la nuit est tombée, l’histoire peut continuer



Deuxième épisode de :

La ville

COLÈRE ET CONDAMNATION

Florien est à peine arrivé à son poste que son père le fait appeler. Le jeune homme pousse un soupir et répond à l’appel. Le gouverneur l’attend dans son bureau. Sa mère est présente. Elle est assise près de son époux. Devant son père et sa mère se tient au garde-à-vous le chef de la brigade policière. C’est l’homme qui avait interpellé Ariadne.
Voyant cette scène, Florien sait tout de suite à quoi s’en tenir. Bravement il avance vers ses parents. Remarquant sa présence, le gouverneur l’apostrophe en ces termes :
– Vous voici, mon fils. Venez à côté de moi et écoutez ce que ce brave homme a à nous dire. Il a des révélations intéressantes à nous faire, je crois. Vous me direz ce que vous en pensez.
Le jeune homme s’installe près de son père et regarde sa mère en fronçant les sourcils. L’homme commence à faire son rapport :
– Ce matin en faisant le tour de ronde avec mes hommes, nous avons découvert que la statue du parc avait disparue. C’est le premier mystère. Le second le voici, nous avons du disperser une manifestation. Un attroupement s’était formé dans la ville basse. Les manifestants étaient agenouillés devant l’entrée d’un immeuble en ruine. Là, une femme tenant un bébé dans ses bras déclarait à qui voulait l’entendre qu’une belle dame était venue du ciel et avait sauvé son enfant. J’ai dû ordonner de tirer sur la foule qui ne voulait pas se disperser et de tuer la femme. Nous avons mis l’enfant à l’hospice. Nous avons ensuite fait des recherches sur l’autre femme, nous ne l’avons pas trouvée.
Il s’arrête de parler et reprend :
– Pourrais-je…, dire autre chose, sans ennuyer votre fils ?
Le gouverneur tout en se tournant vers son fils, demande à l’homme de continuer son rapport.
– Cet après-midi, nous avons appréhendé une jeune fille, nous allions l’arrêter, lorsque votre fils est survenu en nous déclarant que cette jeune demoiselle était sa sœur et qu’elle était malade. J’ai laissé la jeune fille avec votre fils. Je me suis dit : Laissons-les, s’il en a envie, c’est de son âge ! Je savais bien que ce n’était pas votre fille.
Tout en disant cela, l’homme jette un regard à Florien. Le jeune homme sent la colère monter en lui, sur la simple idée que cet homme ait pu penser, qu’il aurait abusé d’Ariadne. Il serre les poings.
Son père lui demande d’une voix sévère :
– Qu’avez-vous à répondre à cela, mon fils ?
– La statue à l’heure qu’il est a très certainement, quittée la ville, répond-il en jouant sur les événements.
– Vous ne répondez pas à ma question, réplique le gouverneur furieux en frappant du poing sur la table. Je vous parle de la fille avec qui vous étiez.
– Ce n’est pas une fille ! répond Florien en éclatant de colère, tout en se levant de son siège. Vous ne la connaissez pas. Elle n’a rien d’une dévergondée !
– Très bien, je ne la connais pas, rétorque le gouverneur. Quand avez-vous fait? Et de quel droit avez-vous osé dire, qu’elle était votre sœur, pour la sauver de la prison ? Car, c’est bien là où elle ira, si on la retrouve.
– NON ! Non, PÈRE ! Pas la prison…, pas pour elle, elle est innocente, si belle. Arrêter toutes vos lois ignobles ! Vous réussissez qu’à vous faire haïr. Le peuple a peur de vous et moi je ne les supporte plus, vos lois !
– Où est-elle ? Dites-le moi, demande le gouverneur d’une voix radoucie.
Florien baisse la tête et ne répond pas. C’est alors que sa mère intervient.
– La jeune personne est dans mes appartements. Elle paraît avoir vingt ans, le même âge que notre fils. J’ai promis à Florien de la protéger. Pour l’instant elle repose. Je vous la présenterai plus tard. Je pense comme Florien, que c’est une enfant que nous devons aider. Elle a perdu la mémoire. Il est très clair qu’elle vient d’une grande famille. Cela se voit à sa façon de parler et de marcher.
