Noël ensoleillé en Brocéliande !


Chapitre 2
de Anne et Godefroy

Dans la pénombre l’appartement de Anne le silence règne. La jeune fille dort profondément. Thépaud est assoupi sur son pouf. DRING DRING ! DRING ! Trois coups de sonnette déchirent l’air matinal de leur bruit strident. Anne se retourne dans son lit en bougonnant, mais la main insiste sur la sonnette qui une quatrième fois se met à sonner.
Thépaud met ses oreilles en arrière, Anne se lève, passe une robe de chambre et va ouvrir. Elle se trouve nez à nez avec Godefroy, qui entre bruyamment dans la pièce, va à la fenêtre, ouvre les rideaux. Anne referme la porte, puis se recouche après avoir arrangé ses oreillers.
-Un bon café te réveillera, ou autre chose ? dit Godefroy en se dirigeant vers le coin cuisine.
-Un café me suffira, répond Anne.
Godefroy prépare le café et revient avec café et tasse sur un plateau. Il dispose le tout sur le lit, aperçoit Thépaud et s’exclame :
-Tiens ! Tu as un chat maintenant ! Vu sa grosseur, on pourra faire un bon civet cet hiver!… Bon ! Trêve de discussion, regarde, ce que je t’apporte, j’ai réussi à les dégotter ça pas été facile ! Il sort de son portefeuille deux morceaux de papiers.
-Qu’as-tu trouvé ?
-Deux places pour une compétition de delta plane
-ET, c’est pour ça que tu viens me réveiller à l’aube ? dit Anne en reposant sa tasse vide.
Godefroy regarde sa montre, défait son blouson, pose le vêtement sur le lit, s’assoit près de Anne et la bouscule verbalement.
-Allez, debout, habille-toi ! Il n’y a pas de temps à perdre ! Il est six heures ! Ça va te plaire, c’est en Bretagne !
Anne repousse le plateau, se lève péniblement. Godefroy prend le plateau, va le déposer dans la cuisine, se dirige vers le chat, caresse l’animal et demande en criant à Anne qui est entrée dans la salle de bain :
-Tu l’appelles comment ton chat ?
-Tu n’as pas besoin de crier comme cela, dit Anne en sortant de la salle de bain, toujours en robe de chambre. Il se nomme Thépaud ! Je suis sûre que tu l’as vexé, lorsque tu l’as traité de civet !
Godefroy constate que la jeune fille n’est pas encore habillée. Il se relève, s’approche d’elle, commence à lui défaire sa robe de chambre.
-Tu veux que je t’habille ! Dépêche-toi ! On va être en retard !
-C’est vraiment indispensable d’y aller aujourd’hui, demande Anne en faisant un pas en arrière.
-Tu peux me répéter ce que tu viens de dire ! J’ai mal entendu, s’exclame Godefroy en s’asseyant sur le lit.
-Je t’ai demandé si c’était indispensable d’y aller aujourd’hui, pourquoi ?
-Elle me demande pourquoi!?! Alors là, t’es gonflée ! s’exclame-t-il hors de lui. Tu me serines pendant une semaine que tu aimerais voir une compétition de delta. J’arrive à avoir deux places, ET MADEMOISELLE, ELLE, elle demande si c’est INDISPENSABLE d’y aller aujourd’hui ! ÇA, on ne me le fera pas deux fois ! Tu te coupes en quatre pour mad’moiselle, et, mad’moiselle, ELLE, PENSE A AUTRE CHOSE !
-Ne m’en veux pas, dit-elle en lui mettant le bras sur ses épaules en s’asseyant près de lui. Je pensais que nous passerions la journée ici, tout les deux tranquillement.
-C’EST TON DERNIER MOT ? demande Godefroy en se levant d’un bon et prenant son blouson.
Anne se lève à son tour et met ses bras autour du cou du garçon. Celui-ci la regarde dans les yeux et lui pose un baiser sur les lèvres. Anne aurait aimé rester longtemps dans les bras du jeune homme.
Mais celui-ci s’écarte brusquement d’elle, prend son blouson, le met sur son épaule, se dirige vers la porte, l’ouvre et descend en courant les escaliers. Anne se précipite sur le palier et appelle :
-Godefroy, reviens !
Pas de réponse. Le silence s’est installé de nouveau, la minuterie s’est éteinte. Anne rentre, referme la porte effleure ses lèvres de ses doigts ; elle ressent encore le baiser du garçon. Elle s’allonge sur le lit. La voix de Thépaud se fait entendre.
-Moi je serais à ta place j’irai, je n’attendrais pas plus longtemps. Il est charmant ce jeune homme, suis mon conseil, vas-y !
-Tu crois ? demande-t-elle en se relevant sur le coude.
-ANNE Vas-y ! C’est plus qu’une suggestion, c’est un ORDRE !
Anne pas très convaincue prend le parti de s’habiller et de rejoindre Godefroy à l’endroit de la compétition, mais, où avait-elle lieu ? Il avait dit en Bretagne.
-Je vais passer à la radio, murmure-t-elle. Ils me renseigneront bien.

