La soirée s’annonce calme


 

Allar aldir

ou

À Travers les âges

Chapitre 22

L’attaque de Diane

Jera explique aux deux frères le subterfuge qu’a employé Surtr pour pénétrer dans la demeure, ses essais infructueux pour déstabiliser le conseil, ainsi que sa manipulation contre Diane. Les deux elfes restent sans voix. Après quelques minutes de silence, Æadan dit :

– Sur l’instant, je m’étonnais aussi, qu’il y ait une faille sous la cascade, les événements se sont précipités, je n’y ai plus pensé. Es-tu sûre, que l’ennemi ne viendra plus nous surprendre ? Le livre, où est-il ?

– Victor l’a détruit, répond Jera.

– Pourquoi Diane n’est-elle pas partie avec lui, demande Aed. Je m’inquiète pour elle, depuis l’enlèvement de sa mère. Tous ces incidents s’entremêlent.

– Rassurez-vous l’ennemi ne reviendra pas de si tôt, dans cette demeure, nous la protégeons. C’est pourquoi, il est préférable pour Diane qu’elle reste ici.

En s’éveillant notre amie voit Ansuz assis près de son lit. Elle lui sourit, puis se rappelles. Elle se soulève en s’écriant :

– Victor ! Il faut que je m’habille, il va être furieux !

– Non ! Non, Victor est parti avec le professeur cet après-midi.

– Je reste ici ? Il a changé d’avis !

– Oui, il a compris que ce n’était pas la meilleure solution, répond Ansuz. Tu peux te lever. Je te laisse, je dois aller me rendre compte de certaines choses par moi-même. Profite de ces instants de solitudes pour réfléchir à tes actes et ce qu’il en a découlé.

Diane se lève et se vêt. Sa fatigue s’est estompée. Soudain elle frissonne. Les images de son cauchemar lui reviennent de plein fouet. Elle s’assoit sur son lit et soupire. Certaines paroles de William lui reviennent en tête.

Mes enfants lorsque des événements vous obsèdent, écrivez-les.

Elle s’installe à sa table et fait le bilan des faits.

*****

Laissons-la faire sa conclusion et revenons quelques heures plus tôt. Loegairi vient de quitter celle qu’il aime. Au détour d’un couloir, il se retrouve nez à nez avec Glenn et Eichtorn.

– Bonjour ! Eichtorn, où dois-je mener Glenn ?

– Près de Leif-Thrasir. Cette route doit être bloquée. Aucune troupe de l’ennemi ne doit passer.

– Peut-on avant de partir, étudier des cartes de la région ? demande Glenn.

– Viens, nous allons demander à Æadan, dit Eichtorn.

Chemin faisant Glenn, soupire. Eichtorn se tourne vers lui.

– Tu penses à Aife, n’est-ce pas ?

– C’est exact et j’aimerai savoir, comment allez-vous faire pour la délivrer ?

– Il nous faudrait assiéger son antre et il est immense, répond Eichtorn. Diane a recopié les plans de cet endroit, mais je m’abstiendrai d’y toucher. Tu nous vois dans un désarroi le plus complet. Il faut attendre la décision du conseil. Notre ennemi a peut-être installé des pièges impensables pour nous autres, pauvres humains. Je crains pour Aife, mais nous ne pouvons agir sans réflexion. Je ne pense pas, qu’elle soit très loin d’ici, la meilleure solution est la patience.

– Oui, je comprends, mais lui, va-t-il être patient ? réplique Glenn.

– C’est un rusé, vil et rusé, dit alors Loegairi. Il attaque toujours de façon insensée. Mais il sait, que l’on ne peut changer l’ordre du temps sans s’en mordre les doigts. J’ai peur pour Aife moi aussi.

Au tournant d’un couloir, ils rencontrent Dollenns qui cherche Victor, explique-t-il. Laissant le professeur à ses recherches, ils poursuivent leur chemin.

Dans la bibliothèque tous trois examinent les cartes. Loegairi, lui, subtilise les plans copiés par Diane et les cache sous ses vêtements.

– Je crois que nous pouvons y aller, dit Glenn. J’aurai aimé dire au revoir à ma fille, mais il est trop tard. Nous avons perdu assez de temps. Eichtorn, dis-lui que je l’aime et surtout qu’elle soit prudente.

