Noz vat !!!


 

ALLAR ALDIR

ou

A travers les âges


Chapitre 15

Surprises et rencontres


Grâce aux facultés de Diane, les compagnons évitent les pièges posés par l’ennemi, mais les difficultés du terrain et la froidure de l’hiver, sont toujours là. L’aube du quinzième jour les voit escalader une colline portant le nom de Banag. Ils ont pris la direction du sud-est. Eichtorn leur fait signe de s’arrêter.

– Nous allons rester à la mi-pente et sous le couvert des arbres. Nous bivouaquerons, mais sans feu. Excuse-nous Aife, sécurité oblige. Nous repartirons à la nuit tombante.

Ils montent la garde chacun à tour de rôle autour d’Aife. Ulgrin est à son poste de surveillance. Diane, elle, rencontre Surtr dans un rêve. Il se présente à elle, géant dont les yeux pleins de haine lancent des flammes à l’encontre de la jeune femme. A ses pieds, gît Aife. Diane se précipite vers sa mère, la prend dans ses bras et se retrouve en un instant, chez Æadan. La stupeur la fait se réveiller en sursaut. Elle voit Ansuz penché sur elle. Il lui murmure d’une voix grave :

– Ton sommeil a dû être mouvementé à ce que je vois.

– Ansuz, je viens de faire un cauchemar.

Elle lui narre ce qu’elle a vécu en rêvant. Il reste silencieux, la regarde droit dans les yeux et déclare :

– Ce rêve te fait comprendre que tu as en toi cette possibilité, te déplacer instantanément. L’heure venue tu seras comment faire. Réalise que … mais cela tu le seras plus tard.

Il se redresse et murmure.

Diane ma petite fille. Tu es notre seul espoir contre cet ennemi redoutable; tu n’en as pas conscience encore, mais c’est ton rôle.

– Pourquoi ne dors-tu pas ? demande Ulgrin à la jeune femme en la voyant s’approcher de lui. Ton quart n’est pas encore arrivé.

– Je n’ai plus sommeil. Tu peux aller te reposer si tu veux, je prends la relève.

Il acquiesce de la tête et va s’allonger. Restée seule, elle écoute les bruits de la forêt. D’après la position du soleil, qui commence à décliner vers l’horizon, il est près de quatre heures de l’après-midi. Toute la compagnie dort encore, sauf Ansuz. Le sage est parti faire une reconnaissance. Arrivé au sommet de Banag, il scrute l’horizon, s’arrête un instant, fronce les sourcils; ce qu’il vient de voir est inquiétant. Il reste à guetter quelques minutes encore, puis, redescend vers le campement. Il s’approche de Diane et lui explique ses inquiétudes, celle-ci va chercher la carte et l’étudie minutieusement.

– Je ne perçois rien, je n’arrive pas à voir, plus loin que ce torrent ou cette rivière. J’ai la nette impression qu’une puissante masse d’énergie, fait barrière.

– Jeune fille, l’adversaire est très fort, dit Ansuz en hochant de la tête. Il a fait en sorte que l’ombre envahisse la route.

– Qu’allons nous faire ? L’éviter où continuer sans y prêter attention ? demande Diane à mi-voix.

– Que se passe-t-il, demande Eichtorn en s’approchant d’eux; la discussion l’ayant réveiller.

Il réfléchit après avoir écouté Ansuz. Il demande à Diane de trouver un autre trajet sur la carte. Notre amie reprend ses recherches et trouve une ouverture à vingt lieues de là.

– C’est une rivière et ses eaux sont très agitées.

– Exact, c’est Elivagar dans laquelle se jette Aurr. Si nous prenons cette route là, nous y arriverons dans cinq jours, ensuite nous allons devoir le longer sur dix lieues; le chemin pour y accéder est rempli de ronces. Ici, se trouve un gué. Nous pouvons le traverser. Hélas, nous serons sur Aurvangar, une terre marécageuse entourée de ténèbres, je n’ai pas envie de risquer la vie de Aife.

– Pourquoi traverser ? Si j’en crois la carte à vingt lieues de là, bien sûre, la rivière. C’est là que se trouve l’ouverture. Je vois l’autre rivière, qui se jette dedans, la solution est là, nous allons remonter jusqu’à l’embranchement des deux rivières, là nous prendrons Elivagar toujours à contre courant et nous accosterons sans encombre sur l’autre rive. Comprenez-vous ? Nous allons remonter le courant pendant plus d’une quarantaine lieues, nous aurons dépassé l’ombre et ainsi, gagner une avancée sur le terrain, et du temps.