Quelques heures plus tard, sur le lieu du concours Anne cherche son ami. Ses pas la dirigent vers les vestiaires des concurrents. Elle entend une conversation mouvementée. Elle s’approche du vestiaire d’où viennent les voix.
Elle va pour partir mais un homme sort, le visage convulsé de colère, la voit, se précipite sur elle et la fait entrer dans le vestiaire. Un autre homme est là. Avant qu’elle n’ait pu dire quoique ce soit, un des individus prend la parole et dit à l’autre :
-La voilà notre candidate. Comme qui dirait tombée du ciel. HA ! Ah ! Ah !
Anne comprend ce que veulent faire ces deux hommes. Elle s’y refuse et leur déclare en essayant de sortir :
-Je n’irais pas. Je n’ai jamais volé sur ces trucs là !
-Ne discute pas ! dit l’un des homme en sortant une arme et en la menaçant ; Il y a du fric en jeux et c’est pour notre poche. Si la fille avait été là, tu n’aurais pas besoin de faire ça. Dépêches-toi on n’a pas de temps à perdre.
Ils la bousculent et l’enharnachent. En deux temps trois mouvements la voici entraînée sur la piste et projetée dans les airs.

Les sensations qu’elle ressent sont indéfinissables, elle a l’impression de connaître cette situation. Elle plane, elle est heureuse pendant quelques instants. Puis, elle comprend qu’elle se rapproche dangereusement d’une falaise. Impossible pour elle de virer. La barrière rocheuse est toute proche, elle va s’écraser dessus, elle s’y écrase.

Revenons à Godefroy. Il est installé près des caméras de télévision. Un haut-parleur annonce l’envol d’une candidate. La caméra fait un gros plan sur elle. Godefroy reconnaît Anne. Il dévale les gradins, se précipite vers les organisateurs en criant :
-Empêchez-la de partir, elle n’a jamais fait cela, ce n’est pas la candidate !
-Je suis Mlle Michaud, dit une jeune fille aux organisateurs. Cette fille est une intrigante.
Trop tard, Anne est dans les airs. Godefroy revenu devant les caméras suit le vol de son amie. Lorsqu’il la voit s’écraser contre la falaise, il hurle, la foule l’a suivi dans son hurlement.
Un hélicoptère est prêt à partir, Godefroy est le premier à monter dedans. Quelques instants plus tard il se trouve près du lieu du drame. Il est le premier à descendre, suivi par les secouristes.
Ils s’approchent des débris du delta. Deux des secouristes soulèvent les restants du delta, pensant trouver Anne. Godefroy a le cœur serré. Il retient ses larmes. Stupéfaction sur tous les visages. Il n’y a rien sous les débris de l’aile delta. Les hommes se regardent incrédules.
-Elle est peut-être sur la falaise, dit Godefroy.
-Ne vous inquiétez pas, je suis là et bien vivante, crie Anne assise sur un rocher.