Trois jours plus tard, ils sont arrivés à l’entrée de Leif-Thrasir ; le campement est rapidement installé. Glenn dispose des gardes autour du camp. Ensuite il rejoint Loegairi, assis près du bivouac.

– Je te vois bien songeur, à qui penses-tu ?

– Je pense à Diane. Elle dormait lorsque je suis parti.

– Bien sûr qu’elle dormait … attends un peu, tu es allé la voir ?

– Oui, j’ai passé la nuit avec elle, répond-il en le regardant droit dans les yeux.

– J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui te chagrine dans son départ.

– Oui et non, c’est étrange, je ressens ce qu’elle vit en ce moment. Cette nuit, hum … ! Je me plains à toi, qui, es son père.

– C’est vrai, je suis son père, mais j’espère, être aussi ton ami. Je comprends ce que tu perçois … , j’ai aimé sa mère , la mémoire me revient peu à peu.

– Sais-tu qu’elle a épousé Asugilas ?

– Oui, je le sais. Moi-même, je suis marié, je ne l’ai pas dis à Diane, mais bientôt, elle aura un petit frère ou une petite sœur. Ce que je ressens pour Aife actuellement, c’est un sentiment de grande amitié.

– Lorsque tu l’aimais, n’as-tu jamais senti que tu faisais partie d’elle ? Comme si un lien invisible mais solide vous liait tous les deux ? Avec ton épouse actuelle, éprouves-tu le même sentiment que moi j’ai envers Diane ?

  • Peut-être je ne sais Le sentiment qui lie deux personnes qui s’aiment, c’est l’amour, je ne vois que cette réponse là à te donner.

    A Alfrodull

Remontons dans le temps, de trois jours. Pendant que Diane analyse ses faits et gestes, Ansuz a rejoint les deux frères en compagnie d’Eichtorn, revenu à la demeure sur la demande de Glenn, inquiet pour sa fille. Æadan les met au courant des faits et gestes de Surtr. Le sage hoche la tête.

– Cela s’est avéré un bienfait pour Diane, qu’elle ait joué la comédie, mais nous ne devons rien lui dire. Elle doit le découvrir par elle-même. Elle doit apprendre à se contrôler. Elle a beaucoup de qualités, mais elles sont brutes. Comment se passent les recherches ? Avez-vous trouvez une piste ?

– Mes pisteurs y travaillent, répond Æadan. J’attends des nouvelles d’un instant à l’autre. Ils ne sont pas encore revenus.

En entrant dans la chambre, il trouve la jeune femme entrain d’écrire. Il lui demande en se penchant vers elle.

– Que fais-tu ?

– J’ai marqué, tous ce qui s’est passé depuis la découverte du manuscrit jusqu’à maintenant. Je n’ai plus, qu’à analyser tout cela.

– Je t’écoute, dit Ansuz en allant s’asseoir sur le lit.

– Voici les événements qui me paraissent étranges, après l’enlèvement de ma mère … est-ce vraiment un enlèvement ? En premier … j’ai découvert le manuscrit, en deux … le professeur est apparu. En trois … sa proposition pour changer l’avenir. Revenons aux cartes. Les solutions d’approches de l’antre, étaient trop faciles. Tout était faux, c’était un piège. J’aurai dû m’en apercevoir. Quant au professeur, je me suis trompée, ce n’était pas lui. Il n’aurait jamais proposé cela. Autre chose, comment est-il venu jusqu’à nous ? Victor est toujours en relation avec Abi, pour cela, il s’aide d’un bracelet, elle nous aurait prévenus de son arrivée. Que j’ai été stupide ! Mais … si ce n’était pas le professeur, qui était-ce ? Oh ! Non ! L’ennemi lui-même ! C’est cela n’est ce pas ?

– Tu as raison, c’était lui ! Mais il n’a pas réussi sa manœuvre.

– Oui ! Bien sûr ! Il a insisté pour que je parte. J’en frémis. Par tous les Dieux ! VICTOR !

– Ce n’est pas lui qu’il visait.

– C’est moi ! La petite comédie que j’ai jouée, m’a sauvée la vie. Mais pourquoi étais-je si fatiguée ? Et ce rêve ? … L’enlèvement de ma mère … m’a perturbée, c’est une chose. J’ai touché le livre et je l’ai feuilleté. Peut-être y avait-il un poison hallucinogène sur les pages. Pourquoi suis-je aussi têtue ?

