Une belle histoire



LA PETITE FILLE ET L’ETOILE

Par une nuit de janvier

La journée s’était passée dans la joie. C’était le jour de son anniversaire, son douzième anniversaire. Claire encore toute excitée n’arrive pas s’endormir. Elle se lève de son lit et va la fenêtre. Elle écarte les rideaux et regarde le nez collé à la vitre les étoiles dans le ciel. Elle en remarque une, plus grosse que les autres. Elle se rappelle soudain d’un poème qu’elle a appris en classe. Doucement elle le récite en regardant l’ étoile :

Brillante étoile du soir.

Étincelant diamant,

Brodé au velours noir

De l’immense firmament.

Astre qui nous guide,

Ta lumière, d’hier à aujourd’hui

Est un lien translucide

Qui éclaire nos vies.

Ton regard se pose sur la plaine,

Ton amour efface nos peines.

Quel était ton nom dans les temps anciens ?

Peux-tu me le dire ? Tu le veux bien…

Elle avait peine terminé ses mots que la grosse étoile se détache de la voûte céleste comme une météorite.
Elle se dirige vers la Terre. Je peux même vous précisez cher lecteur qu’elle se dirige droit sur la fenêtre de la chambre Claire. Celle-ci, la fenêtre, s’ouvre toute grande.

