Découverte de la vrai personnalité de la mère de Florien



Neuvième épisode :

La Ville

ACCUSATION ET INJUSTICE

Ariadne et Adeline sont en train de deviser tranquillement. Cela fait une semaine que Florien et Wilhelm sont partis. Ils doivent revenir le soir même. La femme du gouverneur suivie de deux gardes, fait éruption dans le petit salon.
Elle s’approche d’Adeline, lui donne une gifle magistrale et la force à se mettre à genoux avant qu’Ariadne puisse réagir. Elle fait signe aux deux gardes d’avancer.
Ils empoigne la malheureuse et l’entraîne hors de la pièce.
– MÈRE ! Que faites-vous ? demande Ariadne revenue de sa stupeur. Pourquoi traitez-vous Adeline de cette façon ? Elle n’a rien fait de répréhensible à ce que je sache !
– Rien de répréhensible ! Allons dans sa chambre, vous vous rendrez compte par vous-même ! Elle vous a endormie avec de belles paroles.
Elle prend la main d’Ariadne et l’entraîne sans ménagement vers la chambre d’Adeline. Elle se dirige comme si elle connaissait les lieux et pour cause, elle est bien renseignée.
Arrivée là, elle va tout droit vers la commode, ouvre un tiroir et en retire un coffret.
Elle le montre à Ariadne qui reste muette de stupéfaction devants les agissements de sa belle mère. Elle regarde dans le coffret et reconnaît certains bijoux qui avaient disparus.
Elle les avait cherchés mais n’avait rien dit de crainte d’accuser quelqu’un d’innocent. Pourtant devant cette preuve irréfutable accusant son amie, le doute persiste dans son esprit.
– Comment avez-vous su qu’ils étaient là ? demande-t-elle à la mère de Florien. Je vois mal Adeline faire une chose pareille. Je suis sûre qu’elle n’y est pour rien, c’est un piège. Je sais que dans ce château nos faits et gestes ne vous sont pas inconnus.
Sans dire un mot, sa belle-mère l’entraîne dans la salle de réception où se trouve Adeline et les gardes, ainsi que la femme de chambre.
En voyant celle-ci Ariadne comprend tout. Elle veut disculper son amie, mais la femme du gouverneur se met à interroger Adeline tout en lui montrant le coffret.
– Connais-tu ceci ?
– Oui, répond Adeline. C’est le coffret qu’Ariadne et Florien m’ont offert.
– Appelle mon fils et son épouse, Monsieur et Madame. Je ne tolère pas ces manières. Pas de familiarité entre les domestiques et leurs maîtres.
Elle lui montre ensuite les bijoux.
– Connais-tu ceci ?
– Je n’ai jamais vu ces bijoux, répond Adeline.
– TU es une menteuse ! dit-elle, en la giflant de nouveau. Nous avons trouvez, Ariadne et moi, ces bijoux dans ta chambre. Elle peut te le dire. De plus cette jeune femme t’a vu les cacher.
Elle fait signe à la femme de chambre de s’approcher. Celle-ci ne demande pas mieux que de répéter ce qu’elle a déjà dit, en savourant ainsi sa vengeance.
– Je l’ai vue s’emparer des bijoux, c’était un matin. Madame était au jardin et j’ai vu cette fille aller dans sa chambre et les mettre dans le coffret et le cacher dans le tiroir de sa commode.
Adeline se rue sur la jeune femme entendant cela. Elle l’empoigne par les cheveux avant que les gardes aient pu intervenir.
– Tu sais très bien que je n’ai rien fait, crie-t-elle. Sale menteuse ! Tu…
Les gardes se précipitent sur Adeline et la molestent. Adeline se débat, un garde lui donne un coup sur la tête. Ariadne se jette sur l’homme qui a frappé son amie. Elle lui crie après. Ensuite elle se retourne vers sa belle-mère.
– ARRÊTEZ ! Arrêtez, ne lui faite pas de mal ! Mère, il est impossible qu’elle ait fait ça, je le lui…
– ASSEZ ! Ariadne ! rétorque la femme du gouverneur. Cette fille doit être punie pour ce qu’elle a fait. Vous êtes trop gentille avec elle.
Elle s’adresse ensuite aux gardes.
– Emmenez-la dans la cour et donnez lui cinquante coups de fouet. Faites en sorte que tous les domestiques soient rassemblés pour assister à la punition. Cela leur apprendra qu’il ne faut pas faire d’impaires. La sentence accomplie, vous remettrez la condamnée dans le quartier des filles, qu’elle n’aurai jamais du quitter.