– Ne t’en veux pas trop. Tu viens par ton raisonnement de franchir un grand pas.

– Il faut détruire ce manuscrit.

Ansuz lui apprend que Victor a détruit celui-ci. La discussion entre le sage et la jeune femme, continue jusqu’à l’aube.

Une semaine a passé depuis les événements. Aife n’a pas été encore retrouvée.

En fin de journée, sont réunis, Eichtorn, Ansuz et Diane, autour des deux frères, Gyllir étant reparti à Noatun; la discussion porte sur les événements.

Diane reste silencieuse. Soudain elle sursaute et pousse un cri. Tous se taisent, elle leur dit d’une voix angoissée :

– Je vois le campement de mon père ! Il faut les avertir du danger.

– Que vois-tu, demande Aed.

– Il y a un brouillard qui se forme autour du camp, cela n’est pas normal. Je vais essayer encore une fois.

– Non ! Arrête, pas pour l’instant, dit Ansuz. Suivez-moi.

Il l’entraîne près de la source. La nuit est étoilée et la lune commence sa ronde. Le sage prend la main de Diane et s’approche de l’eau. Les deux frères et Eichtorn restent sur les hauts de la rive. Ansuz demande à la jeune femme, tout en lui tenant toujours la main.

– Deviens Ana. Oublie ce qui t’entoure, tu n’as rien à craindre, je t’accompagne. Nous allons tous deux partir en dehors du temps. Respirons à la même cadence. Regardons l’eau, c’est elle qui nous guidera.

Un profond silence les entoure. Tout s’estompe autour d’eux. Peu à peu apparaît le camp entouré de brumes. Ils se projettent au centre de celui-ci. Tout le monde dort. Diane veut lâcher la main d’Ansuz pour aller secouer Loegairi endormi.

– Tu ne peux le toucher. Ce ne sont que nos esprits qui sont ici, mais tu peux rentrer dans ses rêves. Moi je vais faire de même avec Glenn.

Diane acquiesce de la tête. Elle se penche sur l’elfe et entre dans ses songes. Il se dirige en compagnie d’Ulgrin vers Muspell. Diane apparaît devant eux.

– Loegairi, réveille-toi ! Tout le camp est en danger, vous avez tous été endormis. Réveille-toi, fait l’effort de te réveiller. Loegairi, écoute-moi, Loegairi, vous êtes en danger de mort !

L’elfe bouge dans son sommeil. Diane continue de lui parler. Soudain il se réveille en sursaut, regarde autour de lui et s’aperçoit que Diane a dit la vérité. Il se lève d’un bon et va trouver Glenn, qui, lui aussi s’éveille. Le branle-bas de combat est sonné. Les hommes ont du mal à sortir de leur torpeur. Diane et Ansuz regardent le camp s’éveiller.

– Est-il possible, dans l’état où nous sommes, d’évacuer les brumes ?

– C’est à toi de décider, répond Ansuz.

Diane défait les brumes. Ansuz voit le brouillard s’effilocher et disparaître complètement. Le camp est dégagé de sa prison.

Glenn et ses hommes regardent avec stupéfaction le phénomène. Loegairi leur dit :

– C’est Diane qui a fait ça, c’est elle qui m’a réveillé. Soyons sur nos gardes et les armes en mains, l’ennemi n’est pas loin. Merci, Diane, MERCI !

Ansuz entraîne la jeune femme, très haut au-dessous du camp. C’est avec effroi, qu’ils voient les Thurses entourer celui-ci.

– Il faut les arrêter, s’écrit Diane. Ils vont être massacrés !

Ansuz n’a pas le temps de lui répondre, que Diane fait tomber une pluie de roches et de pierres sur les ennemis, qui, surpris par cette avalanche meurtrière, s’enfuient, sans pour cela éviter les pierres. Elles les rattrapent dans leur course et les tuent. Ils sont très peu à s’échapper de l’attaque de la jeune femme. Tout se calme. Une dernière fois Diane regarde vers le camp.

Au campement, tous ont entendu le bruit des pierres frappant le sol et les hurlements des Thurses. Ils restent figés sur place. Le silence revenu Glenn envoie des éclaireurs. Ils reviennent et expliquent l’abominable massacre qu’ils ont vu. Loegairi et Glenn restent sans voix devant cette description.