L’enfant effrayée se recule, la lumière éblouissante qui envahit la pièce l’oblige à fermer les yeux. La frayeur passée la petite fille ouvre les yeux.
Devant elle… une jeune femme rayonnante de beauté . Une lueur bleutée l’entoure toute entière.
Malgré la fenêtre ouverte, n’oublions pas que nous sommes en janvier et le froid est piquant au dehors, une douce chaleur s’installe dans la chambre.
La fillette s’avance vers elle et dit sur un ton posé :
Bonsoir Madame. Que puis-je pour vous ?
-Tu as déjà fait beaucoup, répond la jeune femme d’une voix suave et musicale. De mon royaume je t’ai entendue et je suis venue voir. Ta voix m’a guidée. Je puis ainsi répondre à ta question. Tout là-bas, chez moi on me nomme Aphrodite. Sur Terre les humains m’ont représentée sous les traits de la déesse de l’amour.
Elle éclate de rire, celui-ci est cristallin, il résonne dans la pièce comme mille clochettes. Elle reprend en ces termes :
-Il y a bien longtemps moi et les miens vivions sur Terre. Ne fais pas ces yeux là. Les terriens nous connaissent.
Elle pousse un soupir et reprend.
-Sur Terre notre lieu de résidence était le mont Olympe. A cette époque, les êtres humains étaient tous de braves gens. Personne en quelques lieux que ce soit n’enviait personne. L’entente, la paix, l’amour régnaient de partout. Puis la mésentente, la fourberie, ainsi que la cruauté sont venues s’installer dans le coeur des terriens, insufflées par de mauvais génies. Ils agissaient ainsi car ils voulaient conquérir l’olympe. Pour cela ils se sont servis de la faiblesse de caractère des humains pour arriver leur fin, mais n’y sont pas parvenu. Zeus en eu plus qu’assez. Il décida que l’olympe aurait désormais place dans un monde d’une autre dimension…, quand à la Terre, Zeus déclencha un déluge afin d’anéantir les terriens. Ce fut terrible !
Elle s’arrête de parler, et reprend aussitôt :
– Il y avait en ce temps-là , sur l’une des deux cimes du Mont Parnasse un couple de paysans. Leurs noms : Deucalion et Pyrrha. Ils étaient âgés, une grande bonté émanait d’eux. Le Déluge terminé, Deucalion et Pyrrha se retrouvant seuls sur Terre, se mirent à pleurer. Ils demandèrent dans leurs prières que la Terre soit repeuplée. Zeus entendit leur prière. Il leur demanda de ramasser des pierres et de les jeter par dessus leurs épaules. C’est ce qu’ils firent. Alors les pierres jetées par Deucalion se transformèrent en homme et celles de Pyrrha en femmes; c’est depuis cette époque que certains humains ont un coeur de pierre. Les jours qui suivirent, Deucalion et Pyrrha transformèrent leur cabane en temple et en furent les officiants. Ils moururent à un âge très avancé , tous les deux à la même heure et le même jour.
Aphrodite arrête un cour instant son récit et reprend. Claire est assise à ses pieds et l’écoute avec attention.
– Chez vous, c’est comme chez nous ? demande Claire en l’interrompant. Zeus est votre président ? Et l’argent, vous servez-vous de l’argent ? Est-ce que chez vous les enfants vont l’école ?
De nouveau la jeune femme éclate de rire et demande à Claire :
-Veux-tu voir comment c’est chez nous? Donne-moi la main.
L’enfant lui la main Aphrodite approche Claire de la fenêtre et lui désigne l’immensité céleste.
– Regardes le ciel, regarde bien. Regarde avec ton coeur et écoute moi.
-Comme ce pays est beau, s’exclame Claire en admirant le paysage qu’elle a sous les yeux.
-Chez nous sur l’olympe, c’est un printemps éternel, reprend Aphrodite. De l’argent nous n’en avons nul besoin. Chacun vaque à ses travaux de création, chacun s’appuyant sur les autres et formant une unité . Nous n’avons pas de président. Notre Maître à tous est Zeus. Des écoles…, oui, nous avons des écoles en quelques sortes. Elles ne se trouvent pas sur l’olympe mais sur d’autres planètes servant d’école. Vois-tu, chez nous il n’y a pas d’enfant. Il se trouve que les dieux ont semé sur Terre et sur d’autres planètes, des enfants. Des enfants comme toi. Je t’ai bien souvent entendu dire que tu n’est pas d’ici. Plus tu grandiras, plus ce sentiment grandira au fond de toi, tu fais partie de ces enfants et…
Claire fait la moue, coupe la parole à Aphrodite et sans la contredire lui demande d’un air sérieux :
-Pourquoi ? Pourquoi les dieux ont semé des enfants sur Terre ? Si, je fais partie de ces enfants que dois-je faire ? Bien travailler à l’ école ?
– Oui, répond Aphrodite. Bien travailler à l’ école, bien sûr…, aimer tes parents terrestres de toutes tes forces… Quand tu seras plus grande, tu t’apercevras des facultés qui dorment en ce moment au font de toi. Elles se réveilleront. Tu pourras indiquer aux terriens quelle route prendre pour accéder à la sagesse. Tout cela tu le feras avec amour. Bien sûr ce sera dur, difficile, très difficile même; ce sera une guerre invisible à ceux qui t’entoureront. Il y aura certains moments où tu seras désespérée. Dans ces moments là dis-toi que nous veillerons sur toi et sur vous tous. Au long de ta vie tu rencontreras d’autres personnes semblables à toi. Ensemble vous sauverez des terriens qui seront ou redeviendront comme ils étaient alors. Il est possible qu’un jour Zeus exaspéré par les actions néfastes des humains, détruira tout ce qui est sur Terre. C’est alors que toi et tes compagnons ainsi que beaucoup de terriens vous voyagerez vers l’olympe. Ne t’inquiète pas ce jour de destruction n’est pas encore arrivé , peut-être n’arrivera-t-il jamais.
Aphrodite pousse un soupir et reprend :
-Souvent je regarde vers la Terre afin de vous protéger, toi et les autres enfants. Vous êtes nos espoirs. Grâce à vous la Terre peut revenir ce qu’elle était alors.
Elle s’approche de Claire et lui dit encore.
-Maintenant ma petite fille il est temps pour toi de dormir. Dis-toi que je suis là auprès de toi, au moindre appel que tu me lanceras, je reviendrai; même si tu ne me vois pas. Je ferai en sorte de t’aider, car il est certain que ce que tu vas accomplir dérangera les génies du mal, garde toujours l’espoir et sois courageuse mon enfant. Je veille toujours sur toi.
Aphrodite se penche vers Claire et lui pose un baiser sur le front. La fillette s’endort aussitôt, ensuite la jeune femme éblouissante de lumière s’en retourne vers la voûte céleste.
La mère entre dans la chambre. Trouve sa fille endormie près de la fenêtre ouverte. Elle secoue la fillette.
Pendant que Claire se lève en titubant de sommeil, sa mère lui dit doucement en refermant la fenêtre:
-C’est dans ton lit qu’il faut dormir ma chérie. L’hiver on ne laisse pas la fenêtre grande ouverte, le froid entre dans la chambre.
-C’est elle qui l’a ouverte, dit Claire d’une voix ensommeillée tout en se couchant. Elle est très belle, elle m’aime beaucoup, je l’aime moi aussi.
Sur ces mots Claire s’endort. Sa mère la borde, lui pose un baiser sur la joue et lui murmure :
-Je vois que tu as fait un joli rêve.
La mère se dirige vers la fenêtre, regarde un instant le ciel étoilé, voit la grosse étoile briller, tire les rideaux, un dernier regard sur sa fille endormie, sort de la chambre, ferme la porte doucement et s’en va se coucher.

Anny M

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2 responses to this post.

  1. Bonjour Annie,
    Un enchantement à te lire.. je me retrouve la petite fille et l’envie de lire ton histoire à une autre petite fille… Je me souviens des soirées à lire à mes enfants des histoires avant de dormir.. et il m’est arrivé de m’endormir avant eux… des moments inoubliables. Gros bisous

    Réponse

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