Diane s’assoit par terre et continue de réfléchir. Soudain elle éclate de rire. Les deux hommes la regardent surpris. Elle se lève d’un bon en déclarant :

– Faites-moi confiance, nous allons pouvoir passer sans entrer dans cette noirceur. Attendons simplement d’être au pied du mur, ou au bord de l’eau, comme qui dirait.

Le rire de la jeune femme a réveillé tout le monde. Loegairi, s’approche du groupe.

– Peut-on savoir ce qu’il y a de si risible ?

– Demande à Diane, dit Eichtorn.

– Ne me regardez pas comme ça, dit Diane. Je vous expliquerai mais, vous devrez attendre que nous soyons à destination.

– Pourquoi ne pas nous le dire maintenant, demande Loegairi.

– C’est plus prudent que je ne vous dise rien. Les arbres on peut-être des oreilles.

– Je comprends, dit Ansuz. Mais pourquoi avoir éclaté de rire.

– Je me suis souvenue d’une boisson fraîche et d’un meuble, c’est tellement simple que je n’ai pu m’empêcher de rire. Excusez-moi.

Après avoir dit cela elle s’éloigne du groupe. Tous la regardent en se demandant si leur compagne, n’est pas devenue folle. Loegairi narre alors, certains exploits de Diane pour les rassurer.

Pendant que l’elfe raconte les faits et gestes de son amie, celle-ci, après avoir ranger la carte, s’approche d’Aife. Elle s’agenouille près d’elle.

– Es-tu bien reposée ?

– J’ai bien dormi. Devons-nous repartir ?

– Auparavant, nous allons nous sustenter, répond Diane. Je vais aller chercher les autres.

– Attends, dit Aife. Parlons ensemble, veux-tu ? Parle-moi de ton enfance. Tout ce qui te touche m’intéresse beaucoup. Ne sois pas gênée avec moi. Je te sens réticente, ou peut-être est-ce de la timidité. Il ne faut pas te sentir obligée de tout me dire, mais j’aimerai te connaître un peu mieux.

– Que veux-tu que je te raconte ?

– Comment as-tu été élevée ?

Elle hésite un instant, puis lui décrit son enfance et son adolescence, ainsi que les désillusions, qu’elle a eu avec son grand-père. Dame Aife écoute et soupire.

– Je suis triste pour toi. Comment un grand-père peut-il faire une chose pareille ?

– Je lui ai pardonné. Il n’était pas lui-même.

– Tu ne m’as pas parlé de ton père. Parle-moi de lui, j’ai l’impression, que lui aussi est entouré de mystère.

Diane, serre des poings. Elle a grande envie d’embrasser Aife, de lui dévoiler qu’elle est sa fille. Elle se reprend, narre les événements, qui lui ont fait rencontrer son père, en faisant attention de ne pas montrer son trouble. Elle lui décrit l’émotion qu’ils ont eu lorsqu’ils se sont retrouvés. Ansuz arrivé près des deux femmes, entend les dernières paroles de Diane, il fronce les sourcils.

– Je crois que Loegairi veux te voir, dit-il à Diane. Aife, j’aimerai faire quelques pas avec toi.

Aife se lève et prend le bras du sage; tous deux s’éloignent du camp. Tout en marchant, elle se confie au sage :

– J’ai de la peine pour elle. C’est une jeune femme très forte.

Les visions qu’elle a eues en regardant la broche, lui, reviennent en tête. Elle en fait part à Ansuz, s’arrête de marcher; sa voix tremble d’anxiété.

– Ansuz, ces images viennent-elles de ce que j’ai vécu dans le futur. L’enfant, est-ce ma fille ? Si cela est, pourquoi est-elle brune maintenant. Qu’en penses-tu ?

– Toutes ces questions se résument en une seule. Ta mémoire revient-elle ? Je te répondrais ni oui, ni non. C’est à toi de répondre. Regarde dans ton cœur. Il ne tient qu’a toi de savoir la vérité, ainsi que de retirer le voile qui obscurcit tes souvenirs.

– Tu as certainement raison. Je vais faire de mon mieux pour appréhender la vérité qui m’est encore voilée.

– Je croyais que tu étais avec Aife, dit Loegairi en la voyant approcher.