– C’EST UN COMPLOT ! s’écrit le gouverneur en levant les bras au ciel. Je veux voir cette jeune personne immédiatement. Je suis curieux de voir si elle est aussi extraordinaire que vous le dites !
Il se retourne vers Florien.
– Quant à vous mon fils. Je vais vous punir pour vous être révolté, pour avoir menti, pour avoir enlevé une prisonnière et pour l’avoir cachée dans ma propre maison. Votre punition sera sans appel. Vous partirez pour le camp du nord. Cela vous fera le plus grand bien. Vous êtes trop mou. Vous devez apprendre à ne pas faiblir, un jour vous prendrez ma succession. La durée de cette mise à l’épreuve sera de sept mois et cet entraînement sera de niveau cinq. Le départ est immédiat.
Florien se raidi en entendant prononcer le nom du lieu et le niveau de l’entraînement. Sa mère demande au gouverneur en le suppliant :
– Vous voulez tuer notre fils ! S’il vous plaît, revenez sur votre décision, revenez sur votre jugement.
Le gouverneur se lève de son siège, Florien le salue de la tête. Sans un mot de plus, il quitte le bureau, grand seigneur qu’il se croit. Le jeune homme s’approche de sa mère, la prend dans ses bras et dit :
– Ne pleurez pas, Mère, je reviendrai pour vous et pour Ariadne. Prenez soin d’elle, s’il vous plaît.
Tendrement il l’embrasse. En silence et dignement, il suit le chef de la brigade resté à l’attendre. Le jeune homme a malgré lui le cœur gros de ne pas revoir Ariadne avant son départ, il a très peur pour elle.
Lorsque la jeune fille se réveille, elle regarde autour d’elle, se souvient, s’étire et sourit. Elle se lève et se dirige vers la fenêtre, elle embrasse du regard le jardin fleuri. Un bruit la fait se retourner. Elle voit la mère de Florien en pleurs. Elle se précipite au devant d’elle.
– Qui vous a fait de la peine ? Où est Florien ? Oh ! Je vous en prie, arrêtez de pleurer ou je vais pleurer moi aussi. Venez vous asseoir sur le lit et expliquez-moi.
Après avoir séché ses larmes, la femme du gouverneur lui narre l’entretien et la dispute entre le père et le fils, ainsi que la condamnation de celui-ci.
– Il va vous falloir beaucoup de courage pour affronter mon époux, dit-elle encore. Il règne en maître sur tout ce qui vit dans la ville. C’est lui qui édite et promulgue les lois. J’ai promis à Florien de vous protéger, malgré cela, j’ai bien peur de ne pouvoir tenir cette promesse…, si vous saviez, mon enfant, comme j’appréhende l’avenir, pour mon fils.
– Mère ! dit-elle après avoir réfléchit. Mère, puis-je vous appelez Mère ? Je ne me souviens plus de la mienne, mais je suis sûre qu’elle vous ressemblait.
La femme du gouverneur émue, prend la jeune fille dans ses bras. Celle-ci continue de parler.
– J’ai confiance en Florien, je le connais depuis peu de temps. Ce que je veux vous expliquer, c’est que je n’ai pas peur à ces côtés. Il reviendra.
Elle s’arrête un instant et reprend.
– Vous êtes une femme très bonne, soyez sans crainte. Je n’ai aucune appréhension. Je veux rencontrer, votre époux, le gouverneur.
– Vous allez devoir répondre à beaucoup de questions, dit la mère de Florien en la serrant dans ses bras. Il y aura autour de vous des juges qui vont sonder votre âme et votre cœur. Je suis venue vous chercher pour vous présenter à lui. Vous allez être, comme dans un tribunal. Êtes-vous prête ?
 La femme du gouverneur guide la jeune fille vers ses inquisiteurs. Dans le bureau du maître de la ville, tout est prêt pour le jugement d’Ariadne. Autour du maître de séant, deux hommes vêtus de noir. La mère de Florien s’installe en retrait de son époux. Le gouverneur donne l’ordre de faire entrer la jeune fille.
Il est surpris de voir avec qu’elle grâce elle avance, ses pieds effleurent à peine le sol. Arrivée devant lui, elle s’abîme dans une profonde révérence. Il lui demande d’une voix sévère.
