Bon fin d’après-midi


Chapitre 8

La Ville

VIE DE CHÂTEAU MOUVEMENTÉE

Six mois se sont écoulés. Wilhelm et Adeline sont partis chercher des armes et des munitions en dehors de la ville. En rentrant dans celle-ci, ils sont pris en chasse par des policiers.
Ils courent vers le parc. Un des poursuivant tire et touche Wilhelm à l’épaule. Il s’écroule, Adeline revient sur ses pas.
Le jeune homme en la voyant revenir lui fait signe de partir et s’évanouit. Elle entend le groupe d’homme arriver.
Elle a juste le temps de tirer Wilhelm sous un buisson en priant les grandes instances supérieures de les protéger. Ils ont dû l’entendre, car les policiers ne les trouvent pas et repartent vers une autre direction.
Adeline pousse un ouf de soulagement, examine la blessure de Wilhelm. Elle lui fait un pansement précaire. Elle prend le sac qu’il portait et le met sur son dos.
Le jeune homme est sorti de son inconscience, elle l’aide à se lever. Ils arrivent avec peine à l’entrée d’un souterrain menant aux racines du château, et à se glisser dans celui-ci.
Elle aide Wilhelm à s’asseoir par terre et repart effacer les traces qu’ils ont laissées. En revenant elle constate que le jeune homme s’est évanoui de nouveau.
Difficilement elle le réanime. Il essaie de se soulever et pousse un cri de douleur.
– Ne bouge pas pour l’instant, dit-elle. Je vais aller chercher du secours. Ne t’inquiète pas pour les armes, elles sont à côté de toi. Ne bouge pas, je reviens tout de suite.
Elle laisse son ami et remonte en courant l’escalier qui mène aux salles supérieures. Elle fait glisser un panneau et se retrouve dans le grand salon. Elle reste un instant sans bouger, écoutant les bruits, il n’y a personne.
Alors elle file sans bruit vers la chambre de ses amis en pensant y trouver Florien. Hélas, il n’est pas là.
Ariadne est surprise de voir la jeune fille faire éruption dans la chambre, sans avoir frappé, et refermer la porte doucement.
– Où est Florien ? demande Adeline essoufflée, à Ariadne.
– Il n’est pas là, son père l’a fait appeler, il paraîtrait que les policiers sont sur le point d’arrêter certains émeutiers. Pourquoi veux-tu le voir ? Pourquoi ce sang sur toi ?
– Wilhelm est blessé, avoue Adeline, se sentant obligée de dire à son amie ce qui se passe. Il est dans les souterrains. Je t’expliquerai plus tard, s’il te plaît, il faut faire vite. Nous devons le ramener sans que personne ne puisse le voir.
Plus Adeline parle, plus le visage d’Ariadne devient sérieux. Elle comprend que de graves événements se sont produits. Elle se lève et met une robe de chambre.
– Si je comprends bien, il y a urgence. Alors, dépêchons-nous.
Toutes deux se dirigent, dans la pénombre, vers le grand salon. Arrivées là, elles font une rencontre.
Une femme de chambre est à une des fenêtres. Elle cache quelque chose derrière son dos en les entendant arriver. Ariadne devenue méfiante demande à la femme d’une voix autoritaire :
– Que faites-vous à cette heure-ci ?
Devant le silence de la domestique, elle s’approche d’elle et la secoue. Une lampe électrique tombe sur le parquet. Adeline la ramasse et la donne à son amie.
– Que faisiez-vous, demande Ariadne encore une fois.
– Je faisais des signes à mon petit ami, avoue la femme de chambre. Pour qu’il vienne me rejoindre. Il fait partie de la garde du gouverneur. Je ne faisais rien de mal.
– Votre comportement ne me satisfait pas, déclare Ariadne, elle se tourne vers Adeline. Tu vas enfermer cette personne dans sa chambre. Nous reparlerons de tout cela avec mon époux, lorsqu’il rentrera. Allez, va, c’est un ordre.
Adeline exécute rapidement l’ordre. Arrivée à destination, elle pousse la jeune femme dans la chambre sans ménagement.
– Toi, tu ne perds rien pour attendre, dit la prisonnière à Adeline. Tu te crois en sécurité près d’elle, c’est là que tu te trompes.
Adeline referme la porte de la chambre et la verrouille. Elle retourne rapidement ver Ariadne. Toutes deux sont devant l’entrée du passage secret.
Adeline fait glisser le panneau et les deux amies s’engouffrent dans l’escalier. Le panneau se referme derrière elles. En courant elles descendent les marches qui les mènent aux souterrains.
C’est avec soulagement que Wilhelm voit arrivée Adeline, suivie d’Ariadne. A elles deux, elles arrivent à le soutenir et à le mener vers l’escalier.
La remontée se fait très lentement. Enfin elles arrivent dans la chambre du garçon et l’allonge sur le lit. Le jeune homme perd connaissance de nouveau.
Elles le déshabillent et le mettent sur le ventre. Ariadne examine la blessure.
