La soirée s’annonce calme


Chapitre 12

En l’an 2200

Les garçons dorment depuis une heure. Thaïs se réveille et va dans la cuisine, elle a soif. Elle se fait une tisane et s’installe à la table.
En entourant la tasse de ses mains, elle réfléchit aux événements, soupire, boit sa tisane et repart vers sa chambre.
Elle ouvre la porte de celle de Nessa, constate que la jeune fille est endormie et trouve Arwann toujours dans la même position, celle dans laquelle, Lawrence l’avait trouvé.
Elle s’approche de lui et lui pose la main sur l’épaule. Arwann sursaute, se retourne et voit la jeune fille.
Il se lève et s’assoit sur la chaise. Thaïs voit alors, ses yeux rougis par les pleurs. Elle s’approche de lui, lui prend la main et dit à voix basse :
– Elle va guérir, ne t’inquiète pas.
– Je sais qu’elle va guérir et très vite. Mais je ne sais pas comment lui annoncer que sa mère est…
Il s’arrête de parler et soupir. Thaïs, après un instant de silence, le prend par la main.
– Viens avec moi. Tu vas tout m’expliquer.
Elle l’entraîne vers la salle commune. Il se laisse guider. Elle l’installe à la table et lui serre une tisane.
Il lui narre les événements qui se sont passés pendant qu’elle dormait, mais omet de lui dire que Larwence et Vivien doivent partir.
– Me voici condamné à vivre sur Terre, pendant trente années, termine-t-il.
– Pourquoi ont-ils été si dur ? N’aurais-tu pas le droit d’aller porter secours à ceux que tu aimes ?
– En tant que membre de l’assemblée, j’aurais dû resté neutre et ne pas réagir. Mais mon cœur ne pouvait supporter cette blessure. Mon épouse est partie sans m’avertir. Je n’étais pas inquiet de ne pas la voir, elle partait souvent avec notre fille pour s’occuper des arbres et des plantes. C’est une de leurs activités là-bas. J’étais venu leur dire que l’on avait décidé de séparer Brocéliande de la Terre, comme je leurs avais promis. C’est en repartant vers l’assemblée que j’ai reçu l’appel de Lawrence. J’ai dû expliquer au conseil, que je devais rejoindre mon épouse pour l’aider… je leur ai menti, ça c’est une faute.
– Je ne comprends pas pourquoi Amy est venue nous aider. Elle aurait dû être punie, elle est venue sur Terre.
– Elle avait reçu l’ordre de superviser et d’aider ceux qui devaient se battre.
– Si tu dois rester sur Terre pourquoi ne pas vivre ici avec nous ? Lorsque Amy sera délivrée, car je suis sûre qu’elle sera délivrée. Elle viendra te rejoindre.
Il la regarde et lui passe la main sur les cheveux et soupire.
– Tu es gentille.
– Où est Lawrence ? demande-t-elle.
– Je crois qu’il est parti dormir. Il m’a installé un lit dans sa chambre. Mais avant d’aller se coucher, il est venu te voir, dit-il encore en voyant la déception dans les yeux de Thaïs. La nuit n’est pas terminée, tu devrais aller te reposer, moi je vais retourner près de ma fille.
Les enfants se réveillent de bonne heure. Ils sont étonnés de ne voir personne de lever. Lisette prend l’initiative de faire le petit déjeuner à Erick et à Elise.
Ils sont installés autour de la table lorsque Arwann entre dans la salle commune. Erick en le voyant se lève brusquement et se met devant ses sœurs.
– ATTENTION ! Si tu approches, je sais me défendre, Lawrence et Vivien, m’ont appris, dit-il en se mettant en position de défense.

