Nouveau personnage



Cinquième épisode :

La ville

LE POURQUOI DE LA VENUE D’ADELINE

Excusez-moi d’interrompre ce récit. Une information de dernière minute vient de me parvenir. Elle vient d’un autre temps que celui de l’histoire.
Elle m’arrive de … chez un scientifique, c’est bien cela, elle nous vient de l’an de grâce… ? Je ne peux vous en dire plus.
Ce que je peux vous dire en revanche, c’est que la situation sociologique de l’époque est catastrophique.
Le scientifique est un vieil homme. Il est en grande conversation avec sa secrétaire, une adolescente.
– Adeline, ma chère petite fille, je vais vous menez à mon laboratoire. Là, s’y trouve, prête à fonctionner, une machine de mon invention. Cette machine peut vous faire voyager dans le temps, j’ai réussi à contourner ce problème de masse des corps. Petite fille, tu vas monter dans cette machine. Elle va te déposer dans un temps nouveau. Une nouvelle ère, où la vie sur Terre j’espère, sera meilleure pour les humains et surtout qu’ils seront plus sages. Ne conteste pas, c’est un ordre. Tu es mon employée n’est-ce pas ? Je sais que mes recherches attirent beaucoup de convoitises. Nous devons partir, il est grand temps. Ne t’inquiète pas, je te suivrai, avec les résultats de mes recherches. Mais avant, je dois détruire le laboratoire, pour que rien ne subsiste de ce que j’ai effectué et découvert.
Adeline comprend la crainte du professeur. Dehors la ville est à feu et à sang, et, si ce n’était que la ville. Hélas, sur la Terre entière les êtres humains font la guerre. Elle décide d’accéder aux désirs du professeur et s’installe dans la machine.
Celui-ci actionne une manette et voilà Adeline partie vers un avenir inconnu et incertain. L’accélération de la machine lui fait perdre connaissance.

Lorsqu’elle revient à elle, elle se trouve dans une grande pièce vide et sans fenêtre. La machine disparaît quelques secondes plus tard, lui laissant juste le temps de descendre de l’engin. Elle entend des voix de femmes, puis une voix d’homme qui crie, cela vient d’une autre pièce.
Préparez-vous ! Ce soir sept d’entre vous doivent être présentées au fils du gouverneur.

Nous sommes revenus dans la Ville.

L’homme bouscule les jeunes femmes. Il entre dans la pièce où se trouve Adeline.
– Qu’est-ce que tu fais là toi ? crie-t-il en la voyant. T’es drôlement fringuée, mais tu es mignonne. Tu seras dans les sept. Allez ! Avance !
– Vous n’avez aucun droit de me parler ainsi, réplique-t-elle, choquée par le langage de l’homme.
– Qu’est-ce que t’as, princesse ? demande l’homme en la malmenant. T’es pas contente ? Tu feras ce que j’te dirais. File avec les autres.
Il l’entraîne dans l’autre pièce. Il la mène vers les autres jeunes femmes. Il la projette violemment vers elles. Elle tombe à terre.
– Vous sept, passez au vestiaire, ordonne-t-il au groupes. On va vous donner de quoi vous saper. Il s’adresse à Adeline. C’est à toi que j’cause ! Tu fais partie du lot.
Elle se redresse lentement, va pour répliquer quand une jeune femme lui dit à l’oreille :
– Il serait plus sage pour toi de ne rien dire, si non ils vont te battre et pire encore. Je le sais, je suis passée par là. Suis mon conseil.
Adeline réprime sa colère et suit ses nouvelles compagnes. Elle se demande vraiment où elle est.
Tout en se dévêtant et en s’habillant d’une robe somptueuse, la jeune femme lui explique :
– Ce soir, il y a fête dans la demeure du gouverneur, il marie son fils et nous sommes destinées à celui-ci. Si tu as la chance d’être choisie par lui. Essaie de t’en faire un ami. On dit qu’il n’est pas comme son père. T’auras peut-être une chance de rester à la demeure. Allez ! Dépêche-toi de t’habiller, si non l’autre va encore te crier dessus.
Il est vrai qu’Adeline est belle. Elle est élancée, ses yeux sont couleur d’océan, ses cheveux long, sont noirs et bleutés comme les plumes d’un corbeau, ses traits sont fins et réguliers.

