Rappel douloureux


Allar aldir
ou
A travers les âges

Chapitre 44
Souvenirs de Loegairi

Æadan les accueille avec curiosité, Ansuz lui explique la raison de leur venue.
– Je vois qu’en plus de tous ses talents, Diane à la réflexion dit Æadan en souriant. De la réflexion et de la mémoire. Jera, où veux-tu nous emmener ? Il est vrai que certaine vérités ne sont pas bonnes à dire, ici sur Kermëtæ en ce moment.
– Je vous emmène chez moi, dit Jera, nous y serons plus tranquilles. Donnez-vous tous la main.
En un instant, les voici chez Jera. Elle les fait entrer dans sa maison. Il n’y a jamais eu sur Kermëtæ ou sur Terre, une maison comme celle-là.
Lorsqu’ils entrent dans la demeure, elle paraît grandir au fur et à mesure qu’ils avancent. Lorsqu’ils pénètrent dans la pièce où Jera les installe, les murs semblent étincelants de lumière, la pièce est vide. Elle fait apparaître une grande table ronde et des sièges autour. Tous s’installent. Jera demande à Ansuz de répéter ce qu’il a narré. Le sage s’exécute. Tous écoutent en silence. Son récit terminé, il se tourne vers Diane. Elle prend la parole.
– Pourquoi cette guerre a-t-elle été déclarée ? demande-t-elle. Surtr y est-il pour quelle chose ? Où se trouvait le territoire de ta famille ? Loegairi, peux-tu me répondre. Si j’ai bien compris, le lieu d’habitation de ta famille se trouvait à Lýsigull.
– Notre territoire se trouvait à l’entrée de la forêt de Lýsigull, face à Banag, il était divisé en deux par la petite rivière qui se nomme Gioll. Nous avions nommé notre territoire, Gjallar-Brû.
– C’est à cause de cette guerre, que ton père a décidé d’installer votre communauté ailleurs ? Il y avait longtemps que tout cela était terminé, je ne comprends pas, dit Diane.
– Je pense que oui, répond Loegairi. J’étais jeune alors.
– Pourquoi ne dis-tu pas la vérité ? demande Ansuz. Diane doit savoir.
– Crois-tu vraiment que cela puisse l’intéresser ? demande Loegairi. J’aimerai garder mes souvenirs au fond de moi.
– Loegairi, dit Jera. Chaque blessure que tu as dans ton cœur est une faiblesse par laquelle Surtr peut attaquer. Quelle que soit la douleur que tu as eue, il faut réussir à s’épancher, et évacuer ce mal qui te ronge depuis tant d’années.
– Comment, peux-tu savoir cela ? demande Loegairi à Jera. Je n’ai jamais rien dit à personne, même pas à mon père.
– L’heure est venue de le dire, Loegairi, affirme Jera.
Loegairi pousse un soupir, regarde ceux qui l’entourent, pousse un autre soupir et s’installe plus confortablement sur son siège. Il a l’impression qu’un énorme poids vient de se poser sur ses épaules, il sent que son cœur se serre. Des images surgissent dans sa tête, il se met à parler.
– j’avais sept ans, c’était un après-midi, comme tous les après-midi. J’étais entrain de jouer près de Gioll, avec mes petits camarades, dont Ulgrin. Lorsque tout à coup, une forte bourrasque de vent se leva, de la grêle se mit à tomber. Instantanément nous nous arrêtâmes de jouer. C’était la première fois, dans notre jeune vie, que cela arrivait. En courant, nous sommes parvînmes à nous mettre à l’abri dans une petite grotte, le vent soufflait de plus en plus fort. Nous étions serrés les uns contre les autres, tellement la peur qui était en nous, était grande. La bourrasque s’était transformée en tornade. Il nous fut impossible de sortir. Peut-être trois heures après, tout est redevenu calme. Lorsque nous sortîmes de notre abri, le spectacle qui s’est offert à nos yeux était effroyable, beaucoup de maison n’existait plus, les arbres qui poussaient le long de la rivière étaient couchés par terre. Gioll, elle-même avait changée, elle charriait des troncs d’arbres, des toitures. Ce qui était le plus impressionnant, c’était le silence. Après le bruit de la tempête, ce silence, nous impressionnait, il nous faisait mal. J’ai soudain pensé à ma mère, qui était avec la mère d’Ulgrin dans notre maison. Elles avaient réuni toutes les filles, petite et grandes, dont les sœurs d’Ulgrin, pour leur apprendre, je ne sais plus… Tous les deux, Ulgrin et moi, nous courûmes à en perdre le souffle, jusqu’à la maison. Il n’y avait plus de maison, un grand trou se trouvait, à la place de ce qui avait été notre foyer. Sous le couvert des bois quelqu’un criait, c’était la voix d’une femme, elle appelait au secours, nous courûmes vers l’endroit d’où provenait la voix. C’était ma mère, elle gisait là. Je me suis agenouillé auprès d’elle, elle était blessée. J’ai voulu la prendre dans mes bras, mais elle était beaucoup trop lourde. Elle me prit la main, et dans un souffle, me raconta, qu’elles avaient été attaquées par des Thurses, qu’elle, elle avait réussie à s’enfuir, afin de chercher de l’aide, c’est alors, qu’elle avait vu la maison s’envoler dans un énorme tourbillon de ventelle est morte en me tenant la main.
Loegairi s’arrête de parler, des larmes coulent sur son visage. Diane le regarde atterrée, jamais, elle n’avait vu son ami dans cet état de douleur.
– Continue, demande Jera, avec douceur, à Loegairi.
– Ça me fait très mal de raconter tout cela, dit-il en regardant Jera. Mais, puisqu’il en est ainsi, je continue. Nous avons entendu des voix qui appelaient, les secours arrivaient. Asugilas, nous, emmena dans sa demeure. Je n’arrivais plus à parler, cela, a duré longtemps.
– Où était donc ton père, demande Diane.
– Il était à Alfrodull, avec toi, Æadan, dit-il en le regardant. Il y avait un conseil, je crois. Lorsque mon père est rentré
Quand nous avons appris la terrible nouvelle, dit Æadan en prenant la parole. Nous sommes partis sur-le-champ à Gjallar-Brû. Lorsque nous sommes arrivés là-bas, ce n’était que désolation. Tous les habitants rescapés étaient chez Asugilas. Il me restait, mon fils ; mon épouse et mes filles avaient disparues. Ton père, fou de douleur a décidé alors, d’emmener son peuple et son fils, loin de l’endroit où ce terrible malheur était arrivé. Surtr nous avait pris nos épouses et nos filles.
A suivre …
Anny M

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3 responses to this post.

  1. eh bien la voilà la suite! je croyais ne plus voir les billets d’ailleurs ! c’est le q29 qui a changé : bisous et bon vendredi!

    Réponse

  2. Posted by myrina on 21 octobre 2010 at 11 h 29 min

    Bonjour Anny

    Je revois mon enfance
    J’adorai ce gensre de livre et ça n’a pas changé
    Merci pour ces textes
    Bonne journée à toi

    Réponse

  3. Bonjour Annie

    Enfin lol!!! j’ai accès a ton blog, merci pour ton courriel sur lequel tu ma donné l’adresse de ton blog.

    Magnifique ton blog.

    Je vais t’ajouté a ma liste d’ami (es) sur mon blog, cette liste est situé sur la colonne de droite.

    Je t’invite a venir lire mes articles sur mon blog, ils sont tous très intéressant, tu est la bienvenue.

    Bonne journée et a bientôt.

    Bisous

    Réponse

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