Retrouvons nos héros …



Chapitre 3

La Ville

RETOUR DE FLORIEN

 

Les sept mois d’entraînement prennent fin. C’est la veille du dernier jour d’épreuves. La soirée est bien avancée. Florien est allongé sur sa couchette, il pense à Ariadne.
Il a su par un message de sa mère que la jeune fille est auprès d’elle. Pas une journée, pas une nuit, Ariadne n’a quittée son esprit. Son compagnon de chambrée lui demande. Il porte le prénom de Wilhelm. Il est grand et athlétique, ses cheveux sont couleurs de blés mûrs, son visage est aimable, illuminé par de grands yeux bleus. A ses côtés Florien semble plus jeune.
– Tu penses à Ariadne ?
– Comment connais-tu son nom ? Je n’en ai jamais parlé.
– Tu le dis assez souvent dans ton sommeil, réplique Wilhelm en pouffant de rire. Tu ne dois pas t’ennuyer dans tes rêves.
– WILHELM ! s’exclame Florien, un peu honteux que l’on ait pu découvrir le secret de son cœur.
– Moi aussi, il m’arrive de rêver aux filles que j’aime bien. Mais toi, tu m’as l’air d’y être bien accroché à cette fille, tu l’as connue comment ?
– Le jour de mon départ. Bon, maintenant que te voilà renseigné, laisse-moi, veux-tu ?
Wilhelm abandonne son ami à ses pensées. Il sait que le demain sera une journée d’épreuves. Il soupire. Il aime bien son compagnon de chambrée. Une amitié profonde les lie.
Il ne se serait jamais douté, qu’il était le fils du gouverneur. Il n’avait découvert cette filiation que quelques jours plus tôt, en entendant une conversation entre deux gradés. Quelle différence entre le père et le fils.
Pour Wilhelm, le gouverneur n’a pas de cœur. « De toutes façons, se dit-il, pourquoi attendre des sentiments d’un homme qui tient son peuple en esclavage ? » Sur ce soliloque, il s’endort.
L’heure de la dernière épreuve, la plus difficile de toutes est arrivée. Les jeunes hommes qui réussissent à la passer deviennent l’élite de l’armée.
Dans ce lieu d’entraînement, Florien y a été envoyé par son père. Mais pour d’autres, il n’en a pas été de même. Les garçons qui sont dans ce camp, savent de façon certaine que s’ils étaient restés dans la ville aucun moyen raisonnable d’existence n’était à leur disposition.
Les solutions : devenir militaire ou être un jouet dans les mains de certains puissants personnages de la ville. Voilà pourquoi beaucoup de jeunes gens choisissent l’armée. L’entraînement niveau cinq est l’un des plus dangereux et bien des adolescents y perdent la vie.
Lorsque Wilhelm et Florien arrivent sur le lieu de l’épreuve tout est mis en œuvre pour déstabiliser le moral des candidats. Devant eux sont ramenés des garçons blessés ou morts. Les gradés ricanent en les regardant.
– Voilà ce qui arrive lorsqu’on est pas agile, bande de balourd ! dit un des gradés d’une voix railleuse. Bientôt ce sera votre tour. C’est surtout à toi que je parle blanc bec, fils à papa ! dit le gradé en interpellant Florien. Tu ne vas pas rigoler, ton père a donné l’ordre pour que tu ne t’en tires pas !
En réaction à ces paroles, Florien serre les poings et fait un pas pour attaquer l’homme.
– Arrête, dit Wilhelm en le retenant par le bras. Il n’attend que ça pour pouvoir te donner un blâme. Ce serait trop bête arrivé si près du but. Concentre-toi sur l’épreuve.
Florien pousse un soupir et se dit :
– Je ne sais pas ce que je ferai pour voir mon père tomber de son trône. Pour qui se prend-il. Je jure que si je réussi cette épreuve, je vais mettre tout en œuvre pour que cela change la situation devient intolérable.
Wilhelm réussit l’épreuve. C’est autour de Florien. Il se dirige vers le lieu, qui se trouve être un grand bâtiment rectangulaire.
Ce n’est qu’un long couloir bétonné, dont les parois intérieures sont des miroirs. Il y a une porte à chaque extrémité de la bâtisse.
