L’aventure continue



Quatrième épisode :

La Ville

IL Y A DU MARIAGE DANS L’AIR

 

Deux ans ont passés depuis l’arrivée d’Ariadne. Aujourd’hui, Florien mène la jeune fille dans son bureau. Le garçon lui montre ce qu’il a découvert dans les archives de la ville.
Soudain le regard d’Ariadne se pose sur une ancienne carte postale représentant la statue de Lydie sur un rocher au milieu d’un bassin.
Elle prend l’image entre ses mains et pâlit.
– Que t’arrive-t-il, demande Florien en voyant l’émoi de sa jeune compagne.
Elle lui tend la carte postale en tremblant. Le jeune homme l’examine et s’exclame :
– C’est la statue, celle qui a disparue !
– La…, la…, statue…, c’est moi, dit-elle d’une voix presque inaudible.
Le regard de Florien va de la carte postale à Ariadne et vice versa. Il trouve la ressemblance flagrante. Pendant quelques secondes il ne dit rien. Il est vrai que l’apparition d’Ariadne est toujours restée un mystère. Ensuite des images lui reviennent à l’esprit. L’oiseau ressuscité, la pluie ne les mouillant lorsqu’ils se promenaient dans les jardins et bien d’autres images et faits troublants lui reviennent en mémoire. Ariadne le regarde toute tremblante.
– Que m’importe qui tu es et par quel miracle tu es devenue vivante, déclare-t-il en la serrant dans ses bras. Je défie toutes les personnes qui veulent me séparer de toi, fusse mon père !
Le gouverneur entre dans le bureau à cet instant. Les deux jeunes gens s’écartent rapidement l’un de l’autre. Le père les regard un instant. Ariadne le salue et se dirige vers la porte. Il l’en empêche.
– Restez ici, ordonne-t-il. Ce que j’ai à dire, vous concerne tous les deux.
Florien s’approche d’elle et la prend dans ses bras d’un geste de protection. Ce qui fait sourire le père.

– Cela fait longtemps que cette jeune demoiselle est ici, dit-il en s’adressant à Florien. La situation est devenue délicate. Donc, afin de mettre un point final à cela, j’ai décidé que …
Les deux jeunes gens se regardent avec inquiétude et se serrent l’un contre l’autre. Le gouverneur continue.
– Florien, je vous ordonne d’épouser Ariadne. C’est tout ce que j’avais à vous dire.
Sur ces mots, il quitte le bureau et les laisses à leur surprise. Ils se regardent sans rien dire. Ils ont du mal a exprimé, les mots et les sentiments qu’ils ressentent.
C’est Florien le premier qui reprend le contact avec la réalité.
– Ce n’est pas possible ! Mon père me donne l’ordre de t’épouser. Moi qui croyait qu’il voulait nous séparer. Ariadne, te rends-tu compte, nous deux pour toujours !
Les préparatifs du mariage se font rapidement. La mère de Florien initie Ariadne à son nouveau rôle.
La jeune fille s’aperçoit de la double personnalité de l’épouse du gouverneur. Très bonne avec elle, mais méchante et tyrannique avec ses employés. Elle garde cette réflexion pour elle-même.
Le jeune homme de son côté lui montre ce qu’est la ville exactement. Il l’emmène dans une grande salle. De grands écrans recouvrent les murs.
Ce qui explique que tous les gestes des habitants sont révélés, au gouverneur.
– La ville est divisée en quartiers, explique Florien, c’est là que je t’ai trouvée, ce quartier est destiné à la population la plus déshéritée de la ville. Les gens y vivent comme des esclaves. Toutes les semaines des rations de nourriture leurs sont distribuées. Il y a tout juste de quoi les nourrir ; beaucoup d’enfants meurent en à bas âge. Pour ceux qui arrivent à leur douzième année, mon père les fait retirer de leur famille. Les filles deviennent domestiques ou objets de plaisir, les garçons l’armée les récupère, ou ils sont envoyés chez certaines personnalités de la ville haute. Il y a aussi le quartier des personnes âgées. Dans ce quartier les vieillards devenus impotents ou ne produisant plus y sont relégués. Cet endroit est appelé l’éjecteur. Le sol par un puissant vérin s’incline et les pauvres gens qui s’y trouvent sont poussés vers la rivière profonde à cet endroit et y sont noyés. Là c’est le quartier, des étrangers où toutes personnes étrangères à la ville, servent de cobayes aux expériences médicales. Les condamnés à morts sont emmenés sur le grand rocher qui se dresse derrière la demeure de mon père et qui surplombe la rivière. Les pauvres bougres sont jetés dans le vide.
– Comment peut-on être inhumains à ce point, dit Ariadne.
– Les laboratoires et la clinique, continue Florien, se trouvent sous la demeure de mon père .Ces trois quartiers dont je viens de te parler, sont dans la ville basse. Ensuite, il y a le quartier des notables et des commerçants, comme les parents de mon ami Wilhelm. Ensuite, la demeure de mon père et le vieux château qui se trouvent dans la ville haute. Quand aux hommes de la police et leurs familles, ils vivent entre la ville basse et la ville haute. Florien termine son explication d’une voix triste. Vois-tu, Ariadne, ici tu vis dans un paradis, il ne faut pas que tu oublies que tout autour, c’est l’enfer.
– C’est horrible, dit-elle. Ton père est un monstre !
Le gouverneur entre dans la salle. Florien se met devant Ariadne et explique à son père qu’il vient de faire comprendre à sa future épouse, sa façon de diriger la ville. Le gouverneur demande à Ariadne ce qu’elle en pense.
– Je vois que la cité est bien structurée, organisée, voulais-je dire, répond-elle d’une voix calme. C’est vraiment vous qui avez instauré ces règlements ?
– Oui, c’est moi ! dit le gouverneur avec orgueil, se méprenant sur les sentiments de la jeune fille. Si l’on n’est pas sévère avec le peuple on ne le tient pas. Je suis fier de mon œuvre, malgré quelques agitations toujours maîtrisées et réprimées. Je suis content que vous vous intéressiez à cela.
Ariadne écœurée, regarde le gouverneur sans dire un mot. Le jeune couple quitte le quartier général. Tous deux ont besoin d’air frais. Ils se dirigent vers les jardins.

