Des amis sont arrivés


Allar aldir
ou
A travers les âges

Chapitre 31
Jera questionne

Le groupe s’approche d’eux. Jera va directement vers Katell et lui demande d’un ton qu’elle veut sans réplique :
– Bonjour jeune fille, je suis Jera. J’aimerai parler avec toi. J’ai appris tes exploits. Viens me les raconter, là-bas, sous cette tonnelle, nous serons plus tranquilles.
Elle entraîne la jeune femme, celle-ci jette un regard à Diane qui lui fait signe de ne rien craindre.
– Raconte-moi ton enfance, demande Jera.
Katell lui décrit sa vie à l’orphelinat en compagnie de Dick, brimée et mise à l’écart par ses camarades, jusqu’au jour où William vint les chercher et les adopter. Chez lui, elle s’était retrouvée entourée de frères et de sœurs.
– Cela va peut te paraître étrange, mais montre-moi tes avants bras, demande Jera.
Katell relève ses manches. Jera a un sursaut lorsqu’elle voit sur l’avant bras droit, une cicatrice en forme de spirale.
– Depuis quand as-tu cette marque ?
– Je l’ai depuis toujours. J’ai dû avoir un accident lorsque j’étais bébé.
– C’est fort possible, répond Jera en soupirant. Tu as eu une enfance bien triste.
– C’est vrai, mais cela m’a fait comprendre que l’amitié est un trésor. J’aime beaucoup Diane et Dick.
– Je comprends. Tes parents ont dû beaucoup te manquer.
– Bien souvent, je pense à eux, je les rêve; je les imagine dans un beau pays, mais, je n’arrive pas à rentrer en contact avec eux. Quelqu’un m’en empêche. Je me suis habituée à les rêver, et à leur parler.
– Continues-tu à leur parler ?
– Pas souvent, mais cela m’arrive, répond Katell. Elle pousse un soupir et se met à rougir
– Pourquoi rougis-tu ?
– C’est sans importance.
– Tout a de l’importance pour moi.
– Et bien voilà, un visage m’est apparu brusquement, cela n’a rien à voir avec toi. Je voilà je ne sais pas comment aborder quelqu’un.
– Un homme qui te plaît ?
– Non, pas un homme, mais un elfe.
– Un elfe ? Qui ?
– C’est Ulgrin.
– Le fils d’Æadan ! Il y a très peu de temps que tu es ici.
– C’est lui qui m’a adressé la parole. Il m’a demandé, si je faisais partie de son peuple. Et tout à l’heure lorsqu’il est arrivé…
– Oui ? Que s’est-il passé ?
– Rien, il est parti avec Loegairi.
– Ah ! Bon ! Aurais-tu quelques penchants pour lui ?
– Il m’a fait grand effet. Dois-je lui parler, ou dois-je attendre qu’il vienne à moi ?
– Je crois surtout qu’il te faut, avant tout être sûre de toi, de tes sentiments en vers lui, pour lui parler ainsi. S’il te parle, reste simple.
– Merci Jera, puis-je rejoindre mes amis ?
– Tu le peux, et merci d’avoir été franche avec moi.
Katell s’éloigne. Jera reste assise et la regarde partir. Des larmes commencent à perler de ses yeux. Elle secoue la tête, essuie ces quelques perles d’eau salée, se redresse, se lève et se dirige vers la demeure. Ansuz la voyant partir, fronce les sourcils et la suit. Arrivé à sa hauteur, il lui demande :
– Diane et Loegairi ne partent pas avec toi ?
– Je viendrais les chercher tout à l’heure pour l’instant, j’aimerai être seule.
– Je n’aime pas ça du tout, réplique Ansuz. Que s’est-il passé ?
– Katell est ma fille. Surtr me l’avait enlevée, lorsque j’étais prisonnière chez lui.
– En es-tu certaine ?
– Oui, elle a la marque que je lui ai faite à sa naissance, répond Jera. Te rends-tu compte qu’elle est allée chez lui ?
– Oui, mais elle a réussi. Je comprends maintenant ce que nous a dit Victor. Surtr fait rechercher dans l’avenir, les enfants qu’il y a envoyés. Il sait pertinemment qu’ils sont doués. Et les parents du garçon, qui sont-ils ?
– Toi … dit Jera.
– Je n’ai pas souvenance d’avoir eu un fils…
– Pourquoi pas, souviens-toi de celle que tu as laissée. Tu ne voulais pas la mettre en danger. Déjà tu combattais Surtr. Elle a disparu de Win.
– Tu crois que … non, non, je l’aurai su…
– Ce n’est pas certain. Je me souviens que tu étais parti voir Asugilas. Aed avait décidé de quitter la forêt. Et quelque mois plus tard, c’est moi que ce monstre a enlevée. J’ai réussi à m’évader aidée en cela par Algir; quant à lui, je ne sais pas ce qu’il est devenu, TíwaR n’a jamais rien voulu me dire, peut-être pour sa sécurité, j’ai soupçonné qu’il l’avait envoyé en mission. Pour en revenir à Erna, elle n’a pas eu ma chance, elle…
– Alors, tu penses que Dick est mon fils. Mais comment savoir ?
– Lorsque l’antre sera investi. Je sais où se trouvent ses cachots. Erna doit y être encore prisonnière. Il ne tue pas ses prisonniers, mais en fait des esclaves.
– Jera, ne nous éparpillons pas dans des suppositions. Accomplissons ce que nous devons faire. Tu emmènes Diane et Loegairi. Moi, je m’occupe des dispositions à prendre.
– OUI ! Essayons de ne pas trop faire palpiter nos cœurs. Je vais les attendre dans ta chambre. Envoie-les-moi.