– Je suis venue te voir, Ansuz m’a dit que tu …

Elle s’arrête et comprend que le sage l’a éloigné d’Aife sciemment, elle pousse un soupir et se met à sourire.

– Je devais quoi ? demande l’elfe.

– Tu n’es pas en cause, je crois que j’ai été écartée par Ansuz. Il est vrai que j’étais sur un terrain glissant. Aife me posait des questions sur mes parents.

– Diane, j’ai besoin de toi, dit Eichtorn en interrompant la conversation. Es-tu sûre de pouvoir faire en sorte que nous passions en dehors de l’ombre ? Tu vas faire comme dans le défilé ?

– Non, Eichtorn je ne vais pas agir ainsi. Attends que nous soyons arrivés au torrent. Je ne peux vraiment pas t’en dire plus pour l’instant, comprends-moi.

Il acquiesce et lui fait signe de le suivre. Arrivés au sommet de la colline, il lui montre la direction qu’ils vont prendre et dit :

– Dans deux jours nous arriverons au gué. Espérons que l’ombre s’atténuera.

– J’aimerai avoir ton optimisme. Je ne pense pas qu’elle diminuera. Tu nous as expliqué, que de l’autre côté il y a des terres désertes; sont-elles habitées ou étaient-elles habitées ?

– Il y a bien longtemps que les hommes qui vivaient là sont partis. Sur notre route, un peu plus haut vers le nord, nous nous dirigerons et entrerons dans Gnipahellir le royaume de Brimir le roi des nains de la montagne. Je lui demanderai de l’aide si besoin est ; c’est un ami. Hum ! Le temps est clair, mais la nuit arrive à grands pas; il faut nous nous presser.

Elle scrute l’horizon. En réponse à la question qu’elle se pose, elle distingue loin devant elle, une épaisse brume noire s’élever du sol. Elle se tourne vers Eichtorn.

– Je n’ai jamais rien vu de semblable ! Je sais comment créer la brume … mais comme ça !

– N’oublie pas qu’il est semblable aux Seigneurs Célestes.

– C’est vrai j’oubliais, dit-elle dans un souffle.

– Allez, viens, nous devons redescendre. Il lui pose la main sur l’épaule et lui dit à l’oreille. Ne perds pas courage. Nous allons gagner.

– Parle-moi du peuple qui vivait dans ce pays, demande-t-elle en redescendant.

– C’était une terre fertile et les familles qui résidaient ici étaient heureuses. Hélas la paix était précaire. C’était bien après la première guerre contre notre ennemi; j’étais là moi aussi, j’étais un jeune guerrier envoyé par son père chez un prince ami, pour apprendre le métier de la guerre, j’avais vingt ans. A la première bataille je fus blessé. C’est alors qu’un homme apparu, venu de nulle part, m’a transporté l’écart et m’a soigné. Ensuite il a disparu comme il était apparu. Je n’ai jamais su qui il était.

Elle n’en croit pas ses oreilles. Elle s’arrête de marcher, pâlit, s’appuie contre un arbre et s’efforce de respirer; l’air lui manque. Elle vient d’entendre la réponse qu’elle attendait depuis longtemps. Eichtorn se précipite vers elle, l’a fait asseoir en lui demandant d’une voie où pointe l’inquiétude :

– Que t’arrive-t-il ? Es-tu malade ?

– Non, non, ne t’inquiète pas pour moi. J’ai eu une défaillance, mais cela va mieux, c’est passé. Retournons près des autres.

Elle se relève et reprend le chemin du camp. Eichtorn la suit en silence; l’air soucieux. L’explication qu’elle lui a donnée ne lui convient pas. Il réalise que c’est son récit qui l’a troublée. Il presse le pas en prenant la décision de la questionner, une fois arrivé à bon port.

A suivre …

Anny M

 

Bonne nuit à toutes et à tous !

Faites de beaux rêves !!!

Bisous tendresse !!!!!

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2 responses to this post.

  1. Posted by Mamily on 17 septembre 2010 at 2 h 43 min

    Merci Annie pour cette belle histoire et passe un superbe vendredi!!Gros bisous xxxx

    Répondre

  2. Posted by ANTINEA on 17 septembre 2010 at 5 h 34 min

    un plaisir de lire la suite le matin, comme on ouvre un journal.. Bonne journée pleine de tendresse.

    Répondre

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