Que c’était-il donc passé ? Revenons à la chute, au ralenti, s’il vous plaît ! Anne avec son aile delta s’écrase sur la falaise. Elle pense que sa dernière heure est arrivée, mais, au lieu de tomber comme une pierre, elle descend doucement. Comme si une main invisible la retenait. Elle arrive sans encombre au sol, se débarrasse de ses sangles et de sa combinaison. Elle regarde les débris de l’aile, soupire et dit :
-Et bien ! Je crois que je me souviendrais de cette journée. Je me demande comment je m’en suis sortie ! J’ai peut-être une faculté que je ne connais pas encore. Reste calme ma fille ! Ce sera beaucoup mieux pour toi. Tient ! Un hélicoptère ! L’histoire n’est pas finie. Il me faut retrouver ces deux types et tirer leur affaire au clair.
La voyant sur cette roche Godefroy reste un court instant les bras ballants. Après cet moment de stupeur, il court vers la jeune fille, la prend doucement dans ses bras. Il la serre tout contre lui.
-Je ne rêve pas, dit-il en la serrant plus fort. C’est bien toi, tu es vivante ! Ce n’est pas croyable. Explique-moi, pourquoi as-tu fait ça ?
-Arrête, arrête ! Tu vas me faire tomber. Je t’expliquerai plus tard. Pour l’instant j’ai un compte à régler avec deux types là-haut !
Les secouristes arrivant, elle leur dit.
-Ne vous inquiété pas pour moi, je vais très bien. Il me faut remonter le plus vite possible et alerter la police. Les deux hommes qui étaient avec moi doivent être arrêtés.
En terminant sa phrase elle saute du rocher tout en prenant la main de Godefroy et se dirige vers l’hélicoptère, suivis par les secouristes stupéfaits. Les autorités policières alertées arrêtent les deux malfrats qui prenaient la fuite.
A leur descente de l’engin ils sont assaillis par les journalistes et la foule. Avec difficulté ils se frayent un passage. Anne veux retourner aux vestiaires récupérer son sac et ses papiers. Ayant retrouvés ses affaires, elle se dirige vers sa voiture. Godefroy lui prend le bras.
-Tu vas où, là ? demande-t-il.
-Prendre ma voiture. Je rentre à la maison. Tu prends la tienne et tu me suis, répond-elle.
-Ah ! NON ! dit-il en l’attirant brutalement à lui. J’ai eu trop peur de te perdre ! Tu viens avec moi. Ta voiture on la fera chercher !
Anne hausse les épaules et suit Godefroy.
Le voyage se fait en silence. Arrivé dans l’appartement de son amie, le garçon s’allonge sur le lit et s’exclame :
-Je suis bien contant que cette journée soit finie, quelle aventure ! La prochaine fois, si je pars, je t’attache ou alors je t’emmène de force avec moi ! Maintenant tu vas m’expliquer ce qui est arrivé réellement. Je ne veux pas parler de l’affaire des deux types, j’y crois. Cependant, je ne crois pas à l’explication que tu as donnée pour ta chute.
-Je vais te préparer un bon poulet rôti, dit-elle en s’asseyant sur le lit. Et après… après… nous ferons la fête. Tu veux bien ? Nous reparlerons de ces choses plus tard.
Elle se lève et à voix basse :
-Oui, bien plus tard.
-Ce que femme veut ! Je m’incline, dit Godefroy en faisant la grimace.
Il se lève à son tour et embrasse Anne. Un bruit de chute les fait sursauter. Ce n’est que Thépaud qui ayant sauté sur la table, a fait tomber le vase de fleurs. Heureusement, il n’y a pas de casse. Godefroy ramasse vase et fleurs, pendant que Anne éponge l’eau.
A suivre …
Anny M

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2 responses to this post.

  1. heureusement que tu es là pour raconter une histoire ! cet aprem; personne sur le net grosses bises! a ce soir ou demain pour la suite

    Réponse

  2. Tu racontes très bien les histoires chère Annie

    L’année s’achève et on va bientôt commencer la 2011,
    avec tout ce qu’elle nous réserve d’inconnus.
    Avançons avec confiance vers notre avenir.

    Je te souhaite une très BONNE ANNÉE !!!
    Amitiés, Flo-Ray

    Réponse

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