La réaction du jeune garçon fait rire aux éclats Arwann. Erick vexé s’avance vers lui, toujours menaçant.
– Tu peux rire, je suis un dur, moi !
– Je n’en doute pas, dit Arwann en reprenant son sérieux. C’est très courageux de ta part de vouloir protéger tes sœurs. Mais vois-tu, tu n’as rien à craindre de moi. Je me présente, je m’appelle Arwann et. Je suis le père de Nessa.
– Le père de la jeune fille blessée, dit Lisette. Thaïs en à parler hier soir. Je suis triste pour elle.
– Tu veux bien me couper une tranche de pain, demande Elise à Arwann. J’ai encore faim !
Arwann s’exécute.
C’est ainsi que Vivien les trouve en entrant dans la salle commune. Il s’approche de la table et dit :
– Bonjour les enfants ! Bonjour Arwann ! Nessa, comment va-t-elle ?
– Elle dort, elle n’a plus de fièvre. Si tu veux aller la voir, vas-y. Je n’ai pu encore lui parlé, dit-il encore d’une voix triste.
Vivien ne se le fait pas dire deux fois. En entrant dans la chambre, il constate qu’Arwann ne lui a pas menti.
Il s’assoit sur la chaise et la regarde avec tendresse. Elle bouge dans son sommeil et se réveille brusquement. Vivien s’approche d’elle.
– N’est pas peur, je suis là !
Nessa le regarde sans le comprendre, puis l’ayant reconnu, elle lui sourit. Elle veut se soulever et grimace de douleur. Vivien la soutient et lui arrange ses oreillers.
– Ne bouge surtout pas ta blessure peut se rouvrir.
– Où est mon père ? J’ai eu l’impression qu’il était là. J’ai dû rêver, il doit être là-bas, chez nous.
– Non, tu n’as pas rêvé, il est bien ici. Je vais aller le chercher, veux-tu ?
– Oui, s’il te plaît.
Le garçon part chercher Arwann. Lorsqu’elle voit son père entrer dans la chambre, elle lui tend les bras en pleurant.
Il serre sa fille avec tendresse. Tous deux pleurent sur l’épaule de l’autre. C’est Arwann qui se reprend le premier. Il s’écarte d’elle et lui essuie ses larmes.
– Explique-moi exactement ce qui c’est passé. Pourquoi mon épouse a-t-elle décidé de partir et avec toi ?
– Elle ne voulait pas m’emmener, c’est moi qui aie insisté. Après que tu sois parti à l’assemblée, elle est restée assise près de la fenêtre sans bouger et les yeux dans le vague. Soudain elle s’est tournée vers moi et elle m’a dit :
– Je ne peux pas laisser faire Balor, car je sais qu’en suite il s’attaquera à Gisors en premier et il continuera sa destruction, ce sera de nouveau le chaos sur Terre. Je ne peux pas le laisser faire ça. Ils ont trop donné d’eux même pour recommencer la lutte. Je vais prendre les choses en mains, je vais l’attirer sur le point le plus haut de la forêt de Brocéliande et grâce à cette antenne qui est restée debout… je m’aiderai de l’antenne et de la foudre pour le faire prisonnier.
– C’est ce qu’elle m’a dit. Je ne voulais pas qu’elle parte seule, je l’ai suppliée, elle a cédé et m’a fait promettre d’aller trouver Larwence, si cela tournait mal pour nous. Lorsque nous sommes parties, elle a créé un brouillard entre nous et Gwynvrynn. Lorsque nous sommes arrivées dans la forêt, elle a commencé à installer son piège. C’est alors que Balor est arrivé. Je n’ai rien pu faire, il m’a bousculé et s’est emparé de maman, je me suis souvenue de la promesse. Je suis partie le plus vite possible, mais j’ai été blessée par le poignard qu’il m’a lancé avant que je réussisse à me projeter ici. J’espère qu’il ne m’a pas fait suivre.
– Je ne pense pas qu’il t’ait fait suivre. N’aies pas peur, je suis ici et pour longtemps, dit-il en lui expliquant ce qui lui était arrivé dans la soirée.
– Je vais être punie, moi aussi ainsi que maman. As-tu réussi à la localiser ?
– Nessa, tu as fait un geste inconsidéré et ta mère également, dit-il sans répondre à sa question.
Il pousse un soupir.
– Je vais regarder ta blessure.
Les éclats de rires des enfants fusent dans la tour et réveillent Thaïs. Elle s’étire et se lève.
Lorsqu’elle passe devant la porte de Nessa, elle entend la jeune fille parler avec son père, elle n’ose pas les déranger et se dirige vers la salle commune.
Tout le monde est là pour l’accueillir avec joie. Lisette vient à elle.
– C’est moi qui ai fait le déjeuner. As-tu bien dormi ?