Une heure plus tard, le groupe de jeunes femmes est mené dans une des salles de la demeure, près de celle où se passe la réception. Une fois le repas terminé, Florien doit venir choisir l’une d’elle. Adeline est inquiète. Elle est vêtue d’une longue robe couleur du ciel. Ses cheveux sont remontés en sorte de chignon et laissent voir son cou, long et gracile. Elle est installée dans un coin de la salle. Soudain la porte s’ouvre. Le jeune homme entre, accompagné de trois notables. Ceux-ci restent devant la porte.
Florien va s’asseoir sur un siège mis à son attention au milieu de la pièce. Les jeunes femmes se rassemblent, Adeline timidement se joint à elles. Elles forment un cercle autour du jeune homme.
Elle les suit en tremblant de peur. Elle dénote au milieu de ses compagnes. Florien qui la remarque tout de suite, se lève, va vers elle, lui prend la main, se tourne vers les notables et leur déclare :
– C’est elle que je choisis !
Ayant dit cela, il l’entraîne en lui demandant d’une voix douce :
– Comment t’appelle-t-on ?
– Adeline, répond-elle dans un souffle.
Il sort de la salle en la tenant toujours par la main sous les regards envieux des jeunes femmes. Dans les jardins, la nuit est fraîche et embaumée.
Il fait asseoir Adeline sur un banc et s’assoit près d’elle. Il la prend dans ses bras et lui pose un baiser sur ses lèvres.
Elle a un mouvement de recule. Florien la prend par les épaules et dit :
– Tu sais très bien pourquoi tu es ici, pourquoi t’esquives-tu ?
– Oui, je le sais, répond-elle prête à pleurer. Elles m’ont expliquée…, je me suis trouvée…, vois-tu, je ne suis pas comme elles. Je viens d’ailleurs, je me suis trouvée au milieu d’elles par hasard. J’ai très peur, tu sais…, je ne comprends rien à ta société.
Les gardes circulent dans les jardins. Florien se rapproche d’elle et la prend dans ses bras.
– Je t’en prie, murmure-t-il à l’oreille d’Adeline. Laisse-moi faire, nous sommes surveillés. Bien que ton histoire me paraisse étrange, je te crois. Je comprends que tu sois mal à l’aise, dis-toi bien que je suis aussi gêné que toi de ce qui arrive. Je ne peux pas faire grand-chose. Nous allons aller dans ma chambre et là, nous passerons la nuit ensemble, comme il nous l’est imposé. Au matin, ma mère viendra constater nos ébats. Je comprends ta peur, mais il nous faut le faire.
Mise en confiance Adeline pose sa tête sur l’épaule du jeune homme. Celui-ci lui dépose de légers baisers dans le cou. Elle frissonne malgré elle. Florien se lève et l’entraîne vers la demeure.
– Nous serons plus tranquille ici, malgré les gardes à la porte, dit-il a voix basse, en entrant dans sa chambre et refermant la porte fenêtre. Tu viens de me dire que tu viens d’ailleurs, continue-t-il, je veux bien te croire, comment as-tu fait ? Viens t’asseoir sur le lit et explique-moi.
– Me voici, dans une société incohérente, dit-elle après lui avoir conté son voyage, la colère gronde dans sa voix. On me saute dessus, on me déshabille, on me vêt, on me coiffe, on m’explique qui si je suis choisie, je dois passer la nuit dans tes bras. Je ne comprends rien à votre façon de vivre. Toi-même d’après ce que je vois, tu sembles prisonnier, pourtant…, tu es le fils de celui qui gouverne. Où est la liberté dans tout ça ? Excuse-moi, je parle trop peut-être…, j’espère que tu me crois.
Le jeune homme a écouté sans interrompre ce flot de paroles. Sans un mot, il lui fait signe de se dévêtir et de se coucher.
– aies confiance en moi dit-il. Notre sécurité, notre vie est en jeu. Cela peut te paraître incroyable, mais, le gouverneur me tuera, moi son fils, si je ne lui obéis pas. Dis-toi que j’aimerai être dans les bras de ma fiancée…, les lois sont ainsi faites, Adeline.
Il se dévêt à son tour et se glisse auprès d’elle après avoir éteint la lumière, Adeline s’endort la tête sur l’épaule de Florien. Lui ne dort pas. Il est furieux contre son père et ses lois. Il pense à l’avenir de la jeune fille et de ce qu’elle lui a raconté. Il se dit que dans les archives, il doit y avoir des traces de ce savant pour lequel elle travaillait. Il s’endort sur cette idée.