– Relevez-vous et déclinez-moi, vos noms et prénoms et votre lieu de résidence.
– Votre fils m’a donné le nom Ariadne, répond-elle d’une voix claire. Elle regarde ses juges, droite et fière. Je vous déclare donc que, je suis Ariadne, je n’ai ni famille, ni lieu où habiter, ou, si j’ai une famille… hélas, tout c’est perdu dans le passer, fermé à ma mémoire par une porte noire. Qu’attendez-vous de moi ? D’où je viens, je l’ignore, à cela je n’y peux rien. Je vous remercie d’avoir posé un regard sur moi, de m’avoir aidée. Vous devez être un bon père pour que votre fils agisse comme il la fait à mon égard. Je vous remercie de tout mon cœur. Lorsque je suis entrée dans la ville ce matin, je ne me doutais pas qu’il y ait eu des personnes aussi généreuses, ici.
Elle a déclaré tout cela d’une voix calme et posée. Sa voix n’a pas trahit les battement de son cœur crispé de peur. Le gouverneur est flatté par cette réponse. Un des deux juges demande à la questionner, il accepte.
– Par quelle porte, êtes-vous entrée ? Elles étaient toutes fermées.
– Ce que vous dites est faux, répond-elle avec aplomb, pendant que la panique prend place dans son cœur. Je suis entrée par une porte entourée d’arbres.
– La porte sud, s’exclame le gouverneur. Incroyable ! On entre dans ma ville comme dans un moulin ! Qu’on aille me chercher le chef de la police !
L’homme arrive promptement. Le gouverneur le questionne. Le policier répond en bafouillant :
– C’est…, c’est…, à dire…, c’est-à-dire que …, que la porte sud est restée sans garde toute la matinée. On s’en est aperçu que lorsque le vol de la statue nous a été signalé. Il y a autre chose…, le bébé, l’enfant n’a pas été mené à l’hospice, il a disparu, lui aussi.
– C’est un comble ! MA VILLE est devenue une passoire ! hurle le gouverneur.
– Et pour la statue ? demande le policier.
– La statue est le moindre de mes soucis, réplique le gouverneur en essayant de contrôler sa colère.
Le policier baisse la tête. Ariadne, n’en croit pas ses oreilles, elle est sauvée.
– Des rébellions menacent la ville et je dirige celle-ci, dit le gouverneur en s’adressant à la jeune fille, d’une voix qu’il veut aimable. La ville a une grande importance stratégique. Il est normal que je sache exactement qui entre et qui en sort. Vous me dites que vous avez perdu la mémoire. Je veux bien vous croire. Mais, qui peut le prouver ? Cependant avant de vous accuser d’espionnage, je vais vous laisser une chance. Dites-vous bien que nous avons tout un dispositif pour détecter les mensonges. Avant cette épreuve, répondez, qu’attendez-vous de nous ?
– Que vous m’aidiez à retrouver ma famille et ma maison, répond Ariadne. C’est très important pour moi. Je ne me souviens plus de l’endroit où je suis née.
Le gouverneur reste silencieux. Un homme frappe à la porte et entre dans le bureau.
– Le détecteur est prêt, dit-il.
Après avoir passé tous les testes, Ariadne est vraiment paniquée, pour se rassurer elle pense à Florien.
Le gouverneur ne peut qu’accepter la bonne foi de la jeune fille. Lui et les juges se concertent.
Le résultat de cette concertation est qu’Ariadne reste sous la protection de son épouse.

A demain si vous le voulez bien, pour la suite …

Anny M

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2 responses to this post.

  1. ette histoire m’en rappelle une autre de toi ; ou bien les prénoms , j’ai attendu longtemps le dernier chapitre , estce çà ? bises du mercredi

    Réponse

  2. Tu as certainement raison cette histoire je l’avais mise sur mon ancien blog au tout tout début. En ce moment j’écris le deuxième tome de Allar aldir et je suis un peu comme toi j’ai des difficultés à trouver ambiance et mots. Je ne désespère pas…
    Bisous tendresse
    Annie

    Réponse

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