Bonjour, bonjour !


Chapitre 12
Anne et Godefroy

Le garçon est au volant. Anne à côté de lui et Thépaud sur le siège arrière. Après avoir roulé quelques kilomètres en silence, la jeune fille le rompt en demandant au garçon d’un air soupçonneux et rieur tout à la fois.
-Le coup de la voiture et des clefs, c’est toi qui as mijoté tout cela ?
-C’est à moi que tu causes ? demande Godefroy.
-Bien sûr que c’est à toi que je parle ! Comment as-tu fait ? Parce qu’il est sûr que ta voiture n’est pas restée là. Elle a été emmenée à la fourrière. Je ne comprends pas, explique !
-Tu vois… Si j’étais toi, je ne dirais rien ! Mais, moi, je suis sympa ! Alors, je vais te le dire… Ce que m’a dit la femme du lac, cette Viviane… Je t’avoue que je la trouve cinglée, mais enfin, nul n’est parfait ! Bon… Ce qu’elle nous a dit, de toi, de moi, et bien, ça m’a tourné dans la tête. Je me suis dit que si tu pouvais faire des chose bizarres, pourquoi pas moi ? La chose la plus importante pour nous était d’avoir une voiture et de partir de Paris. Mais, voilà, je n’étais pas sûr de retrouver la voiture où je l’avais laissée. Tu vas rire. J’ai pensé très fort, très fort que ma voiture était là ! Ça a réussi, j’ai l’impression, si non, c’est de la chance !
-Si c’est toi pour la voiture. Pourquoi as-tu choisi cet endroit ? C’était très risqué et très dangereux pour nous.
-NON ! C’était sans danger ! Comment veux-tu qu’ils se doutent que nous soyons revenus sur les lieux du drame ? Je suis sûr qu’ils n’y ont jamais pensé.
Anne se met à rire de bon cœur aux propos du garçon. Le jeune homme éclate du rire lui aussi et redevient sérieux. Il reprend :
-Il y a une seule chose qui me tracasse. Te souviens-tu du tableau ? La jeune femme du portrait, elle te ressemblait traits pour traits… Si je comprends bien… Cette fille est l’ennemi de la cinglée. C’est là, que je ne pige plus. Si tu détestais quelqu’un, tu mettrais sa photo sur un de tes murs ? Tu vois… C’est là que je me dis qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez elle. Le plus beau, c’est qu’il y a des types qui la suivent, ce n’est pas croyable !
Elle ne répond pas aux questions, n’ayant pas de réponse a lui donné. Trois heures plus tard, les voici arrivés près de Rennes. Il donne le volant à Anne, il est mort de fatigue et s’assoupit aussitôt que la voiture redémarre.
Anne continue de rouler pendant une trentaine de kilomètre puis, elle s’arrête sur le bord de la route de façon à ne pas gêner les autres conducteurs. La forêt les entoure, ils sont arrivés à Brocéliande. Elle s’installe du mieux qu’elle peut sur son siège et s’endort elle aussi.
Son sommeil ne dure pas longtemps. Elle s’éveille avec le soleil. Elle sort de la voiture pour s’étirer. L’air frais du matin la réveille complètement. Elle fait quelques pas, voit une borne kilométrique, se baisse près de celle-ci et lit : « Paimpont 3km ». Elle se relève et marche le long de la route. Un chemin forestier est sur sa droite, elle s’y engage après avoir jeté un regard sur la voiture où ses amis dorment. Plus elle avance dans le chemin, plus elle a la sensation de connaître l’endroit.