Vers sept heures du matin sa mère entre dans la chambre. Florien déjà réveillé, lui dit :
– S’il vous plaît, Mère, ne faites pas de bruit, elle dort.
– Je dois la réveiller, répond sa mère. Elle doit regagner ses quartiers.
Florien se lève d’un bon et se vêt d’une robe de chambre. Il lui répugne d’envoyer Adeline dans ce quartier.
– J’ai une faveur à vous demander, dit-il. J’aimerai que cette jeune fille devienne la dame de compagnie de mon épouse. Si je me souviens bien, c’est une requête inscrite dans les lois, n’est-ce pas ? Alors, je veux que cela se face.
La femme du gouverneur reste silencieuse en regardant Adeline dormir. Elle se retourne vers son fils et dit :
– Je vous accorde cette faveur. Cette jeune fille sera au service d’Ariadne, attention, si elle fait le moindre écart, elle retournera dans le quartier des filles.
Aux bruits des voix, Adeline s’éveille. En voyant la mère de Florien, elle remonte les draps sous son cou et se met à rougir.
– Il faut te lever ma fille, dit la mère. Je vais te conduire dans la demeure de ma bru. Mon fils a demandé à ce que tu la serves. Sois satisfaite, car, c’est toi, je suppose, qui lui a demandé d’intercéder en ta faveur, il te…
– Elle ne m’a rien demandé du tout, déclare Florien en lui coupant la parole.
La mère étonnée par les propos de Florien, le regarde en fronçant les sourcils.
– Pardon, Madame, dit Adeline d’une voix ferme.
Elle s’est levée et s’est enveloppée dans un drap.
– J’aimerai me laver et me vêtir en toute tranquillité. Serait-ce trop vous demander ?
La mère est stupéfaite. La jeune fille n’a pas le langage des filles du quartier. Elle regarde Adeline et lui ordonne :
– Habille-toi et suis-moi.
Elle sort de la chambre et se trouve nez à nez avec son fils.
– Comment cette jeune fille est-elle arrivée dans votre lit ? demande-t-elle à Florien.
– Mère, dit-il en gardant les propos d’Adeline pour lui. Vous savez aussi bien que moi, comment cette jeune fille est venue. Qui est-elle, je ne le sais pas plus que vous. Tout ce que je sais d’elle, c’est qu’elle est vulnérable. Je crois qu’elle deviendra une amie pour Ariadne. Oh ! S’il vous plaît, ne dite rien à son sujet à Père.
Je ne lui dirai pas, soyez en sûr, car si je lui disais, c’est moi qui aurais fauté. C’est moi qui m’occupe du quartier des filles, si un des gardes a enlevé cette jeune personne et l’a mêlée aux filles, c’est moi qui en suis responsable.

Demain suite de l’aventure si vous le voulez bien …

Anny M

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2 responses to this post.

  1. et je crois l’avoir lue , a demain bises

    Réponse

  2. oui, je le veux. et je me tais sur ce que j’imagine..

    Réponse

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