– Il a perdu beaucoup de sang et je crois qu’il va falloir extraire la balle.
Ayant extrait le projectile, Adeline pousse un soupir.
– La balle a été arrêtée par l’os de l’omoplate, dit-elle. Maintenant nous devons le panser.
– Attend, dit Ariadne. Je crois qu’il n’y aura pas besoin de pansement, à moi de faire.
Adeline s’écarte du blessé. Ariadne s’approche et pose délicatement ses mains sur la plaie. Adeline regarde alternativement Ariadne et Wilhelm.
La jeune femme voit la blessure se refermer petit à petit. Elle voit Ariadne auréolée de lumière. Plus la lumière s’intensifie plus la lésion se ferme.
Cela dure pendant vingt minutes. Le dos du jeune homme est aussi lisse que s’il n’avait pas été blessé.
– Comment as-tu fais cela ? demande Adeline. C’est merveilleux !
– J’ai fait, c’est tout ! répond Ariadne. Aide-moi à le mettre sur le dos. Sa perte de connaissance va se transformer en sommeil. Demain il sera en pleine forme.
Elles l’installent confortablement.
Adeline prend les vêtements tachés de sang et les camoufle en attendant de les faire disparaître.
Ensuite elle s’approche de lui, lui touche le front, constate qu’il n’a pas de fièvre et que sa respiration est régulière.
Elle se rapproche d’Ariadne et lui déclare en la serrant dans ses bras :
– Je ne serai jamais comment te remercier, mais qu’as-tu ? Tu es si pâle.
– Je me sens très fatiguée, dit Ariadne d’une voix faible en passant sa main sur son front. Veux-tu m’accompagner jusqu’à ma chambre. Tu pourras ainsi m’expliquer pourquoi Wilhelm a été blessé et ce qui se passe en ce moment. N’aies crainte, il va bien. Tu peux le laisser seul un instant.
Adeline soutient Ariadne, qui défaille et l’emmène dans sa chambre, l’aide à se dévêtir et à se mettre au lit.
Son amie installée, elle lui révèle l’existence de la révolte qui est entrain de mûrir.
– Je sentais bien qu’il se passait quelque chose, dit Ariadne d’une voix ensommeillée. J’espère que tu es consciente du danger qui te guette. Je ne puis rester éveiller. Je suis trop fatiguée. Adeline, j’ai très peur pour toi et Wilhelm, mais ne t’inquiète pas, je ne dirai rien à personne, même pas à Florien. Je sais très bien que je ne peux rien faire pour arrêter cela et qu’un changement doit arriver.
– Ariadne, Florien est avec nous, dit Adeline.
– Lui aussi, dit-elle en se soulevant à demi. Je soupçonnais quelque chose, mais je me disais que ce n’était pas possible. Adeline, veille sur lui.
Sur ces mots elle s’endort. Adeline sort de la chambre sans bruit. Avant de retourner près de Wilhelm, elle repart vers les souterrains afin de mettre les armes en lieu sûr.
Lorsqu’elle revient près du jeune homme, celui-ci dort paisiblement.
Elle s’installe sur le lit, tout près de lui et le regarde dormir. Elle le veille et sans s’en rendre compte, elle s’endort.
C’est ainsi que Wilhelm la trouve en s’éveillant. Il se soulève sans la réveiller. Il est étonné de ne ressentir aucune douleur.
Intrigué, il se gratte la tête. Il revoit les événements de la nuit. Il ne comprend pas, se lève, se regarde dans le grand miroir de façon à voir son épaule, nulle trace de blessure.
– Je rêve, s’écrie-t-il, je rêve !
Son exclamation a réveillé Adeline. Elle se lève à son tour, lui saute au cou et l’embrasse.
– Non, tu ne rêves pas, comment te sens-tu ?
– j’ai bien été blessé, n’est-ce pas ? demande-t-il à voix basse, en la prenant par les épaules. Je n’ai pas rêvé, ou, alors, je rêve maintenant. Les armes où sont-elles ? Et que vient faire Ariadne dans toute cette histoire étrange ?
– Tu n’as pas rêvé, tu as bien été blessé, nous avons échappé aux policiers et les armes sont en sûretés. C’est à Ariadne que tu dois ce miracle elle…
– Et d’Adeline aussi, déclare Ariadne en entrant dans la chambre et en refermant la porte. Je viens d’entendre ce qu’elle vient de dire, en ouvrant la porte. Elle t’a extrait la balle, ensuite ce fut simple, ne me demande pas comment j’ai fait. Adeline, va te changer. Quand à toi, Florien t’attend dans le petit salon. Il paraît que tu dois partir tout de suite.
– Ce n’est pas croyable, dit Florien en prenant son ami dans ses bras. J’ai été mis au courant, c’est pour cela que mon père m’a fait appeler hier soir. Ensuite, je suis revenu aussitôt que j’ai pu et je te trouve en pleine forme. Ariadne m’a tout raconté. Pour l’instant assez palabrer. Mon père nous a fait appeler, je suis sûr qu’il te soupçonne. Il ne va pas en croire ses yeux, si on lui a dit que tu étais presque mort, ce sont les rumeurs qui circulent à la caserne. Allez ! Nous devons partir !