Elle est enchantée par le chant des oiseaux et l’odeur se dégageant du sous-bois. Elle s’arrête, la brume est brusquement tombée en l’entourant de sa nuée ouatée. Elle se souvient alors de son rêve. Un peu désorientée elle marche avec difficulté pour retrouver la route qu’elle venait de quitter, pense-t-elle. Les faits sont semblables à son rêve, à la différence qu’elle ne rêve pas.
La brume s’estompe aussi vite qu’elle était venue. Anne soulagée retrouve le sentier. Elle le suit. A son grand étonnement il la conduit vers une petite clairière. Dans le milieu de celle-ci une chaumière. De la fumée sort en un mince filet de la cheminée. Elle se dirige vers la maisonnette. Arrivée devant la porte, elle s’apprête à frapper, c’est alors qu’un « MIAOU ! » la fait sursauter. Elle regarde à ses pieds et voit Thépaud qui la regarde.
-Sois la bienvenue à la porte du royaume. Bienvenue chez toi, Anne ! Ne t’inquiète pas pour Godefroy, il arrive, retourne-toi !
-Anne ! Anne ! dit Godefroy en arrivant près d’elle tout essoufflé. Prévient quant tu pars ! On est où ici ?
Elle n’a pas le temps de lui répondre. La porte de la chaumière s’ouvre. Une vieille femme apparaît devant eux et leur sourit.
-Entrez, mes enfants, entrez ! N’ayez aucune crainte, votre venue m’a été annoncée.
Ils entrent suivis par Thépaud. L’intérieur de la maison est sombre. Ce n’est qu’au bout de quelques secondes que leurs yeux s’habituent à la pénombre. Elle n’est pas grande cette chaumière.
Une petite fenêtre fait entrer la lumière. En face de celle-ci, une cheminée où le feu lance ses flammes autour d’un chaudron. Au centre de la pièce unique, une table sur laquelle se trouve un bouquet d’herbe, le meuble est entouré de deux bancs de bois.
Les deux jeunes gens s’installent à la table. En silence l’hôtesse sort des bols et les dispose devant eux. Dans l’eau qui bouillait dans le chaudron elle y jette l’herbe.
– De la sauge, dit Anne.
La vieille femme ne dit toujours rien, cela commence à intriguer Godefroy. Il va pour se lever, mais voici que l’hôtesse leur sert la tisane infusée. Le garçon fait la grimace, Anne se penche vers lui et dit :
-Tu peux en boire, c’est très bon ! Les anciens l’appelaient l’herbe de la sagesse.
La vielle femme s’assoit en face d’eux pendant que Thépaud ayant fini de faire le tour de la pièce, s’installe auprès d’elle. Elle regarde les deux jeune gens avec un air très grave et se met à parler.
-Mes enfants vous êtes ici… à l’une des portes de l’Autre Monde. Dans des temps reculés, des êtres venus d’ailleurs ressemblants aux humains, abordèrent la Terre. Les terriens d’alors les appelèrent dieux, déesses ou comme ici, fées, enchanteurs, elfes, magiciens, (femmes comme hommes sans oublier certains animaux). Tout ce qu’ils firent sur Terre était bien. Mais hélas, il y avait aussi d’autres êtres venus d’un autre monde parallèle qui eux avaient l’esprit mauvais. Des êtres pour qui le mal engendré du pouvoir était leur seul but. Ce fut de grandes guerres en ces temps là. Les humains s’en souviennent, lisez les anciens écrits. Il en fut ainsi pendant des ères et des ères. Puis, à une certaine époque, ceux que l’on appelait fées, enchanteurs, elfes, etc.… repartirent, trouvant assez forts les humains pour se défendre eux-mêmes, sans pour cela les abandonner complètement. Pendant quelques siècles tout fut tranquille sur Terre. Mais, petit à petit ceux du mal se relevèrent, s’infiltrèrent chez les peuples, beaucoup d’humains se joignirent à eux, car l’humain est libre de choisir la voie qu’il veut. Ce fut de nouveau des guerres, plus horribles les unes que les autres. La soif du pouvoir était entrée dans les cœurs. Tout n’était pas perdu toute fois. Il y avait les humains qui étaient restés, avec dans leur tête et dans leur cœur le bonheur et la paix des temps anciens, pour eux, ceux qu’ils appelaient des dieux, leur envoyaient des messages, des signes. Hélas les guerres continuèrent d’âges en âges, de siècles en siècles, d’années en années. Maintenant nous sommes arrivés à une ère de grands changements. C’est pour cette raison que vous êtes ici aujourd’hui.
La vieille femme s’est tue. Après quelques secondes de silence et de réflexion de part et d’autre, Thépaud émet un miaulement. La vieille femme se lève, va à la cheminée et met des cendres sur le feu. Godefroy lui aussi se lève, il a l’impression d’émerger d’un rêve. Il sort dehors. Anne reste assise, Thépaud s’approche d’elle.
-Il est grand temps pour toi de formuler les mots qui me rendront forme humaine.
-Mais, Thépaud, dit Anne. Je ne les sais pas !
-Ne t’énerve pas ! Ils viendrons tous seuls, de ton cœur, regarde dans ton cœur.
Anne ferme se lève, ferme les yeux et se concentre. Godefroy entre dans la pièce au moment où sa compagne commence à formuler les mots.
-QUE CELUI QUI ÉTAIT APPARAISSE !
Anne a à peine finie sa phrase qu’une grande lumière irradie Thépaud. Godefroy est obligé de fermer les yeux pour ne pas être ébloui. Lorsqu’il les ouvre, un beau jeune homme vêtu de noir est auprès de Anne. Le garçon surpris s’approche.
-ANNE ! Qu’est c’que t’as encore fait ? Qui est ce mec ?
-Godefroy, c’est Thépaud ! J’ai réussi !
-Et oui, Godefroy, je suis Thépaud, Thépaud le chat. Anne vient de me délivrer d’un enchantement qui pesait sur moi depuis bien des siècles. Je ne suis pas un chat, mais un homme ! Mais le temps n’est pas encore aux explications, nous sommes attendus !
Godefroy reste pantois, il ne sait que dire, son regard va de Anne à Thépaud avec étonnement. Celui-ci fait un signe à l’hôtesse. Elle est toujours près de la cheminée. Elle appuie sur un côté de l’âtre, celui-ci se met à pivoter, laissant apparaître un grand rectangle noir. Thépaud prend une torche que la vieille femme vient d’allumer. Il fait comprendre aux deux jeunes gens qu’ils doivent le suivre. Ils s’approchent de la cheminée et distinguent les marches d’un escalier qui s’enfonce dans les ténèbres. Descendu de quelques marches, Thépaud se retourne et dit à l’hôtesse :
-Tu sais ce qu’il te reste à faire lorsqu’ils seront de retour !

A suivre …
Anny M

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