– Oui, ma chérie, j’ai bien dormi. Où est Lawrence ?
– Je suis là, dit le jeune homme en sortant de la cuisine. Assieds-toi, je t’apporte ton déjeuner.
– On peut aller jouer ? demande Erick.
– Oui, vous pouvez, mais pas dehors, pas encore, répond Larwence. Et ne faites pas trop de bruit. Nessa se repose.
Les enfants partis, les trois jeunes gens déjeunent. Thaïs mange en silence. Elle se rappelle ce que lui a raconté Arwann. Elle attend que Lawrence lui parle, mais celui-ci semble perdu dans ses pensées. Ni tenant plus, elle dit :
– Cette nuit, je me suis levée et j’ai parlé avec le père de Nessa. Il m’a appris que vous étiez partis, lui et toi. Tu aurais dû m’avertir.
– Tu dormais et avec ce qui t’était arrivée, je n’ai pas voulu te réveiller.
– Tu aurais quand même dû me réveiller.
– Oui, oui, j’aurai dû te réveiller, arrête s’il te plaît ! Bon, que je t’explique, lorsque je suis revenu, tu dormais encore, alors, je suis allé me coucher. J’étais fatigué, très fatigué. Peux-tu comprendre ça ?
– Oh ! Arrêtez de vous disputer. J’aimerai que le calme revienne, dit Vivien.
– Arwann m’a dit qu’il avait été condamné à rester ici, reprend calmement Thaïs. J’ai eu la nette impression qu’il me cachait quelque chose. Il pleurait en parlant d’Amy. Peux-tu me raconter comment cela s’est passé ?
Lawrence lui narre les faits dont il a été le témoin et ce qui a été décidé en haut lieu. Thaïs se met à pâlir. Elle se lève de table, va à la cuisine, revient, s’assoit et soupir.
– Vous aller partir, alors ? demande-t-elle tristement. J’espère que vous arriverez à temps pour sauver Amy. Soyez prudent, surtout.
Un silence s’installe. C’est Vivien qui le premier revient à la réalité.
– Alors, c’est à moi qui appartiens de la délirer. Et toi, tu vas me protéger ? Il y a quelque chose qui m’échappe. Pourquoi ne font-ils rien pour elle ? Ils sont plus forts que nous ! Et leur armée ? Elle leur serre à quoi leur armée ? Elle va se battre contre qui ?
– Elle est là pour combattre les troupes de Balor, dit Arwann en entrant dans la salle.
– C’est qui, ce Balor ? demande Vivien en lui coupant la parole.
– Vivien, réveille-toi, c’est notre principal ennemi, c’est le chef suprême de la M.E., dit Lawrence.
– Merci, dit Arwann. Donc, je reprends, sur Terre ces troupes ont été complètement défaites. Il lui importe peu d’avoir sacrifié ses hommes ; il a des troupes encore plus puissantes. Son projet est de devenir maître absolu de l’univers et d’être maître tout puissant de Gwynvrynn. Ce n’est pas contre les terriens que l’armée de l’autre monde va combattre, mais contre des êtres semblables à nous.
– Je ne comprends toujours pas, pourquoi, c’est nous qui devons aller dans son repaire, dit Vivien.
– Parce que vous êtes son point faible. Il ne conçoit pas que des êtres vivants dans ce monde-ci puissent l’attaquer. Vous avez la possibilité de le vaincre. En ce moment il se sent fort. S’il a enlevé mon épouse, c’est pour nous faire du chantage. Il y a bien longtemps, nous l’avons chassé de Gwynvrynn. Il veut se venger. C’est pour cela que nous restons impassible.
Il s’arrête de parler, pousse un soupir et reprend.
– Moi, je n’ai pas pu, je l’aime trop.
– Arrête de te faire du mal, dit Lawrence en lui posant la main sur l’épaule. Tu vas la revoir, je te jure que nous la ramènerons.
Arwann hoche la tête et reprend :
– J’espère que dans son orgueil, il a oublié de faire suivre Nessa, lorsqu’elle s’est sauvée. C’est certainement pour cela qu’il interrogeait Amy, pour savoir où était partie notre fille. S’il ne peut savoir où elle est, votre chance est là.
– Peux-tu nous affirmer que Thaïs et les enfants, quand nous serons partis, n’auront rien à craindre ? demande Lawrence.
Avant de répondre, Arwann regarde Thaïs d’un air gêné. La jeune fille étonnée leur demande :
– Qu’ai-je fait
– Tu n’a rien fait, dit Lawrence, mais je…
– Thaïs, dit Arwann. Lawrence veut t’expliquer que tu as été victime d’une attaque de Balor. Il avait réussi à te joindre par la pensée en t’envoyant ce rêve. C’est lui aussi qui a appelé et qui a provoqué ton évanouissement, mais comme tu ignorais ce qu’il voulait savoir, il n’a pas insisté. Ensuite j’ai créé une barrière entre toi et lui. Tu n’as plus rien à craindre.