Le but de l’épreuve est d’aller d’une porte à l’autre. Pour y arriver le candidat doit passer au travers d’un réseau de rayons laser, véritables épées de lumière.
Florien entre dans le couloir. Il se concentre. Les rayons commencent à être diffusés dans la pièce. Tout d’abord en faible densité, afin de tromper le concurrent. Rapidement, intensité augmente.
Il ferme les yeux. Il doit absolument arriver au bout du couloir, pousser la porte pour sortir de cet enfer en se projetant au sol le plus vite possible, car lorsque la porte s’ouvre un énorme parpaing de ciment est projeté contre l’ouverture.
Le jeune homme s’imagine que Ariadne est là qui l’attend dehors. Alors, il fonce. Plus d’une fois les rayons sont prêts de l’atteindre, il les évite en maîtrisant ses élans et ajustant ses sauts.
Lorsqu’il arrive à la porte salvatrice, il est à bout de force. Il la pousse en se projetant contre elle et atterrit tel un boulet de canon sur l’herbe qui entoure le bâtiment.
Wilhelm se précipite et l’aide à se relever :
– Ton père est un être exécrable, souffle-t-il à l’oreille de Florien. C’était vrai ce qu’a dit le gradé.
– Je le sais, mais évite de dire ces choses-là ici, réplique Florien dans un souffle en posant sa main sur l’épaule de son ami.
Des applaudissements se font entendre. Les examinateurs s’approche du jeune homme et le félicite. Ils sont étonnés de sa performance et ne peuvent qu’applaudir son exploit.
Les deux jeunes gens sont promus officiers.
Florien se fait une joie de retrouver sa mère et Ariadne. Hélas pour lui son espoir est déçu. Son père ayant appris sa victoire, ordonne qu’il soit immédiatement intégré dans l’armée en faction à l’extrême nord de la contrée.
Ce n’est que six mois plus tard, que le jeune homme retrouve les deux personnes chères à son cœur. Ariadne est dans les jardins, lorsque Florien revient. La mère du garçon l’ayant prévenue, elle est impatiente de le voir. Un bruit de pas sur le gravier la prévient qu’il arrive. Les deux jeunes gens courent l’un vers l’autre. Ils s’embrassent avec tendresse. Ariadne reste blottie un instant dans ses bras.
– Je suis heureuse de te voir, dit-elle d’une voix tremblante d’émotion. Mère m’a expliqué où tu es parti, j’ai eu très peur pour toi. Je suis attristée, tout cela est arrivé à cause de moi.
– Peu importe, dit Florien en la serrant très fort. Aujourd’hui, je suis près de toi.
Tous deux reviennent vers la demeure. Un chat déboule devant eux, portant dans sa bouche, un oiseau. Ariadne arrive à attraper le chat et lui prendre l’oiseau. Elle constate que celui-ci est inerte.
– Pauvre petite bête, si heureuse de vivre, dit-elle tristement.
Elle approche l’oiseau de ses lèvres et se met à souffler dessus. Florien voit un miracle s’accomplir devant lui. L’oiseau se met à bouger et à se rétablir sur ses pattes. Il reste un instant immobile, Ariadne lève les bras et l’oiseau prend son envol.
Florien reste sans voix devant ce prodige. La jeune fille lui paraît auréolée de lumière. Un rayonnement magique émane d’elle, elle est très belle. Il l’attire contre lui et l’embrasse avec tendresse, elle répond à son baiser. Doucement ils s’écartent l’un de l’autre étonnés, tous deux de découvrir l’amour.
– As-tu dis à quelqu’un que tu pouvais faire ça ? demande-t-il inquiet.
– Non, jamais, répond-elle.
– Nous garderons ce secret pour nous deux, dit-il. Il serait dangereux pour toi si quelqu’un d’autre le savait.

A suivre …
Anny M

Publicités

2 responses to this post.

  1. heureusement tu es là ; bonne lecture en ce jour de pluie ! a suivre : bisou

    Réponse

  2. Florien est un homme très courageux, très différend de son père qui a le coeur dur et est très cruel!!
    Il a enfin rejoint sa belle!! Que c’est beau l’amour!!
    Merci pour cette belle histoire Annie!!!
    Bonne fin de journée et gros bisous xxxx

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s