Jera part d’un pas décidé. Ansuz la regarde, pousse un soupir, hausse les épaules et part à la recherche de Loegairi. Il le trouve assis bavardant avec Ulgrin, qui est entrain de lui révéler le secret de son cœur, qui, n’est autre que Katell. Le sage entend les derniers mots et fronce les sourcils. Il s’approche d’eux et leur déclare :
– Ce n’est pas le moment de rêver d’amour. Loegairi va dans ma chambre. Ulgrin, tu devrais aller voir ton père. Il est temps de se réveiller. Qu’est-ce que c’est que toutes ces jérémiades amoureuses ?… Allez ! Bougez-vous !
Les deux elfes se lèvent tout penauds et partent chacun de leur côté. Ulgrin est surpris de voir l’air sombre de son père, mais ne lui demande rien et attend patiemment, que celui-ci lui expose ce qui a été décidé. Ansuz, retrouve Diane en compagnie de Victor et de ses amis. Il lui demande d’aller rejoindre Jera et Loegairi. Resté avec Victor, il l’entraîne vers la maison.
– Comment as-tu connu ces jeunes gens ? demande-t-il.
– Chez mon ami William. Il a adopté huit enfants en plus de Dick et Katell, Diane s’est entraînée chez lui.
– Où est-il en ce moment ?
– Il est parti se cacher avec eux.
– Peux-tu le joindre ?
– Oui, pourquoi ?
– Il serait, lui et ses protégés en sécurité ici, ne crois-tu pas ?
Le sage, lui raconte comment s’est passée la première guerre contre Surtr, cette guerre entre le peuple de Win et l’être des ténèbres; et comment celui-ci avait fait prisonniers plusieurs hommes et femmes de Win, ainsi que l’enlèvement de leurs enfants.
– Je te demande, de le faire venir expressément, finit-il. Surtr ne se doutera pas, que ceux qu’il a voulu brimer soient à la portée de sa main. Il n’a plus aucune possibilité de pouvoir entrer ici.
– S’il en est ainsi, je ne comprends pas pourquoi tu as envoyé, Diane et Loegairi ailleurs. S’ils sont avec Jera, ils sont sur Win, n’est-ce pas ?
– Ils sont chez Jera. Elle habite un espace différent, comme tu dirais dans ton langage.
– OK ! Je repars là-bas et je reviens avec William. J’espère que Surtr, ne va pas me mettre des bâtons dans les roues. Si je ne reviens pas c’est que j’aurai échoué. Alors, je souhaite que vous tous, vous allez continuer, et le réduire en miettes.
– Ne t’inquiète pas, nous ferons tous ce que nous pourrons. Mais la principale action se sera Diane et Loegairi qui la feront.
– Ils réussiront, sinon, je me fâche ! Dis au revoir à tout le monde de ma part.
Ansuz salue Victor. Quelques minutes plus tard le sage rejoint Katell et Dick et leur explique ce que l’on attend d’eux. Dick lui demande si Victor les accompagnait dans cette campagne. Le sage lui répond que celui-ci vient de repartir vers l’avenir, préparer lui aussi le combat. Il l’enjoint d’aller auprès de Glenn.
– Si tu veux, je peux t’explique en détail le plan de l’antre, dit Katell, restée seule avec lui, extérieur comme intérieur. Ce sera plus facile pour pouvoir approcher.
– Est-ce que tu as vraiment tout vu ? demande-t-il, sans lui révéler qu’il connaît cet endroit.
– Je suis restée quatre heures, là-bas, répond-elle.
– As-tu vu des cachots ?
– Non, mais j’ai vu beaucoup de gens travailler, peut-être des prisonniers; ce n’étaient pas des Thurses.
– Bien, tu vas m’expliquer ça. Suis-moi. Ansuz l’entraîne vers la salle d’études d’Æadan et l’installe à une table. Explique-moi comment peut-on entrer dans cet endroit.
– Il y a un sasse, répond-elle.
– Un sasse, je ne comprends pas, qu’est-ce un sasse ?
– C’est une entrée. Il y a une porte un couloir et une autre porte.
– Bien ! As-tu été dans ce lieu ? demande-t-il en lui montrant une partie de la carte.
– Le temps qui m’était imparti se terminait, mais si tu veux, je peux y retourner.
– Non, pas pour l’instant. Tu vas aller rejoindre ton ami. Il est avec Glenn.

Katell quitte Ansuz. Elle essaie de se retrouver dans tous les dédales de couloirs de la demeure. Elle va pour se transformer lorsque au détour de l’un d’eux, elle rencontre Ulgrin. Prenant son courage à deux mains, elle lui demande :
– Je dois rejoindre Glenn et Dick. Par où dois-je passer ?
– Viens, je vais te conduire à eux.
Le parcours se fait en silence. L’un et l’autre aimeraient se parler mais n’osent pas. C’est Katell qui se risque la première. Elle lui parle de sa vie dans l’avenir. Ulgrin lui parle de la sienne. Chemin faisant, ils s’aperçoivent, qu’il y a entre eux, certaines affinités.
A suivre …
Anny M

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One response to this post.

  1. Posted by Mamily on 30 septembre 2010 at 15 h 26 min

    Elle se lit si bien cette belle histoire Annie!!!
    Merci pour cette belle lecture mon amie!!
    Bonne fin de journée et gros bisous xxxx

    Réponse

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