– Il a fait ça ! Il peut faire ça ! Mais c’est abominable ! Qu’allons-nous devenir si Lawrence et Vivien partent, demande Thaïs atterrée.
– Je serais là, réplique Arwann. On m’a condamné à vivre sur Terre, mais je reste le même, mes facultés n’ont pas été retirées. Il y aura Nessa. Bientôt, elle sera sur pied ; nous avons la faculté de guérir rapidement.
– Que fais-tu, là-bas à Gwynvrynn ? demande Vivien à Arwann.
– Je fais, je faisais partie des membres de l’assemblée.
– Ça consiste en quoi ? demande-t-il encore.
– Nous prenons des décisions pour le bien-être de la cité. Surtout, notre action est de maintenir la stabilité entre les deux univers. C’est pourquoi Amy avait été envoyée sur Terre pour superviser l’organisation des défenses de la planète.
– C’est votre organisation qui a décidé de détourner notre navette ? demande Lawrence. Amy m’a parlé de ça.
– Oui, mais c’est un fait exceptionnel. Je dois vous informer, que tous les deux, je m’aperçois qu’Amy ne vous a pas parlé. Vivien et toi, vous êtes des nôtres.
– Comment ça ? Des vôtres ? Je ne comprends pas, dit Lawrence.
– Vos parents comme moi, à une certaine époque, avaient outrepassé les conventions de Gwynvrynn. Ils se sont retrouvés dans ce monde-ci, c’est ici que vous êtes nés. Nous vous suivons depuis votre naissance et lorsque nous avons vu l’ampleur que prenaient les actions de Balor, nous avons pris la décision de vous envoyer dans une autre époque. Temps approprié pour combattre l’ennemi.
– C’est Balor qui a tué nos parents ? demande Vivien.
– Ils sont chez nous, là-bas. Vos pères seulement, vos mères sont mortes pendant les combats.
– Nos pères sont là-bas ? Pourquoi ne nous ont-ils pas emmenés avec eux ? Ça ne se fait pas d’abandonner des enfants, s’exclame Vivien.
– Ils ne le pouvaient pas, dit Arwann.
– Vous êtes bizarres dans votre assemblée. Je n’ai jamais vu ça, dit encore Vivien.
– Ce n’est pas nous qui avons décidé cela, dit Arwann.
– Ce n’est pas vous ? demande Larwence. Il y a donc une personne au dessus de vous ? C’est elle qui vous commande ? Pourquoi a-t-elle décidé cette chose impensable ?
– OUI, pourquoi ? renchérit Vivien.
– Parce qu’elle connaît l’avenir et qu’il étaient important pour vous d’être élevés comme les enfants de ce monde-ci.
– Qui donc est cette personne ? Et pourquoi ne vous a-t-elle pas prévenue de ce qui allait se passer ? Si… elle connaît l’avenir, dit Vivien.
– Cette personne est notre mère à tous, c’est Anann !
– Peut-on rentrer en contact avec elle ? J’aimerai lui poser certaines questions, dit Lawrence. Vivien a raison.
– On ne peut pas lui poser de questions, cela ne se fait pas. C’est elle qui par contre, nous pose ses conditions.
– Si j’ai bien compris, dit Lawrence. On n’en sera pas plus pour l’instant. Je trouve cette histoire assez aberrante, mais je suis sûr qu’un jour la réponse arrivera. J’en pose encore une cependant. Thaïs est-elle comme nous ?
– Son père a été initié par Amy. N’oublie pas, qu’elle est de sa famille.
– Merci, dit Lawrence. Mais tous cela ne me dit pas comment nous allons pouvoir battre ce monstre.
– C’est pour cela que Thorin vous a donné quatre jours. Il vous faut des forces et discuter autour d’une table, n’est pas la meilleure des solutions. Venez, tous les deux avec moi dans la crypte.
– Et moi, je fais quoi ? demande Thaïs.
Toi, répond Arwann en lui souriant. Va trouver Nessa. J’ai bien peur qu’elle veuille se lever. Il ne le faut pas, fais en sorte qu’elle se ménage. Elle n’est pas tout à fait rétablie, elle doit rester encore au lit pendant quelques jours.

A suivre …
Anny M

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One response to this post.

  1. Ta petite histoire rejoint un peu mes croyances qu’il existe plusieurs dimensions à la vie, dont la vie après la mort, j’espère que tu as édité cette histoire!! Elle est si bien écrite et si intéressante à suivre!!
    Passe une très belle semaine ma chère Annie!!!
    Amitié et gros bisous xxxxx

    Réponse

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