– Nous sommes de retour à Alfrodull, dit Ansuz à Diane. C’est fini. Tu les as sauvés. Suis ma respiration. Nous allons retourner près de nos amis.

Diane entend la voix d’Ansuz. Elle le regarde et lui dit d’une voix faible :

– Je les ai sauvés, Ansuz, je les ai sauvés, n’est-ce pas ?

– Oui, tu les as sauvés.

Elle pousse un soupir de soulagement et s’écroule épuisée dans les bras du sage, en lui murmurant :

Il va falloir que je m’entraîne, c’est fatigant.

A peine a-t-elle fini sa phrase, qu’elle sombre dans un profond sommeil. Les trois spectateurs se précipitent vers le sage, qui a déposé Diane sur l’herbe.

– Elle dort. Ce qu’elle vient de faire était au-delà de ses forces. Elle a été à l’extrême d’elle-même. Elle m’a surprise. Je n’ai pas eu le temps de l’arrêter. Il faut la porter dans sa chambre.

Eichtorn se penche sur elle et constate qu’Ansuz dit vrai. Il la prend dans ses bras. Le retour vers la demeure se fait en silence. Diane est allongée sur son lit. Ansuz la couvre d’une couverture. Ils quittent la chambre sans bruit, laissant notre amie récupérer ses forces.

– Peux-tu nous expliquer ce qu’il s’est passé ? demande Eichtorn. Qu’est-il arrivé à Diane ?

– Elle apprend vite, dit-il après avoir conté l’aventure. Bientôt elle aura toutes les facultés que j’ai. Je vais devoir lui demander d’être moins active, si non elle va se brûler. Ce qu’elle vient de faire, moi, sans aide, je n’aurai pas pu le réaliser. Oui, elle est très forte, mais elle a beaucoup à apprendre.

Il s’arrête et reprend, ne leurs laissant pas le temps de poser d’autres questions.

– Revenons aux actions, qu’il faut entreprendre. Eichtorn, tu vas partir avec Ulgrin et ses baroudeurs. Vous irez au devant de Glenn; lorsque je vais rentrer en contact avec lui, je lui demanderai de revenir.

– Crainte d’une riposte rapide ? demande Aed.

– Oui, notre ennemi en ce moment même, doit, organiser sa revanche. Là encore, c’est une chance pour nous; l’action de Diane est un bienfait. Il va se ruer sur l’endroit que nous aurons choisi et ainsi Asugilas sera épargné. Il va devoir retarder son avancée vers Hvergelmir. C’est pourquoi, il faut absolument que Glenn revienne. Lui et ses hommes s’installeront sur les contreforts de la montagne. Je veux aussi, que Loegairi rentre; cet écervelé possède quelque chose sur lui, qu’il ne devrait pas avoir. Eichtorn, tu me le ramènes, même s’il faut lui lier pieds et poings, ramène-le. Aed, j’ai peur que ton fils ne fasse une bêtise.

– Qu’a fait mon fils pour qu’on le traite ainsi ?

– Il a fait, qu’il s’est fait prendre au piège. Je n’en dirais pas plus pour l’instant. Ne fais pas cette tête là, tu jugeras par toi-même. Eichtorn, je compte sur toi !

Eichtorn salue la compagnie et sort de la chambre ainsi qu’Aed et Æadan.

Le sage retourne s’installer près du lit de l’endormie. Bien calé sur sa chaise, il se concentre et rentre en contact avec le père de Diane qui est entrain de regrouper ses hommes. Glenn s’arrête, la voix d’Ansuz résonne dans sa tête.

– Tu dois absolument surveiller Loegairi. Il est prêt à faire un acte très grave. Il doit rentrer à Alfrodull. Fais lui part que Diane n’est pas partie. Il faut l’empêcher de faire ce qu’il a décidé. Si tu dois le faire prisonnier, fais-le, il y va de sa vie.

A suivre …

Anny M

 

 

Bonne soirée !!!

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2 responses to this post.

  1. Posted by Mamily on 24 septembre 2010 at 4 h 10 min

    Elle m’enchante cette histoire Annie!! Merci beaucoup pour ce partage et gros bisous xxxx

    Répondre

  2. Posted by annie on 24 septembre 2010 at 6 h 49 min

    merci et bisous du vendredi! a suivre!

    Répondre

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