Survolons ces rivières enchantées avant d’aller nous reposer. Bonne nuit !!!



La Voulzie

Élégie

S’il est un nom bien doux fait pour la poésie,
Oh ! dites, n’est-ce pas le nom de la Voulzie ?
La Voulzie, est-ce un fleuve aux grandes îles ? Non ;
Mais, avec un murmure aussi doux que son nom,
Un tout petit ruisseau coulant visible à peine ;
Un géant altéré le boirait d’une haleine ;
Le nain vert Obéron, jouant au bord des flots,
Sauterait par-dessus sans mouiller ses grelots.
Mais j’aime la Voulzie et ses bois noirs de mûres,
Et dans son lit de fleurs ses bonds et ses murmures.
Enfant, j’ai bien souvent, à l’ombre des buissons,
Dans le langage humain traduit ces vagues sons ;
Pauvre écolier rêveur, et qu’on disait sauvage,
Quand j’émiettais mon pain à l’oiseau du rivage,
L’onde semblait me dire :  » Espère ! aux mauvais jours
Dieu te rendra ton pain.  » – Dieu me le doit toujours !
C’était mon Égérie, et l’oracle prospère
À toutes mes douleurs jetait ce mot :  » Espère !
Espère et chante, enfant dont le berceau trembla ;
Plus de frayeur : Camille et ta mère sont là.
Moi, j’aurai pour tes chants de longs échos…  » – Chimère !
Le fossoyeur m’a pris et Camille et ma mère.
J’avais bien des amis ici-bas quand j’y vins,
Bluet éclos parmi les roses de Provins :
Du sommeil de la mort, du sommeil que j’envie,
Presque tous maintenant dorment, et, dans la vie,
Le chemin dont l’épine insulte à mes lambeaux,
Comme une voie antique est bordé de tombeaux.
Dans le pays des sourds j’ai promené ma lyre ;
J’ai chanté sans échos, et, pris d’un noir délire,
J’ai brisé mon luth, puis de l’ivoire sacré
J’ai jeté les débris au vent… et j’ai pleuré !
Pourtant, je te pardonne, ô ma Voulzie ! et même,
Triste, tant j’ai besoin d’un confident qui m’aime,
Me parle avec douceur et me trompe, qu’avant
De clore au jour mes yeux battus d’un si long vent,
Je veux faire à tes bords un saint pèlerinage,
Revoir tous les buissons si chers à mon jeune âge,
Dormir encore au bruit de tes roseaux chanteurs,
Et causer d’avenir avec tes flots menteurs.

Hégésippe MOREAU (1810-1838)

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4 responses to this post.

  1. bonjour moi je m’eveille et jespere bien me rendormir bises

    Réponse

  2. Tu as toujours des choses fantastiques à partager avec nous Annie!!!!
    Merci ma douce amie!! Que le soleil soit dans ton coeur!!
    Amitié et gros bisous xxxxx

    Réponse

  3. Bonsoir Annie ,
    Des Vers aussi , je suis épris
    J’en dépose là , par Courtoisie
    Envers une Dame , qui aimait la Voulzie.

    Sillage.

    Dans Mon Sillage s’en vont des Mots , des Mes Passages au fil de l’ Haut.
    Certains se Perdent , errent sous l’Amer , Hors Des rives et Portent à Mère.
    Des Vers Sommeils , jetés à l’Eau , Autant de Traces qui Dorment en Corps.
    ~
    La Plume légère s’en va au Vent , Le Vent la prends , un Temps l’emporte.
    Le Temps l’ efface aux Grains des Dunes . La Lune les Sablent par Chemins.
    Sur ces Chemins , Croisent des Refrains, Ils sont d’Avant , pour mes Deux mains.
    Ouverts aux Songes , il restent sous Vents des Ecrits vains , des Lettres Mortes
    ~
    Chaque Sillage parle d’un Destin, un jour sans f in , des idéaux , Remis à Flots.
    Il draine l’effort de toute une Vie , part un matin , ramer à Torts contre l’Envie.
    Sonder les Âmes au bord d’un Lac. Chercher une Dame , Mener sa Barque.
    Sur les Reflets , par Transparence , lire sur les Maux, Non dits , Avides de Sens.
    Porter une Onde par le Ressac , sous la Surface d’un Monde Opaque ,
    à la Lumière.
    ~
    Pour un Sillage , au Large d’une Terre , qui refléterait, l’Amour d’une Mère.
    ~
    NéO

    http://drenagoram4444.wordpress.com/onde/sillage/

    Drenagoram

    http://drenagoram4444.wordpress.com/

    Réponse

  4. Bonsoir Annie,
    Ici aussi veille la Magie
    La Vieille Magie , c’elle de la Vie
    Au cours d’une Nuit , elle c’est Vertu
    Se Drape de Blancs Flocons de Neiges.
    Au Cours du Jour , Elle est Perdue
    Cherche le Soleil , son viel Amour.
    Entre les Vents , elle est Tendance,
    Cherche tout le Temps , les Belle Nuances.
    De l’Arc en Ciel , elle est l’Epouse
    De ses Couleurs , il la Jalouse.
    Elle c’est la Mère , une Dame Nature.
    Elle n’à de Pairs que l’Univers.
    NéO.
    a Bientôt Annie. Bonne Nuit.

    Réponse

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