J’ai l’esprit pluvieux aujourd’hui !!!


 

La pluie



Longue comme des fils sans fin, la longue pluie

Interminablement, à travers le jour gris,

Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris,

Infiniment, la pluie,

La longue pluie,

La pluie.


Elle s’effile ainsi, depuis hier soir,

Des haillons mous qui pendent,

Au ciel maussade et noir.

Elle s’étire, patiente et lente,

Sur les chemins, depuis hier soir,

Sur les chemins et les venelles,

Continuelle.


Au long des lieues,

Qui vont des champs vers les banlieues,

Par les routes interminablement courbées,

Passent, peinant, suant, fumant,

En un profil d’enterrement,

Les attelages, bâches bombées ;

Dans les ornières régulières

Parallèles si longuement

Qu’elles semblent, la nuit, se joindre au firmament,

L’eau dégoutte, pendant des heures ;

Et les arbres pleurent et les demeures,

Mouillés qu’ils sont de longue pluie,

Tenacement, indéfinie.


Les rivières, à travers leurs digues pourries,

Se dégonflent sur les prairies,

Où flotte au loin du foin noyé ;

Le vent gifle aulnes et noyers ;

Sinistrement, dans l’eau jusqu’à mi-corps,

De grands bœufs noirs beuglent vers les cieux tors ;


Le soir approche, avec ses ombres,

Dont les plaines et les taillis s’encombrent,

Et c’est toujours la pluie

La longue pluie

Fine et dense, comme la suie.


La longue pluie,

La pluie – et ses fils identiques

Et ses ongles systématiques

Tissent le vêtement,

Maille à maille, de dénûment,

Pour les maisons et les enclos

Des villages gris et vieillots :

Linges et chapelets de loques

Qui s’effiloquent,

Au long de bâtons droits ;

Bleus colombiers collés au toit ;

Carreaux, avec, sur leur vitre sinistre,

Un emplâtre de papier bistre ;

Logis dont les gouttières régulières

Forment des croix sur des pignons de pierre ;

Moulins plantés uniformes et mornes,

Sur leur butte, comme des cornes


Clochers et chapelles voisines,

La pluie,

La longue pluie,

Pendant l’hiver, les assassine.


La pluie,

La longue pluie, avec ses longs fils gris.

Avec ses cheveux d’eau, avec ses rides,

La longue pluie

Des vieux pays,

Éternelle et torpide !


Émile VERHAEREN

 

Malgré cette journée pluvieuse

Bonne journée avec le soleil au coeur !

A toutes et à tous

plein de bisous tendresse !!!

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5 responses to this post.

  1. Posted by annie on 8 septembre 2010 at 3 h 18 min

    merci et oui il pleut etil a plu ! bisousdu mercredi!

    Répondre

  2. Posted by annie on 8 septembre 2010 at 3 h 19 min

    merci et oui il pleut etil a plu ! bisousdu mercredi!

    Répondre

  3. Posted by Nicolas on 8 septembre 2010 at 8 h 36 min

    Tu doit croire qu’il est Jeudi aujourd’hui Annie car c’est un jour " plus vieux " hihihi très jolie poéme douce journée quand même malgrès la pluie Bises Nico

    Répondre

  4. Posted by Nicolas on 8 septembre 2010 at 8 h 36 min

    Tu doit croire qu’il est Jeudi aujourd’hui Annie car c’est un jour " plus vieux " hihihi très jolie poéme douce journée quand même malgrès la pluie Bises Nico

    Répondre

  5. Posted by Mamily on 8 septembre 2010 at 15 h 19 min

    Bonne journée Annie!! Il est superbe ce petit poème, un bel hommage à cette pluie qui tombe aussi sur le Québec mon amie!!Avec toute mon amitié!! Gros bisous xxxx

    Répondre

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