La veille du mariage est arrivée. Florien, ce jour là est en ville. Ariadne organise cette fête avec la mère du jeune homme. Vers la fin de l’après-midi, celle-ci entraîne la jeune fille et lui dit en la tutoyant, ce qui étonne Ariadne, tout en entrant dans la chambre de la future épousée :
– Excuse-moi d’être directe avec toi. Je dois procéder à un petit examen.
Ariadne se sent rougir. La mère continue :
– Logiquement cela aurait dû être mon époux qui devait poser cette question et faire plus que cela. J’ai tellement souffert moi_même, lorsque j’ai dû subir cela, que je n’ai pas voulu que tu vives ces instants douloureux. J’ai supplié mon époux, de te faire moi-même cet examen et il a accepté. Alors, as-tu encore ta virginité ?
Ariadne toujours en rougissant lui répond oui en faisant un signe de la tête.
– Florien est-il au courant de cet examen que j’ai à subir ? demande-t-elle.
– Mon fils ne sait rien de cela, répond la mère d’un air gêné. Lui aussi…, d’une façon, d’une autre manière sera confronté à cela.
– Que va-t-il lui arriver ? demande Ariadne inquiète.
– On va lui présenter plusieurs jeunes femmes. Il en choisira une pour passer la nuit avec. Au matin, j’irai constater si mon fils est un homme. AH ! … Autre chose, dès maintenant, toi et lui, vous ne devez pas vous voir, ni vous parler, ou rester ensemble. Nous te présenterons à nos invités, comme la fille d’un notable…, chose, que tu dois être certainement d’un notable d’une autre ville qui été tué avec sa famille. Notre rôle étant d’être tes tuteurs. Nous continuerons d’organiser les festivités. Tu dois apprendre que les domestiques doivent être surveillés constamment et ne te gêne pas à les punir, si non tu n’as plus aucune autorité sur eux.