D’un geste elle fait signe aux gardes d’emmener Adeline. Celle-ci se débat et crie son innocence.
La femme de chambre jubile et part chercher les autres domestiques pour qu’ils assistent à la sentence.
– Mère, écoutez-moi, dit Ariadne ; Adeline est innocente. Ne lui faites pas de mal, arrêtez cette torture, MÈRE !
– NON ! répond sa belle mère d’une voix rude. Cette fille doit être punie comme elle le mérite. Ce sera un exemple pour les autres. Je déteste les voleuses. Venez avec moi, nous allons regardez par la fenêtre si la sentence est bien appliquée. Allez ! Ariadne ! Relevez-vous. Il vous faut être beaucoup plus dure avec les domestiques.
Ariadne se relève, elle est accablée de tristesse. Elle voit réellement la vraie personnalité de cette femme, aussi cruelle que le gouverneur son époux. Celle-ci l’entraîne vers la fenêtre qui donne sur la cours intérieur du château.
Des larmes coulent sur les joues d’Ariadne, mais elle ne s’en aperçoit pas. Elle voit son amie le dos dénudé, attachée à un pilier.
Au premier coup de fouet Adeline serre les dents, mais aux suivants, la douleur devenant intolérable, elle se met à hurler. Ariadne ne peut en voir plus, elle s’écarte de la fenêtre et part en courant, échappant à ce spectacle odieux. Avant de sortir de la salle, elle se retourne.
– JE VOUS HAIS ! hurle-t-elle à sa belle-mère. JE VOUS HAIS TOUS !
En sortant elle bouscule Florien qui vient d’arriver. Il est surpris par l’attitude de sa jeune femme. Il va pour la suivre, un hurlement se fait entendre, il voit sa mère à la fenêtre.
– Mère, questionne-t-il. Pourquoi Ariadne était-elle dans cet état ? Qui hurle ainsi ?
– Votre épouse est d’une sensibilité incroyable, répond sa mère. Voyez, je fais fouetter une voleuse, cette Adeline et elle part en courant.
Florien se penche à la fenêtre, voit la jeune fille se faire torturée, il pâlit de colère, il se retourne vers sa mère.
– Je ne veux pas de ça chez nous ! hurle-t-il. Qu’avez-vous fait ? Ils vont la tuer !
Il la bouscule, sort rapidement du salon, court dans les couloirs, dévale les escaliers, arrive dans la cour, arrache le fouet des mains du bourreau et le fouette à son tour en hurlant :
– ALLEZ-VOUS EN ! RETOURNEZ DANS VOS TANIÈRES !
Devant la fureur du jeune homme les gardes et les domestiques s’enfuient. Florien détache Adeline inconsciente.
Il la prend dans ses bras et l’emporte auprès d’Ariadne, dans leur chambre. Il la dépose sur le lit.
– Prends soin d’elle, dit-il. Moi j’ai deux mots à dire à ma mère.
De retour dans le grand salon, il voit sa mère assise dans un fauteuil. La femme de chambre est auprès d’elle. Il s’avance vers elles.
– J’aimerai savoir pourquoi vous avez fait subir cette torture ignoble à Adeline, demande-t-il à sa mère d’une voix où gronde la colère. Qu’a-t-elle donc fait de si grave pour l’avoir punie de cette façon atroce ?
– Ce qu’elle a fait ? répond-elle, offusquée par la question de son fils, tout en se levant. Sachez qu’elle vous a volé des bijoux. Personne ne s’en serait aperçu. Heureusement pour vous qu’il y a dans cette maison, une personne qui l’a dénoncée. La voici, elle est à mes côtés.
– Qu’avez-vous à me dire ? demande-t-il à la jeune femme, d’une voix sévère. Il me semble vous connaître d’une autre façon que ma mère. Ne devriez-vous pas rester dans votre chambre pendant un mois ?
– Oui, répond la jeune femme avec aplomb. Madame m’a donné l’autorisation de sortir.
– FAUX ! dit Florien. Vous mentez. N’est-ce pas vous que mon épouse a surprise en pleine nuit, faisant des signaux à je ne sais qui à cette fenêtre ? N’est-ce pas vous qu’Adeline a enfermée dans votre chambre sur l’ordre de mon épouse ? N’est-ce pas vous qui avez menacé ADELINE ? Alors, je vous écoute. MAIS, seulement la VÉRITÉ !
La jeune femme se met à trembler de tous ses membres en se voyant découverte. Elle baisse la tête, la relève aussitôt et dit :
