ça va ?
La jeune femme lui fait oui de la tête.
L’assemblée se termine enfin, il est quatre heures du matin. Tout le monde est parti, il ne reste que Florien, Wilhelm et Adeline. Elle est épuisée, la douleur de son dos, devient insoutenable, elle se sent défaillir et s’appuie contre le mur.
Wilhelm remarque sa faiblesse, inquiet, il lui demande en s’approchant d’elle :
– Qu’as-tu ?
Elle le regarde et s’écroule évanouie, il a juste le temps de la retenir. Florien se précipite vers eux.
– Qu’a-t-elle ? Dis-le moi, demande Wilhelm.
– Portons-là à sa chambre, répond Florien. Je savais bien qu’elle n’aurait pas dû venir. Là-haut, je t’expliquerai ce qui s’est passé réellement. Elle n’a pas voulu que tu le saches.
– Elle n’a pas voulu quoi ? demande le jeune homme en prenant sa compagne dans les bras.
– Ne pose plus de questions et avance. Je donne les derniers ordres aux hommes de garde et j’arrive. TOI, tu attends que je revienne. TU ne fais rien avant. TU m’as bien compris !
Wilhelm remonte vers le château Adeline dans ses bras.
Arrivée dans sa chambre et déposée sur son lit, elle reprend conscience.
– Je vais bien, dit-elle au jeune homme d’une voix faible. Ce n’est pas grave, c’est un simple étourdissement.
Arrête ! réplique Wilhelm la voix chargé de colère. Ne me raconte pas d’histoire. Je sais très bien que tu mens, mais je ne sais pas pourquoi. Alors, j’attends une explication. Tu as une fièvre de cheval, que t’es-t-il arrivé ?

A demain si vous le voulez bien …

Anny M

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2 responses to this post.

  1. oui a demain bises

    Réponse

  2. si je me souviens bien au début lorsqu’il a fallu enlever la balle, c’était Adeline qui a enlevé la balle et Ariadne qui a le don de guérison.. Pourquoi ne le met elle pas au service d’ Adeline ? A moins que je ne confonde avec une autre histoire..

    Réponse

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