Pendant ce temps Florien est à cet devant un appartement dans le quartier des notables. Il frappe à la porte. Celle-ci s’ouvre, et devinez qui est là ? Wilhelm ! Le jeune homme est très surpris de voir son ami devant lui.
– Ça, alors ! Je ne m’attendais pas à te voir ici. Qu’est-ce qui t’amène ?
– Peux-tu me faire entrer ? Ce que j’ai à te dire, doit rester hors de portée des oreilles indiscrètes, dit Florien en guise de salut.
Wilhelm s’écarte et laisse entrer son ami. Il le présente à ses parents comme compagnon de l’armée. Ensuite les deux amis, vont dans la chambre du jeune homme.
– Tu dois me dire quoi ? demande Wilhelm.
– Tu as une réunion ce soir, dit Florien entrant dans le vif du sujet. Annule-la. Mon père sait où elle va se passer. Il va envoyer ses gardes chiourmes.
Wilhelm pâli et lui demande d’une voix blanche, tout en ne niant pas l’évidence.
– Co…, comment sais-tu ça ?
– Vu ma position, j’ai des oreilles partout, réplique Florien. J’ai beaucoup d’amitié pour toi et je suis absolument contre la politique de mon père. Alors, je suis venu te prévenir. Bon…, j’aimerai…, Wilhelm…, j’aimerai faire partie de ton groupe. Est-ce que cela se peut ?
– Qui me dit que tu ne viens pas nous saboter ? dit Wilhelm après un moment d’hésitation, tout en tapotant sur la table de chevet. De plus ce n’est pas moi le chef.
– Là, encore, je suis renseigné. Je sais que c’est toi. Ils n’ont pas encore ton nom ni ta description, j’ai retiré la liste des suspects qu’ils avaient et je l’ai détruite. Sois plus prudent, dit Florien d’un air convainquant. Écoute, vous, TOI en particulier, devez avoir confiance en moi. Si je devais vous donner, je ne serais pas venu te prévenir. Réfléchi et donne-moi une réponse. Te souviens-tu qu’un soir dans une maison, la police de mon père a fait une descente. Ce soir là dans l’ombre, quelqu’un t’a tiré de là. Et bien, c’était, moi. Je te connais, je te respecte et je t’aime bien.
– Tu savais donc ! dit Wilhelm.
– OUI, et je te suis depuis pas mal de temps. J’essaie de vous aider le plus que je peux.
– Toi alors ! C’est d’accord, je te dirai ma réponse bientôt. Maintenant parlons d’autre chose. Tu ne vas pas t’ennuyer cette nuit !
– Que va-t-il ce passer cette nuit ?
– Florien, descend un peu de ton nuage, tu penses à moi, mais pas à toi.
– Que va-t-il se passer ?
– On va te présenter des filles et tu vas pouvoir passer la nuit avec celle que tu auras choisie.
– Ah ! ? ! C’est de ça que tu veux parler.
– Oui, mais, il y a autre chose, Ariadne…
– QUOI ? Ariadne ? demande Florien en sursautant.
– Ton père…, ton père et Ariadne, explique Wilhelm gêné. Ça se fera avant toi.
– Ce n’est pas possible ! s’écrie Florien ulcéré. Il ne va pas faire ça, je vais le tuer !
– C’est la loi, tu n’y peut rien, dit Wilhelm en essayant de calmer son ami.
– C’est ce qu’on va voir, rugir Florien en s’approchant de la fenêtre et en serrant des poings. Brusquement il se retourne et fonce vers la porte.
– Florien, calme toi, dit Wilhelm en essayant de le retenir.
Arrivé chez son père, il se précipite auprès d’Ariadne. Il la trouve dans la salle du festin entrain de discuter avec sa mère. Il la prend dans ses bras et lui demande fébrilement :
– Que t’a-t-on fait ?
– On ne lui a rien fait du tout, dit sa mère en comprenant le désarroi de son fils.
– En êtes-vous sûre ? demande-t-il encore
– J’ai réussi à empêcher cela, répond l’épouse du gouverneur. Florien, je vous aime tous les deux. Vous êtes mes enfants. Je vous ai protégé du mieux que je pouvais. Mon fils, il vous faut maintenant retourner dans vos appartements et vous préparer. Je n’ai rien pu faire pour vous. Allez ! Partez, vous n’avez pas le droit de vous voir jusqu’à la cérémonie.

Si vous le voulez bien la suite demain …

Anny M

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2 responses to this post.

  1. bien sur je veux la suite

    Réponse

  2. Sans maudire, et Wilhelm le jardinier.. J’aime beaucoup le développement de tes idées.. Tu relèves si bien les castes, les derniers seront les premiers, les droits de cuissages, l’image de ce monde et le changement qui va s’opérer.. Tu as des doigts de fée.. Bisous

    Réponse

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