– Vous voulez la vérité et bien je vais vous la dire. Oui, c’est bien moi que Madame a surprise. Vos parents m’ont demandé de leur rapporter vos faits et gestes. Oui, c’est moi qui ai volé les bijoux que j’ai cachés dans le coffret de Mademoiselle. Je voulais la voir souffrir comme moi, je souffre. Comme votre mère me fait souffrir. Elle et votre père ont emprisonné mes parents.
Elle pointe son doigt vers la mère de Florien qui reste silencieuse et regarde d’un air dédaigneux la jeune femme.
– Mère, déclare Florien d’une voix calme et froide. Je vous ordonne de quitter ma demeure. Plus jamais, m’entendez-vous bien. Plus jamais vous ne reviendrez ici. Laissez-nous, laissez-nous rendre justice des méfaits commis sous notre toit à Ariadne et à moi.
Il regarde sa mère partir. Celle-ci s’en va en pinçant les lèvres et sort de la salle sans dire un mot.
– S’il vous plaît, demande la femme de chambre, une fois la mère partie. Protégez mes parents. Votre père et votre mère vont les tuer. Comprenez-moi, c’est pour les sauver que j’ai fait cela.
– C’est pour cela que vous avez volé ? demande Florien.
La jeune femme lui fait non de la tête. Il la regarde d’un air triste et soupire.
– Je vais intervenir dès ce soir pour vos parents. Mais vous, allez dans votre chambre et n’en bougez pas, on viendra vous chercher.
La femme de chambre fait une petite révérence et sort de la salle. Resté seul Florien frappe le mur de son poing dans un geste de colère. Quelques instants plus tard, redevenu calme, il retourne auprès d’Ariadne. Il regarde sa jeune épouse penchée sur Adeline. Il s’approche d’elle.
– Comment va-t-elle ? demande-t-il.
– Elle n’a pas encore repris connaissance. Je suis inquiète, elle a beaucoup de fièvre et je ne peux rien faire. Je suis épuisée. Les événements m’ont vraiment perturbée.
Adeline se met à geindre, ouvre les yeux et distingue deux formes humaines penchées sur elle. Elle pousse un cri et essaie de se protéger. Florien la prend doucement par les épaules.
– Calme-toi, c’est nous, Adeline calme-toi, voilà…, c’est mieux.
La jeune fille se blottit contre Florien en se mettant à pleurer. Son dos la fait souffrir. Le jeune homme la berce.
– Ne craint plus rien. Plus personne ne te fera du mal. Il faut te reposer, tu as de la fièvre. Dormir est le meilleur moyen de guérir. Ariadne va rester près de toi. Moi je dois m’occuper de deux personnes. Il me faut les protéger contre mes parents. Il faut aussi que je travaille sur la réunion de cette nuit. Wilhelm doit bientôt arriver.
– Ne dites rien à Wilhelm, ne lui dites pas ce qu’ils m’ont fait.
Elle s’endort sur l’épaule du jeune homme. Il la couche doucement sur le côté.
– Pourquoi ne veut-elle pas que Wilhelm soit informé ? demande Ariadne.
– Elle a raison, répond Florien. Elle connaît son caractère. Elle sait très bien que sa réaction pourrait être catastrophique pour le projet s’il savait. Il ne faut rien lui dire pour le moment.
– Je suis très malheureuse de n’être pas en possession de toutes mes forces, dit Ariadne. Je le déplore.
– Ne t’en veux pas, dit-il en lui posant un baiser sur la joue. Fais ce que tu peux, tu as tellement d’amour au fond de toi. Adeline va se rétablir rapidement, j’en suis sûr, finit-il en la prenant dans ses bras. Je dois vous quitter, Ariadne fais attention à ce que tu dis ou tu fais, après ce qui vient de se passer, ils vont nous espionner encore plus, j’ai réussi à faire avouer la femme de chambre et j’ai chassé ma mère du château, je ne veux plus qu’elle revienne ici.
Il lui donne un dernier baiser et sort de la chambre

A demain pour la suite, si vous le voulez bien …

Anny M

Publicités

3 responses to this post.

  1. Bonsoir Annie ,
    Même Romancé Violence est Dure ,
    Une Injustice n’a pas d’Excuses ,
    Le Coeur de l’Une par sa Nature ,
    N’aime pas Souffir d’autant de Ruses.
    NéO~
    Becs à Suivre 😉

    Réponse

  2. bises , et a demain la suite

    Réponse

  3. tu sa bien mis en scène la violence autant physique que morale.. j’attends la suite ..
    les bourreaux finiront par payer. Bisous

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s