Le gouverneur en voyant Wilhelm a du mal à réprimer sa surprise. Il annonce aux jeunes gens qu’ils sont envoyés en mission, Florien au nord de la Ville et Wilhelm au sud.
Une fois les jeunes gens partis, certain que son espion, s’est trompé, le gouverneur, le fait mander rapidement. L’espion n’être autre que la femme de chambre qu’Ariadne avait surprise.
– Pourquoi, m’as-tu menti ?
– Je ne vous ai pas menti. J’ai vu, de mes yeux vu, Mademoiselle et Madame. Elles m’avaient enfermées dans ma chambre, mais j’en suis sortie. Je les ai vu soutenir le jeune homme, l’ami de Monsieur, il était blessé. Elles sont entrées dans sa chambre avec lui. J’étais cachée. Je n’ai pas pu entendre ce qui se passait dans, les portes sont capitonnées. Une heure plus tard, elles sont ressorties pour aller dans la chambre de Madame et Monsieur, alors, je suis partie vous avertir. Il y a une seule chose que je ne sais pas, c’est d’où elles sont venues. Je vais chercher. Je vous le dirai. Je ne vous ai pas menti. S’il vous plaît, ne faite pas de mal à mes parents.
– Qu’as-tu encore à nous dire ? demande le gouverneur.
– Je dois vous dire que j’ai vu Mademoiselle, l’autre jour, voler les bijoux de Madame, déclare-t-elle encore pour se venger d’Adeline. Elle les a cachés dans sa chambre.
– Laissez-moi régler cette affaire, dit la femme du gouverneur, venue le rejoindre. La domesticité me regarde. Va, dit-elle à la jeune femme, l’entretien est terminé, retourne à ton poste

A suivre …
Anny M

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2 responses to this post.

  1. ma lecture du soir est faite bisous et bonne soirée!

    Réponse

  2. Encore un très beau chapitre ma chère Annie!! C’est fantastique ces beaux miracles dans ce monde magique ma douce amie!!
    Bon week-end et gros bisous xxxx

    Réponse

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